Toute personne, quelles que soient les accusations portées contre elle, a le droit d'être défendue par un avocat. Mais jusqu'où peut aller son défenseur dans sa plaidoirie pour lui éviter la peine maximale ? Les deux avocats de ont plaidé, vendredi, contre la perpétuité incompressible requise par le parquet. Ils ont sans doute fait leur métier, mais quand l'un d'entre eux déclare qu'« il n'y a pas d'honneur à condamner un misérable au désespoir », ajoutant que « si vous le condamnez à cette peine, c'est le qui aura gagné », on imagine quelle a pu être l'émotion des familles des victimes des attentats.

Les deux avocats ont cherché à humaniser le coupable, reconnaissant qu'ils n'avaient pas réponse à tout : le silence obstiné de l'accusé durant l'instruction et ses réticences durant le procès n'aident pas à établir toute la vérité. Quand ils le présentent comme « un jeune homme sensible, sans appétit pour la violence, qui aime se parfumer et se faire beau pour sortir », que « c'est un jeune homme bien de son temps, un jeune homme qui s'indigne », on ne peut que se demander si leur éloquence ne les pousse pas à travestir l'horreur de la tragédie et l'on pense à toutes les victimes qui n'auront plus l'occasion de « se faire beau » ni de « sortir ».

Certes, on n'a pas pu prouver si avait ou non du sang sur les mains, ni si c'est « par humanité », comme il le prétend, ou pour une moins noble raison qu'il n'a pas fait exploser sa ceinture. Certes, il ne doit pas payer pour les autres, sous prétexte qu'il est le seul survivant du commando ; certes, la vengeance ne doit pas tenir lieu de justice... Mais à force de chercher des excuses à cet homme qui ne fut pas un lampiste mais, pour le moins, un complice actif des islamistes, on oublie que le devoir des juges, c'est aussi de protéger la société. Quand ses avocats déclarent qu'on ne peut le juger « comme s'il n'y avait plus aucune passerelle possible entre lui et la communauté des hommes » et qu'« on ne remplace pas un supplice par un autre », ils cèdent à la tentation de plaindre plus le coupable que les victimes.

Il n'appartient à personne d'autre que les juges de prononcer le verdict, mais on peut comprendre pourquoi, à défaut de la peine de mort qui a été abolie, une peine exemplaire serait justifiée. On la doit aux victimes et à leurs familles. On la doit aux nombreux blessés qui en garderont les stigmates sur leur corps. On la doit à la société, pour lui épargner une éventuelle récidive si, un jour, le coupable, qui ne s'est jamais véritablement repenti, venait à être libéré. On la doit à la crédibilité du combat contre le fanatisme islamique. La Justice constitue l’un des piliers du pacte républicain de notre pays. Elle se doit d'être impartiale, équilibrée, mais aussi de répondre à la légitime demande de des Français.

Les bonnes consciences, qui trouveraient trop sévère le verdict à venir, ont souvent une conscience à sens unique. S'étonnent-elles que Robert Brasillach fut fusillé, à 35 ans, pour crime d'intelligence avec l'ennemi, après un procès expéditif, malgré les appels à la clémence d'écrivains qui ne partageaient pas ses positions ? Ou que Jean-Marie Bastien-Thiry fut condamné à mort et exécuté pour un attentat raté contre le général de Gaulle ? À tous les deux, la grâce fut refusée. Salah Abdeslam, lui, a eu le droit à un procès équitable et, quel que soit le verdict, aura la chance d'échapper à la peine de mort qu'en d'autres temps il eût encouru. Il serait indécent de s'apitoyer sur son sort.

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26 juin 2022

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20 commentaires

  1. Si cet individu n’a pas fait exploser sa ceinture, ce n’est pas par humanité, mais par lâcheté pour sauver sa vie, n’étant pas très sur de trouver les vierges du paradis. Il doit être condamné à vie et qu’on le suicide en prison, comme se sont suicidés les membres de la bande à Bader.

  2. Rien de nouveau sous le soleil des prétoires: le coupable est à l’honneur, et les victimes n’ont qu’à se taire!

  3. La mission de la justice est de trancher en fonction des éléments d’innocence ou de responsabilité d’un individu dans une affaire criminelle,de toute évidence la culpabilité de cet homme est établie,à présent il appartient aux magistrats qui rendent la justice au nom du peuple Français de faire en sorte que cet individu ne puisse récidiver.
    En 1982 le peuple de France n’a pas été consulté afin de savoir s’il souhaitait ou non l’abolition de la peine capitale.

  4. Le gros problème de la justice est une question d’objectif: faut-il protéger la société ou punir individuellement ? Macron a répondu: entre les voyous et les victimes sa préférence va aux voyous.

    1. N’est-ce pas également l’avis du « garde des sots », quand il déclarait aux détenus d’un centre pénitentiaire « je suis votre ministre » ? Ministre des voyous avant d’être celui des victimes ? C’est on ne peut plus intéressant.

  5. Cet assassin nous a déjà couté une fortune .Mais qui donc paie donc deux avocats pour le défendre. Et les familles des victimes ont droit à la justice .Donc la peine de mort pour cet être ignoble et sans scrupules .

  6. Je me fiche complètement qu’Abdeslam soit considéré comme humain par ses avocats.
    Sept années on passé, certes, mais les morts sont morts, les blessés vivent avec leurs séquelles, les familles sont meurtries à jamais.
    Aucun atermoiement, aucune pitié pour cet individu qui est sûrement un adepte de la taqiya.
    Et si on pouvait baisser son niveau de confort en taule, ce ne serait pas mal.

  7. Combien a déjà coûté ce criminel au con-tribuable français spolié ? Aurait-on le droit de le savoir, éventuellement ?

  8. Certains avocats outrepassent leur rôle au point d’en devenir insultants, ignobles et non-respectables. Ils ont exactement le même profil que leurs clients, si ce n’est qu’ils sont du bon côté de la barrière et seraient capables d’affirmer qu’un égorgeur est pétri d’humanité moyennant qu’il ait désinfecté son couteau avant de trancher le cou de sa victime. Les avocats de cette espèce sont infiniment plus méprisables que ceux qu’ils défendent car ils travestissent et invertissent sans honte.

    1. Très juste, et un des plus célèbres, surnommé « acquittator », est ministre…de la justice !!!!!

  9. Bah, la torpeur estivale noiera ce verdict! La populace a d’autres soucis et les politiciens s’en tireront les cuisses propres

  10. Cela fait longtemps que l’on ne juge plus pour protéger les concitoyens, que l’on victimise les délinquants au détriment des véritables victimes.

  11. Le verdict , simple !!! Faire comme les américains l’ont fait pour Ben Laden !!!
    et on en parlera plus !!! assez duré ces simagrées de procès

  12. Et les parents des jeunes lâchement assassinés, ils ne sont pas condamnés à vie au désespoir ?

  13. On a trouvé Salah Abdeslam, très bien, mais le Président et le Premier Ministre qui, par leurs atermoiements, ont attendu deux heures pour réagir au Bataclan, sont responsables de 90 % du surcroît de morts et blessés, vont s’en tirer sans le moindre dommage. N’y a -t-il pas là une anomalie gravissime de notre Justice ?

  14. « par humanité », Salah Abeslam n’aura sauvé qu’une seule personne : lui-même.

  15. L’attentat islamiste du Bataclan a été un horrible carnage . Il n’y a pas de degré de participation dans cette affaire. La seule consolation pour les familles des victimes est la perpétuité totale.

    1. Non, car vous savez très bien qu’en France, la perpétuité n’existe pas; il y toujours les JAP, les remises de peine systématiques, celles dues au comportement (forcément « exemplaire ») du condamne, etc… qui contribueront à sa remise en liberté, et on n’en informera jamais les victimes et/ou leurs familles…

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