Annie Ernaux, soutien de Mélenchon, caricature l’histoire des femmes au Moyen Âge
Au pied de la basilique de Saint-Denis, lors du meeting de lancement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, l’Histoire fut convoquée à plusieurs reprises, mais pas toujours avec rigueur. Parmi les intervenants figurait Annie Ernaux, figure majeure de la gauche intellectuelle française, qui a une nouvelle fois affiché son soutien à La France insoumise et salué l’élection de Bally Bagayoko. Reprenant la formule de ce dernier, elle a décrit Saint-Denis comme « la ville des rois morts et du peuple vivant ». Évoquant, ensuite, la nécropole royale qui se dressait derrière elle, elle a affirmé que « le temps des rois était celui des privilèges par la naissance. C’était celui des femmes, propriété absolue des hommes. » Une telle déclaration ne peut qu’étonner quiconque connaît l’Histoire de France. Les nombreuses femmes qui reposent dans cette basilique et qui exercèrent une influence ou un pouvoir considérable sur le royaume de France auraient sans doute eu matière à contester une telle affirmation, car l’Ancien Régime ne saurait s'enfermer dans une formule aussi réductrice. En effet, la condition féminine fut autrefois marquée, bien sûr, par des contraintes réelles, mais aussi par une certaine liberté, une autonomie et parfois un pouvoir que notre époque tend souvent à sous-estimer, voire à ignorer, au profit d’un discours victimaire et une lecture haineuse du passé.
« La ville des rois morts et du peuple vivant, ce sont les mots que vous avez prononcés, Bally Bagayoko, le soir de votre élection.
Cette phrase est d’une vérité inouïe, à la fois politique et poétique. Elle unit le passé et le présent, mais le "et" oppose aussi.
Le temps des… pic.twitter.com/haXdR6x6t8
— La France insoumise (@FranceInsoumise) June 7, 2026
Une intellectuelle engagée à gauche
Lorsque Annie Ernaux prend la parole à Saint-Denis pour soutenir Jean-Luc Mélenchon, sa présence n’a rien d’une surprise. Prix Nobel de littérature en 2022, l’écrivain normand est depuis longtemps l’une des voix les plus engagées de la gauche française, voire de l’extrême gauche. Dès la campagne présidentielle de 2012, elle avait publiquement soutenu Jean-Luc Mélenchon. Plus tard, elle a également pris part au lancement de l’Institut La Boétie, fondé autour de plusieurs principes parmi lesquels « humanisme global, planification écologique et critique du capitalisme », et présidé par Clémence Guetté et Jean-Luc Mélenchon. Son engagement politique à gauche de la gauche est donc ancien et assumé.
Forte de cette proximité avec La France insoumise, Annie Ernaux s’est également montrée particulièrement critique à l’égard d’Israël, qualifiant la situation à Gaza de « génocide » et soutenant diverses initiatives de boycott. Son engagement politique affirmé invite naturellement à examiner ses déclarations avec un esprit critique.
Le Moyen Âge, loin des caricatures
Depuis plusieurs décennies, les travaux des médiévistes ont largement remis en cause l'image d'un Moyen Âge obscurantiste, misérable et oppressif, où les femmes auraient été systématiquement enfermées dans une condition de servitude absolue. Comme le rappelle l'historien médiéviste Lorris Chevalier, auteur de La Femme au Moyen Âge (Salvator), cette période est notamment celle de l'émergence de l'amour courtois, cet idéal littéraire et social qui valorise le respect, l'admiration et le service rendu envers autrui - homme et femme. De nombreuses idées reçues continuent pourtant de circuler. Certains prétendent encore qu'au Moyen Âge, les femmes étaient considérées comme dépourvues d'âme : une telle affirmation ne résiste pas à l'examen des faits dans une société profondément chrétienne où les femmes recevaient le baptême au même titre que les hommes et devaient avoir, pour cela, une âme. De la même manière, les fameuses ceintures de chasteté relèvent davantage du mythe que de la réalité historique, tandis que le prétendu droit de cuissage n’est qu’une sombre légende.
Ainsi, loin d'être confinées à un simple rôle reproductif - comme on voudrait nous le faire croire -, les femmes, notamment issues du peuple, participaient activement à la vie de la société. Elles tenaient des échoppes, administraient des ateliers, travaillaient dans le textile, le commerce ou l'alimentation et contribuaient directement à la prospérité de leur foyer. Elles avaient même le droit de vote au sein de leur corporation. Les veuves, quant à elles, avaient souvent la possibilité de reprendre l'activité de leur époux, de gérer seules un patrimoine et de conclure des contrats en leur nom. Certaines exerçaient même des métiers spécialisés et bénéficiaient d'une autonomie plus importante qu’on ne l’imagine aujourd’hui.
Paradoxalement, les femmes de la haute aristocratie, que l'on pourrait croire plus privilégiées, étaient parfois davantage contraintes. Leur mariage servait ainsi fréquemment des intérêts politiques, diplomatiques ou patrimoniaux, les considérations sentimentales passant souvent au second plan. Toutefois, le droit canonique issu de l'Église médiévale reconnaissait en théorie le consentement mutuel, garantissant aux femmes et aux hommes la liberté de choisir ou non leurs époux. En l’absence de leur mari, nombre de ces grandes dames administraient leurs domaines et leurs seigneuries, rendaient la justice et dirigeaient parfois la défense militaire de leurs terres.
Des femmes d’exception dans l’Ancien Régime
Notre Histoire de France sous l’Ancien Régime est d’ailleurs riche d’exemples de destins de femmes qui contredisent les propos d’Annie Ernaux. Aliénor d’Aquitaine demeure l’une des figures de femmes les plus remarquables du XIIe siècle. Duchesse d’Aquitaine, reine de France puis reine d’Angleterre, elle exerça une influence politique exceptionnelle pendant plusieurs décennies. De nombreuses reines furent également régentes et baillis du royaume de France et dirigèrent seules ou avec l’aide de conseillers : Blanche de Castille, Anne de Beaujeu, Catherine et Marie de Médicis ou encore Anne d’Autriche.
Plus près du peuple, Jeanne Barret, première femme à accomplir un tour du monde, Madame de Maintenon, issue pourtant d’un milieu modeste avant son ascension à la cour et ayant réussi à devenir l’épouse du plus grand roi de France, ou encore Jeanne d’Arc qui, fille de paysans, prit la tête des armées royales en 1429 et contribua à renverser le cours de la guerre de Cent Ans. Cette femme libre et puissante, Jean-Luc Mélenchon la décrit comme « un peu perturbée »... On pourrait également évoquer les grandes abbesses médiévales ou encore les nombreuses saintes qui demeurent aujourd’hui des figures spirituelles vénérées par des millions de fidèles. Leur autorité morale, intellectuelle et parfois politique témoigne d’une réalité bien plus nuancée que celle d’une femme systématiquement soumise et dépourvue de toute capacité d’action.
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39 commentaires
Annie Ernaux est prix Nobel de littérature mais elle prouve qu’elle peut débiter des âneries, par ignorance ou malhonnêteté ? Une fois de plus aucune historien pour la contredire… Qui a lu un seul de ses livres dans la foule à laquelle elle s’adresse ?
Les Historiens de qualité n’ont pas de temps à perdre avec cette dame, ils laissent aux personnes instruites et intelligentes le soin de faire eux-mêmes la part des choses .
Les légendes ont la peau dure .
Le prix Nobel de littérature est devenu une breloque pour wokistes et islamo-gauchistes, attribué par une coterie de fossiles « de gauche ». Il pourrait couronner Sandrine Rousseau pour sa contribution inestimable à la littérature mondiale.
Cette dame devrait (re)lire Georges Duby qui a montré l’importance qu’ont eue les femmes au Moyen-Âge. Quant au combat anti-capitaliste, nous pensions en découvrant la ruine de l’URSS et de ses satellites que plus un esprit normalement constitué ne lutterait contre le libéralisme. Ces gens sont décidément infatigables dans la sottise.
Toujours dans les mauvais coups de la gauche bobo caviar cette bonne femme , question intellectuelle , pas trop à mon goût et ce qu’elle a eu comme prix n’est que du piston de gauchard , elle changera de veste si le vent tourne , vente de bouquins oblige
J’avais été séduite par un très joli extrait « La Honte » mais quelle déception à la lire ! Une lecture qui tourne en boucle livre après livre. Je ne suis donc pas étonnée du tout que Annie Ernaux soutienne Mélanchon.
Supposons que les femmes aient été mal traitées au Moyen Âge en Occident, période située entre l’Antiquité et l’Époque moderne, soit entre 476 (fin de l’Empire romain d’Occident) et 1492 apr. J.-C. Cela fait environ 1500 ans. Supposons aussi qu’il y ait encore quelques primates ou de vulgaires sal… débiles, bon d’accord il y en a. Mais chez nous la femme est l’égale de l’homme constitutionnellement et personne ne remettrait cela en question sauf un jour à nous retrouver avec un régime islamiste. Mais qu’en est-il justement en 2026 de l’islam du Coran et de la majorité des pays concernés par cette religion, dont sont issus la majeure partie des électeurs de LFI ? Mélenchon et ces petits commissaires politiques s’accommodent bien facilement de leur électorat de remplacement qui, parfois même ici en France, pratique l’excision ou épouse des enfants et ont un rapport à la femme suspicieux, souvent moyenâgeux.
Annie Ernaux, pauvre femme ignare avec son regard d’hallucinée … pitoyable … on discute pas avec ça, on l’ignore, ça n’offre aucun intérêt …
« L’église garantissait la liberté de choisir ou non son époux « . C’était le bon vieux temps. Les hommes et les femmes étaient libres!
Jeanne d’Arc fut respectée et sa féminité si bien mise à l’honneur qu’elle a été brûlée vivante. Qui aime bien châtie bien , et Jeanne était une femme ordinaire, parfaitement dans son époque.
Relire Régine Pernoud !
Vous êtes bien gentil de qualifier Annie Ernaux d’intellectuelle. Ce n’est pas parce que le jury du Nobel lui a attribué le titre annuel pour l’ensemble de son « œuvre » qu’elle le méritait. D’ailleurs ça ne peut pas être pour les qualités littéraires de ses écrits, qui d’une certaine manière préfiguraient ceux de Christine Angot, sinon pour leur contenu, la crudité du propos, son féminisme vindicatif et revanchard, et son positionnement politique « à gauche toute ». Ses épanchements autobiographiques ou auto-fictionnels complaisants n’ont rien de commun avec les œuvres romanesques de lauréats qui ont bien mérité le prix – eux – comme Gabriel García Márquez et Mario Vargas Llosa, par exemple.
C’est fort bien dit, rien à ajouter sinon qu’on peut se poser une question : Mme Ernaux est-elle inculte ou malhonnête ?? j’ai une idée de la réponse…
Sans doute un savant (et confortable) mélange des deux…
Bien dit, et tellement vrai. Je me joins au commentaire de Sabor !
À l’intention de mme Ernaux qui semble être en pleine confusion : c’est en arabe qu’il n’y a qu’un seul mot pour désigner le propriétaire…et le mari.
tout s’explique !
Ah bon ? Et quel est ce mot ?
Annie Ernaux est une caricature.
Oui
Madame Ernaux n’a eu son prix Nobel que parce qu’on parlait beaucoup de Houellebecq, qui lui, a du talent, et dont les jurés ne voulaient pas et que, pour lui fermer la porte définitivement, il était astucieux de trouver un ou une française. Ce jour là, le prix Nobel de littérature s’est définitivement sabordé. Mais ce choix n’était pas la première incongruité de l’institution.
La riche vieille dame bobo de 85 automnes n’a peut être plus toute sa tête
ça fait longtemps !