L’incident n’a plus à être présenté : dans la soirée du 8 octobre, le député du Morbihan n’a rien trouvé de plus intelligent à faire que d’imiter les cris d’une poule au moment où sa collègue écologiste, Véronique Massonneau, prenait la parole. Significative affaire : lorsque nos élus républicains s’invectivent dans la plus basse vulgarité, la bobocratie ne bouge pas un cil, mais dès lors qu’une insulte transgresse un dogme de la religion politiquement correcte, une tempête d’indignation se lève et des têtes sont demandées.

Si la blague était assurément de très mauvais goût, les réactions de la gauche ont été affligeantes. De la rentrée très solennelle des femmes députés de la majorité, lors des questions au gouvernement, à la conférence des présidents de l’Assemblée nationale qui à l’unanimité a décidé de sanctionner financièrement le député Le Ray, nous avons eu droit à un storytelling aussi pauvre que ringard. La palme du ridicule dans ce concours de réactions indignées étant sans doute à remettre à madame Laurence Parisot, qui s’est risquée à établir cette brillante théorie : « La misogynie est un racisme. »

Le pauvre député a été obligé de fermer son compte Facebook, tant il recevait de réactions hostiles. Il faut dire que sa défense n’était pas très inspirée : « Je ne peux pas être sexiste, j’ai des collaboratrices. » On a connu plus éloquent.

De cette « affaire de la poule », un enseignement important est à tirer : un député choque notre intelligentsia et doit rendre des comptes à l’opinion lorsqu’il transgresse le politiquement correct. En revanche, il est blanc comme neige lorsqu’il vote des augmentations d’impôts qui écrasent toujours plus le pays. De même sa responsabilité n’est-elle pas engagée lorsqu’il vend la France à l’oligarchie financière par le vote du traité de Lisbonne, du TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) et du mécanisme européen de stabilité. Il est vrai que tout cela pèse peu à côté de l’émoi de quelques bobos, au demeurant de moins en moins nombreux.

Voici donc l’irrationnel deux poids deux mesures qui résume l’action politique de l’UMP et du PS depuis plusieurs décennies : une attention extrême est apportée au respect des dogmes du politiquement correct tandis que les intérêts élémentaires de la France sont totalement marginalisés.

« L’affaire de la poule » illustre à merveille le dérèglement des esprits qui règne dans notre intelligentsia bobo-mondialiste. Et au passage, elle nous révèle pourquoi l’ascension du Front national n’en est sans doute qu’à ses débuts.

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