Tout le monde ne pourra pas célébrer les 80 ans de l’appel du 18 juin, la doxa gauchiste a édicté ses règles de bienséance et de bienvenue sur les terres bretonnes. Il y a les personnalités politiques dans le camp du bien et celles que les élus bretons de gauche préfèrent éviter, au nom de la tolérance-mais-pas-pour tous, du vivre ensemble mais ça-dépend-à coté-de-qui.

L’annonce du déplacement de Marine Le Pen sur l’île de Sein a suscité une levée de boucliers des autorités locales, élus de gauche pour la plupart, qui ont préféré saborder la cérémonie des 80 ans initialement prévue en annulant des événements pour éviter l’infamie d’une présence du RN à leur côté. « L’île de Sein n’est pas une terre d’élection du RN », s’offusque le maire sur BFM TV, instaurant une nouvelle équation qui imposerait aux visiteurs potentiellement admis sur son île une étiquette politique plutôt qu’une autre.

Selon le maire, des habitants de l’île ont envisagé plusieurs scénarios pour montrer leur désapprobation, comme l’organisation d’une opération « île morte », voire empêcher le débarquement de la délégation RN (par noyade ?). Le président PS de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, l’affirme sur Twitter : « L’idéologie du Rassemblement national n’a rien à voir avec les valeurs et le courage des héros dont nous commémorons l’engagement pour la liberté. »

Car en terre de gauche, on possède les clés de ce qui façonne (ou pas) l’esprit de résistance. On détient l’absolue vérité de ce que fut la résistance pendant l’invasion allemande, réécrite par Aragon et chantée par Ferrat, cette vieille rengaine qui fait la part belle à la résistance communiste.

Rappelons à ces poissons rouges de la mémoire historique que Marine Le Pen est une élue de la République française, députée à l’Assemblée nationale, à la tête du premier parti d’opposition de France et, accessoirement, citoyenne française, ce qui devrait lui assurer de circuler librement. Que nenni : la simple présence de Marine Le Pen à ces cérémonies est considérée par les élus locaux comme « une provocation ».

Car en « Socialie », y être, c’est déjà provoquer. Participer aux côtés d’autres élus, c’est récupérer l’événement politiquement. Pas question de respirer le même air iodé que Marine Le Pen, et les millions d’électeurs du RN apprécieront.

La présidente du RN a donc devancé l’appel et pris par surprise les autorités de l’île de Sein en débarquant une journée plutôt, le 17 juin. Accueillie par des banderoles de La France insoumise ou de la CGT aux slogans fleuris et plein d’amour : « Le Pen, facho, le peuple aura ta peau », « Qui valse avec des nazis n’a pas sa place ici ».

Les manifestants ont hué crânement la délégation RN, parmi lesquels on notait aussi l’écharpe tricolore d’un adjoint élu à Audierne, Michel Van Praët ; certains d’entre eux expliquant que, « pour nous, militants bretons, le Front national, ce n’est pas un adversaire politique mais un ennemi politique », rapporte Ouest-France : Marine Le Pen s’en est prise au préfet du Finistère et au préfet maritime pour leurs « mensonges » en se référant au changement d’horaire des commémorations du 18 juin sur l’île de Sein afin que ces dernières aient lieu… avant l’heure d’arrivée de son bateau. Pas bons joueurs, les garants de l’autorité de l’État qui changent les règles du jeu pour exclure certains participants…

La présidente du RN a invoqué son grand-père, Jean Le Pen, marin-pêcheur, mort en 1942 dans l’explosion de son bateau sur une mine. « Je suis la petite-fille d’un marin-pêcheur dont le nom est inscrit sur le monument aux morts de La Trinité-sur-Mer. »

Mais en France, ce 18 juin 2020, les morts n’ont pas tous la même valeur et les représentants du peuple les mêmes droits.

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