Attaque au couteau à Toulouse : pourquoi le parquet antiterroriste n’a pas été saisi ?

Cette agression, aux cris de « Allah Akbar », sera-t-elle classée comme tous les autres « coups de folie » ?
Capture d'écran X/Amaury Bucco
Capture d'écran X/Amaury Bucco

Y a-t-il eu un attentat terroriste à Toulouse, ce lundi, en fin d’après-midi ? C’est la question qui se pose après l’attaque au couteau perpétrée contre des policiers municipaux, ce 10 août, au cœur de la Ville rose.

« Allah akbar »

C’est vers 18 heures, dans la rue d’Austerlitz, que s’est produite la scène filmée par un badaud et diffusée sur les réseaux sociaux. Selon Actu Toulouse, alors que trois agents municipaux – un homme et deux femmes – patrouillaient en plein centre-ville, un individu armé de trois couteaux a prétexté demander un renseignement pour s’en prendre violemment aux officiers. Après avoir essuyé plusieurs coups, ces derniers ont pu maîtriser l’assaillant, non sans avoir été légèrement blessés aux bras et au cou par les armes blanches.

Simple agression comme il en existe tant ? Même si l’AFP décrit, de source proche du dossier, un profil « déséquilibré, très fragile psychologiquement, soumis à des addictions » et qui se serait trouvé en « crise » lors de l’agression, « des propos à caractère terroriste ont été signalés », d'après le maire (divers droite) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. L’individu, « a priori étranger », dixit le procureur de Toulouse, et « de type nord-africain », selon les informations de Valeurs actuelles, aurait en effet crié « Allah akbar » à « plusieurs reprises », continue l’adjoint de l’édile à la sécurité auprès de l’AFP.

Pas encore de quoi qualifier les faits d’acte terroriste, estime le parquet de Toulouse, qui a ouvert une enquête pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique, a révélé BFM TV.

Selon le procureur de la République, « les propos tenus par un individu à l’occasion de faits, qui en eux-mêmes sont déjà gravissimes, s’agissant de tentative de meurtre sur PDAP, ne peuvent ipso facto permettre de le qualifier comme terroriste, même s’ils imposent nécessairement de creuser cette piste des motivations de cet assaillant ». Le magistrat assure que « seule l’enquête le déterminera, justifiant ainsi, après examen de sa personnalité et de ses antécédents, d’une compétence éventuelle du PNAT ». La garde à vue de l’agresseur a d’ailleurs été levée en raison d’une incompatibilité avec son état, avant d'être conduit aux urgences psychiatriques.

L’état de l’individu, « légèrement alcoolisé » selon le parquet, tend à exclure un profil de radicalisé, relève encore Actu Toulouse : les cris proférés par l’agresseur seraient davantage « un signe de sa crise », selon une source proche du dossier.

Du « djihadisme d’atmosphère » ?

Mais parce qu’un individu souffre de troubles mentaux, faut-il nécessairement écarter « ipso facto » du vocabulaire judiciaire toute notion d’idéologie ?

Dans l’affaire de l’attentat de Romans-sur-Isère, le psychiatre Daniel Zagury avait justement été amené à se pencher sur cette difficile articulation entre maladie mentale et idéologie islamiste. Au procès auquel Boulevard Voltaire avait assisté, l’expert avait décrit chez le terroriste un « état délirant incontestable », caractérisé notamment par des hallucinations auditives et une angoisse croissante de persécution. Pour autant, rien, selon lui, ne permettait de réduire son passage à l’acte à sa seule maladie.

Pour le docteur Zagury, il fallait se garder d’opposer « malade mental et terroriste comme si on n’arrivait pas à penser l’intrication des deux registres ». À l’audience, il évoquait, en s’appuyant sur les travaux de Gilles Kepel, le phénomène de « djihadisme d’atmosphère » par lequel des individus, sans nécessairement être engagés dans une mouvance islamiste structurée, peuvent s’emparer d’une idéologie présente dans leur environnement pour l’intégrer à leur propre délire ou à leur mal-être.

Si rien, à ce stade, ne permet d’établir un quelconque parallèle entre l’assaillant de Toulouse et l’auteur de l’attentat de Romans-sur-Isère, certains craignent déjà que l’affaire ne soit classée dans la catégorie des « coups de folie », comme s’il s’agissait d’une « formule magique » permettant de « ne jamais passer par la case prison et d’atterrir directement en hôpital psychiatrique ». Les gestes d’un « fou… lucide sur les couteaux, les coups et les cibles ! », ironise, sur X, l’ancien député Gilbert Collard.

Vos commentaires

96 commentaires

  1. Comment débarrasser la société des criminels et délinquants qui subissent le djihadisme d’atmosphère, l’assassinat d’atmosphère, la pédophilie d’atmosphère, le viol d’atmosphère ou le cambriolage d’atmosphère ? Certainement pas en se moquant du monde et en n’appliquant pas la loi. Dire que ceux qui ne respectent pas la loi souffrent systématiquement de troubles psychiatriques n’apporte aucune solution au problème de l’insécurité. Si la psychiatrie d’atmosphère pouvait guérir les malades mentaux, ça se saurait !

  2. Il faut se méfier des psychiatres : certains sont aussi idéalisés. De là à penser que l’islamisation rend fou : pourquoi pas. Je m’inquiète surtout du nombre de fous qui traînent en France, alors qu’ils n’ont rien à y faire.

  3. Ppur les juges. Assassiner au nom d’hallah ( Hallah Akbar) c est un signe d’irresponsabilité pénale. Et en même temps pour LFI c est un signe de notabilite électorale.. lien de cause à effet?? En effet, vohs pouvez noter que dans chaque manifestation LFI le nom d hallah est glorifié, même sous forme de  » Free palestine » signe qui est considéré par la justice psychoatrique comme un élément démontrant un dérangement psychiatrique

  4. Il ne faut plus s’étonner de rien avec le ministère de la Justice. On a appris que des dizaines de milliers de plaintes ont été classées sans suite pour désengorger les commissariats pendant le duo Darmanin/Dupont Moretti, euphémisme pour dire que les mains courantes sont parties à la poubelle. Ces attaques au couteau sont devenues tellement routinières qu’elles seront bientôt sanctionnées par une amende à 135 euros ou un stage citoyen. Magistrats et policiers ne forment plus les forces de l’ordre, mais plutôt les faibles de l’ordre. J’espère que les Français auront suffisamment de jugeotte dans quelques mois pour également « classer sans suite » toute cette vérole macroniste.

  5. Une astuce. Si vous voulez tuer quelqu’un, buvez deux whiskis, fumez un peu de haschisch. et criez Allah Akbar. Vous irez direct à l’asile, vous ne serez pas jugé responsable de vos actes et sortirez dans peu de temps en promettant de prendre vos remèdes. Elle est pas belle la vie ?

  6. le gars est « sans capacités de discernement » MAIS attaque les FDO ! …
    Ce « genre » de gars ne s’attaque d’ailleurs JAMAIS à une femme voilée NI à un homme en djellaba ! …

    ET SI tout le monde … au moins les FDO s’habillaient en djellaba ou portait un voile … peut-être que certainement les « attaques » seraient moindres ? ! …

    La psychiatrie a « de l’avenir » en France ! …

  7. Ce pays est fabuleux dans lequel tout agresseur au couteau qui crie allah akbar ou fait référence à l’islam est immédiatement évalué instable, perturbé voire aliéné. Donc la garde à vue est sitôt levée, il est interné et on trouvera bien un expert pour dire qu’il est irresponsable.
    Doit-on en déduire que toute personne faisant référence à allah est irresponsable ?

    • Ce pays est fabuleux dans lequel tout agresseur au couteau qui crie allah akbar ou fait référence à l’islam est immédiatement évalué instable, perturbé voire aliéné.
      #
      Il y a une logique….il ne faut pas être bien dans sa tête pour adhérer à l’islam radical…

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