Editoriaux - International - Politique - Radio - 14 décembre 2017

Attentat avorté de New York : question de métastase

On ne soigne pas les métastases comme on soigne une tumeur. La tumeur, « c’est facile ». On utilise des armes de destruction massive (chimiothérapie, radiothérapie) ou des systèmes de brouillage (désinformation de la signalisation cellulaire) ou encore des camps de rééducation (modification « suicidaire » du code génétique de la tumeur). Ce sont des moyens délicats à doser, mais clairs, qui ont une probabilité de succès importante… si le système immunitaire du patient est encouragé.

Dans le cas du terrorisme islamiste, la tumeur date de cent ans. Elle s’est développée au Proche-Orient, à la chute de l’Empire ottoman – pétrole oblige. Cent ans de ressentiment contre le monde occidental et de bouillonnement de la marmite arabo-islamique, le temps que celle-ci constate le remplacement des empires russe, prussien, français, chinois et anglais par un hégémon qui se veut universel : l’empire américain. Un empire qui a nourri le feu de la marmite du salafisme, et celui de la duplicité des pétromonarchies, « fécondant » ainsi une tumeur qui maintenant métastase.

Depuis quelque temps, l’empire américain autant que ses vassaux sont atteints par ces métastases. Et les métastases, ce sont les paumés, les ubérisés de l’immigration, les attisés des centres religieux qui incitent à la haine sous la protection de la Constitution. Les métastases, ce n’est pas facile à traiter, car la destruction massive tuerait le patient. La plupart du temps, on se borne donc à retarder l’échéance, le traitement devenant la chronique d’une mort annoncée. C’est le réflexe politicien.

D’autant que les réseaux sociaux ont été inventés au pays de l’eldorado – la Californie – et offrent à ces métastases des voies de circulation royales, des multiplications lymphatiques sur mesure. Et cela pose encore la question du système immunitaire, l’élément déterminant dans la lutte antimétastatique. S’il est sûr de lui, la probabilité de tumeurs secondaires sera faible. S’il est faible, la probabilité sera forte.

Akayed Ullah est l’une de ces micro-métastases, qui se rebelle contre la mécréance et la décadence de son pays d’accueil. Il y vit correctement, sans rouler sur l’or, comme l’immense majorité des Américains. Il n’a aucune formation au combat ou au terrorisme, et n’est même pas capable d’utiliser les explosifs à haute pression nécessaires à la fabrication d’une bombe. Il utilise le filetage et les ampoules des décorations de afin de faire son pétard. Une métastase incompétente. Mais combien de milliers d’entre elles sont actuellement sur la ligne de départ ? Indépendantes des tumeurs originelles, donc impossibles à tracer ? Quand le point de non-retour sera-t-il atteint ? L’est-il déjà ?

Les États-Unis, comme leurs vassaux occidentaux, vivent désormais l’équivalent d’une « guerre de libération nationale » où les colonisés de la planète, à l’usure, finissent par se débarrasser de l’occupant. Sauf que cela se passe sur leur propre territoire. Pourquoi ? Parce que le b.a.-ba de la politique – la protection de ses concitoyens par l’exercice de la souveraineté – est ignoré par les « élites ». Autrement dit, Akayed le Bengali est entré sur le territoire en 2011, avec sa famille, parce qu’ils étaient parents d’un autre immigrant, lui-même entré (comme Sayfullo Saipov) grâce à la loterie créée en 1990, hors de tout besoin économique. C’est cette « immigration en chaîne », idéologique plus que pratique, qui est maintenant remise en question…

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