[ANIMAUX] L’Académie pontificale pour la vie se prononce en faveur des xénogreffes

Les antispécistes et les vegans, eux, y sont opposés... non sans contradictions.
Photo de Saraí Zuno: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/village-ete-sale-animal-4129087/
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Ce 24 mars 2026, l’Académie pontificale pour la vie a rendu public son document sur les xénogreffes. Les xénogreffes, ou xénotransplantations, sont les greffes d’organes d’origine animale faites à l’homme. Un sujet sensible, du côté des animalistes.

Une technique loin d’être au point

Les xénogreffes résoudraient le manque criant de dons d'organes. Mais elles sont loin d’être au point, d’où le titre du document : « Perspectives sur la xénogreffe ». La technique progresse mais se heurte à des obstacles nombreux. Les organes d’origine animale (prélevés sur des porcs, le plus souvent) doivent être génétiquement modifiés pour limiter les risques de rejet. Le risque de transmission de maladies existe, qu’elles se limitent à l’individu receveur ou qu’on imagine — tel un scénario de film-catastrophe — une mutation qui se répandrait parmi les humains.

L’Académie pontificale pour la vie ne cache pas toutes ces difficultés. Mais, d’abord, elle affirme que « la théologie catholique ne présente pas d’obstacles » à l’utilisation des animaux pour sauver des êtres humains. Elle le réaffirme, plus exactement, car ce document est la mise à jour d’une longue étude de 2001 dans laquelle l’Académie avait déjà pris cette position. Elle admettait des réticences éventuelles d’ordre « culturel et psychologique ».

Les antispécistes contre la science ?

Les animalistes sont globalement opposés aux xénogreffes. Pour l’association PETA, les transplantations inter-espèces sont « imprévisibles et dangereuses ». C’est surtout la question du bien-être animal qui est en jeu. PETA rappelle que les animaux ne sont pas des « réserves d’organes ». Dans L’Amorce, revue contre le spécisme, Élise Desaulniers s’interroge sur la xénogreffe, non sans s’y perdre, arguant à la fois que l’homme est un animal comme un autre (« Comment peut-on reconnaître la proximité biologique entre l’humain et les autres animaux tout en les traitant comme de simples pièces de rechange ? ») et que « la xénogreffe trouble la frontière entre les humains et les autres animaux » — cette frontière entre homme et animal étant la définition même du spécisme !

L’entreprise Revivicor, qui voue ses recherches aux xénotransplantations d’organes de porc à l’humain, est une filiale de United Therapeutics, fondée par Martine Rothblatt. Cette dernière, explique Élise Desaulniers, est une « femme trans et militante pour les droits des personnes LGBTQ+ ». On est là à la pointe du progressisme, mais comment accorder cela avec la maltraitance des animaux concernés ? Pour reprendre les mots de PETA cités par infogm.org, la xénogreffe « devrait être reléguée au rang des projets dangereux et contraires à l’éthique qui n’ont rien à faire dans la science moderne ».

L’Académie vaticane et le bien-être animal

La position de l’Académie pontificale pour la vie est plus cohérente. « En tant que créatures, les animaux possèdent une valeur intrinsèque que l’homme se doit de reconnaître et de respecter. Cependant, Dieu les a placés, avec les autres créatures non humaines, au service de l’homme, afin que celui-ci puisse également s’épanouir grâce à eux. » À faire s’étrangler un antispéciste. « En particulier, l'homme a toujours utilisé les animaux pour satisfaire ses besoins primaires (alimentation, travail, vêtements, etc.) dans une sorte de "coopération" naturelle qui a constamment marqué les différentes étapes du progrès et du développement de la civilisation. » Là, ce sont les vegan qui s’étranglent. Mais l’Académie précise bien que « les humains doivent également rendre des comptes au Créateur quant à la manière dont ils traitent les animaux ». À eux de « prévenir toute souffrance animale inutile ».

Pour PETA, une alternative consisterait à accroître le prélèvement d’organes humains en partant du principe que tout homme est donneur, par défaut. Ce qu’elle appelle « politique de consentement présumé ». En fait une utilisation d’organes humains non consentie ! Dans le même temps, un des arguments de Proanima contre la xénogreffe est que « contrairement aux humains, les animaux ne peuvent pas donner leur consentement »… La position de l’Académie pontificale pour la vie, qu’on soit d’accord avec elle ou non, est tout de même moins paradoxale.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

32 commentaires

  1. Remarquons qu’on pourrait aussi faire dans l’autre sens: des greffes d’organes humains pour les animaux ; on pourrait les prendre sur les non malades qui veulent le suicide parce qu’ils sont trop malheureux pour continuer leur vie.
    Et pour ceux qui ne voudront pas de greffes d’organes de porc, chic y’en aura plus pour les autres !!!

  2. Je pense que le Vatican devrait statuer sur le mariage des prêtres, se rendre compte que l’immigration est un danger pour elle, rajeunir son image, développer les processions pour attirer les jeunes, rénover ses églises, attirer les jeunes pour devenir prêtre, faire sauter la loi de 1905…quand une religion disparaît peu à peu elle doit revoir ses priorités et pas réfléchir sur des inepties dont l’aval n’a aucune importance.

  3. On ne demande jamais l’accord des animaux. Qu’on les enferme dans des cages, des appartements, des locaux d’élevage ou des prés à l’herbe grasse, ils subissent nos décisions. Certes ils en bénéficient aussi : gîte et couvert assurés, parfois dans l’attente de l’abattoir. Alors les petits cochons se prêteront tout aussi volontiers au rôle de futur greffon sur pattes qu’à celui de Serrano en devenir !

    • Il faudrait recueillir l’accord des animaux, et bien entendu les faire signer , avec un délai de rétractation.

  4. Ma mère a eu une transplantation d’une valve porcine. Malheureusement, quelques mois plus tard, elle est tout de même décédée. Les médecins ont préféré ce genre de greffe.

  5. Il est probable qu’il ne s’agisse que d’une étape transitoire avant d’atteindre des solutions synthétiques. L’avenir nous le dira. Je suppose qu’alors de nouveaux détracteurs – ou les mêmes – s’opposeront à ces solutions. Car leur nature est d’être contre.

  6. « Les organes d’origine animale (prélevés sur des porcs, le plus souvent) doivent être génétiquement modifiés pour limiter les risques de rejet. Le risque de transmission de maladies existe, qu’elles se limitent à l’individu receveur ou qu’on imagine — tel un scénario de film-catastrophe — une mutation qui se répandrait parmi les humains. »

    Si c’est un porc, il n’y a pas besoin d’une modification génétique (à moins qu’à notre époque farfelue, on fasse cela alors que ce n’est pas utile)
    De plus, ce sont des élevages spéciaux, qui ne présentent pas de maladies (ou , dans certains exceptionnels où ils ont auraient une, ils sont alors soignés).
    J’ignore, l’article ne le dit pas, si les spécialistes prennent des organes ou parties à grefffer sur un animal vivant ou pas.
    Mais lorsque l’on applaudit à l’abattage Halal ou Casher, on ne devrait pas prendre en compte ce problème, qui, à mon avis -qui vaut ce qu’il vaut- n’existe pas.

    • Enfin un commentaire intéressant et percutant. Vu ce que nous avons subi ces jours derniers, merci !!

  7. Étonné qu’il y ait un manque d’organes vu le trafic mondial existant qui rapporte d’ailleurs beaucoup plus que le trafic de drogue
    Mais de cela non plus il ne faut pas parler

    • Le traffic de drogue ne rapporte rien à côté de celui d’organes. On en trouve à tous les coins de rue. Les bouchers charcutier feraient mieux de se reconvertir et dealer au noir.

    • Si ils le veulent, ils le pourront.
      J’ai un ami j uif qui avait besoin d’une valvule mitrale.
      Il avait le choix entre mourir et avoir une valvule de porc (les deux religions ont la même aversion du porc).
      il a choisi la valvule de porc, s’en est bien sorti et est très heureux. Allons, n’inventez pas des situations qui , certes peuvent arriver, mais où la majorité des malades choisiront de vivre.

  8. Pour ma part j’ai rempli le formulaire de refus de don d’organe, et je n’écrit n’accepte pas non plus de me faire greffer un organe. C’est quelque chose qui heurte ma sensibilité. Si Dieu a décidé que mon heure sera venue, ainsi soit-il.

  9. Évidemment je suis contre, étant investie dans la protection animale. Comme vous l’évoquez, les animaux ne peuvent donner leur consentement, contrairement à l’humain. Ces animaux seraient donc élevés dans des labos dédiés à ces xénogreffes, où ils pourraient se reproduire.

    • « Ces animaux seraient donc élevés dans des labos dédiés à ces xénogreffes, où ils pourraient se reproduire. » = oui, afin d’éviter une maladie transmissible.

      Je pense que ces animaux sont ensuite mangés par les humains carnivores.

  10. Les xénogreffes, ou xénotransplantations, sont les greffes d’organes d’origine animale faites à l’homme. Un sujet sensible du côté des animalistes. …
    il faut croire que « ça » existe depuis très longtemps dans la caste politique ! …
    Les « bourrins » et autres « benêts » se prétendant « élus du peuple » semblent avoir un cerveau de bulot ! ….

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