Cette start-up n’a pas de site internet mais elle dispose déjà de moyens considérables. Initialement fondée pour des raisons philanthropiques par le milliardaire russe Iouri Milner cherchant à financer la médecine régénérative et le rajeunissement cellulaire, elle compte parmi ses investisseurs, Jeff Bezos, le fondateur d’ et aurait réussi à lever « au moins » 270 millions de dollars pour créer « une grande science » , selon la revue américaine MIT Technology Review.

Un pactole suffisamment conséquent pour débaucher des scientifiques de renom et parmi eux Juan Belmonte, un biologiste espagnol connu pour ses recherches sur des embryons chimériques (homme-singe). Cet apprenti sorcier prédit que la vie pourrait être augmentée de 50 ans. Steve Horvath, professeur à l’UCLA et développeur d’une ” horloge biologique ” capable de mesurer avec précision le vieillissement humain, et Shinya Yamanaka, qui a partagé un prix Nobel 2012 pour la découverte de la reprogrammation, participeront aussi à cette quête du Graal.

Avec l’ajout de seulement quatre protéines, maintenant connues sous le nom de facteurs Yamanaka, les cellules peuvent être amenées à revenir à un état primitif avec les propriétés des cellules souches embryonnaires, explique le MIT Technology Review. En 2016, Belmonte avait appliqué ces facteurs à des souris vivantes et obtenu des signes d’inversion de l’âge l’amenant à reprogrammer à terme un potentiel « élixir de vie ». Mais si certaines souris ont montré des signes de rajeunissement de leurs tissus, d’autres à l’inverse ont développé des tumeurs.

« Bien qu’il y ait de nombreux obstacles à surmonter, le potentiel est énorme » a déclaré Yamanaka. «La philosophie d’Altos Labs est de faire de la recherche motivée par la curiosité. C’est ce que je sais faire et j’aime faire » annonce Serrano cet autre chercheur recruté dans le projet. « Je dirais que l’idée d’avoir des revenus dans le futur est là, mais ce n’est pas l’objectif immédiat. » Mais la philanthropie a un prix : son contrat sera cinq à dix fois plus élevé que ce qu’il gagne actuellement et un traitement promettant la éternelle pourrait évidement rapporter des milliards.

Cette “grande science” qui repousse nos limites humaines en dépit de toutes considérations éthiques et écologiques est le nouveau fantasme prométhéen. Tugdual Derville nous alertait déjà dans son livre. « Après avoir sélectionné les hommes par l’eugénisme, les scientistes rêvent de sortir l’homme de sa condition par le transhumanisme. Ils pensent que l’homme doit à tout prix échapper à sa condition humaine, à sa part de fragilité comme aux limites qui le frustrent. » En manipulant l’embryon humain en chimère ou matériau transgénique, ce fait voler en éclat tous repères anthropologiques. Il cherche à  faire disparaitre de notre toute sa part de vulnérabilité et par conséquent d’humanité.

 

 

9 septembre 2021

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