Boualem Sansal dénonce, dans son livre, un régime algérien… que le pouvoir français reçoit en grande pompe
Ce mardi 2 juin paraît La Légende (Grasset), le récit de Boualem Sansal sur son emprisonnement politique sur ordre du pouvoir algérien, accompagné de ces mots : « Libres méditations d’un prisonnier encombrant ». Boualem Sansal a claqué la porte de son éditeur Gallimard, qui est semble-t-il sérieusement écorné. Le pouvoir algérien qui a enlevé l’écrivain opposant au régime et l’a emprisonné durant des mois n’est pas ménagé non plus. Sur le site de son éditeur, Boualem Sansal raconte comment, soudain, sa vie d’écrivain a changé, comment 150 ans d’histoire des deux pays lui sont tombés sur les épaules. « Quand la porte de la cellule s’est refermée derrière moi, pour la première fois, j’ai ressenti quelque chose de précis, d’infiniment douloureux : non pas l’enfermement mais la dépossession du temps. C’était terrible, le futur venait de disparaître de ma vie. » Il a pensé que sa prochaine sortie le mènerait au cimetière. Il s’est réfugié dans la poésie : Sansal connaît des milliers de poèmes par cœur. De quoi méditer sur le régime algérien qui ne le frappe pas seulement lui, mais tient encore dans ses geôles le journaliste Christophe Gleizes, punit l’écrivain Kamel Daoud et humilie la France avec une passion jamais éteinte. On en a justement un nouvel épisode, ces jours-ci, car c’est le moment que les deux pays ont choisi pour organiser une énième rencontre au sommet.
À quand les économies d'énergie... diplomatique ?
Au moment où Boualem Sansal décrit l'horreur du régime, le ministre de l’Intérieur algérien Saïd Sayoud entame, ce lundi, une visite officielle de deux jours en France, avec réceptions officielles et tapis rouge. Un épisode de plus dans un long ballet de séduction... hors-sol. En février 2026, notre ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’était rendu en Algérie, à l’invitation de son homologue algérien. Sourires, discussion sur la transformation numérique : tout était parfait. D'autres ministres français se sont déployés, récemment : Alice Rufo, ministre délégué aux Armées, et Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ont fait le pèlerinage supplicatoire à Alger, en mai. Rien n’a changé… Quatre mois plus tard, Nuñez rend donc la politesse et remercie pour l'immobilisme. La France ne dit plus sa soumission, elle la crie, pour obtenir le fameux « réchauffement diplomatique ». À quand, les économies d'énergie... diplomatique ?
À ce sujet — « Un écrivain qui épouse les thèses les plus radicales » : la presse algérienne contre Sansal
La France se déployait en courbettes, mais cela bloquait, à Alger ! Saïd Sayoud est ainsi le premier ministre algérien à faire le déplacement en France depuis plus de deux ans. Au programme, des sujets… vitaux : la coopération sur la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et l’immigration clandestine. Évoquera-t-on les OQTF, un moyen magnifique pour l’Algérie d’humilier la France ? Les nombreux Algériens emprisonnés en France parce qu’ils s’y sont très mal comportés ? Le flux migratoire légal entre l’Algérie et la France qui ploie plus que jamais sous le fardeau de l’immigration ? Selon l’INSEE, le pays de naissance le plus fréquent chez les immigrés vivant en France est… l'Algérie, avec 12,4 % des personnes, juste devant le Maroc mais loin devant le Portugal ou la Tunisie.
Ce Bonaparte de la fuite déploie la stratégie de l'autruche
Cette coïncidence des dates - parution d’un livre terrible contre le régime algérien d’un côté, courbettes renouvelées et tapis rouge aux représentants de ce régime de l’autre - raconte toujours la même histoire. Celle de la dhimmitude française. La France si volontiers donneuse de leçons dans le monde entier perd, pour l’Algérie, ce qui lui reste d’autorité. Par peur. Rien n’aura fait changer d’avis Emmanuel Macron : il ne veut pas de problème avec l’Algérie, pas de soucis supplémentaires dans les banlieues. Ce Bonaparte de la fuite déploie la stratégie de l'autruche, la tête enfoncée dans le sable algérien. L’ancienne colonie française tient en otage l’ordre public français et ceux qui en ont la charge : l’État et ses représentants.
Tout se tient. Combien de citoyens algériens ou de double nationalité franco-algérienne ont-ils été appréhendées après les manifestations post-match ? On aimerait savoir. Boualem Sansal invite courageusement à lutter contre ce régime rien moins que démocratique, tandis que le gouvernement français tente de masquer sa lâcheté. Le désir d'humilier d'un côté, la repentance passionnée de l'autre : les deux régimes, finalement, s'entendent à merveille. Simplement, cela commence à se voir.
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48 commentaires
alors que maintenant circulent le snoms des bailleurs de fond ayant participé a la campagne de macrounet 1er en 2017 , on va paraitre étonnés que les algériens fassent chanter le roitelet??? mais ou avons nous la tête
Ils ont certainement parlé de nouvelle Loi algérienne sur la colonisation !
NUNES, cireur de pompes comme son chef qui va devoir le recaser pour bons services rendus.
Le FLN et ses crimes….nos Pieds-noirs assassinés….nos soldats français égorgés…..on oublie ? C’est vrai que pour Macron tout cela ne constitue pas des crimes contre l’humanité….seulement des crimes contre la France, alors cela ne le touche pas.
A l’attention de Marc Baudrillier : Pour votre information l’Algérie Frse n’a jamais été une colonie mais 15 départements français .. De gaulle n’aurait jamais du et pu donner l’Indépendance vu l’article 1 de la constitution Frse : La france est une et indivisible .. Il aurait du passer en Justice pour violation de la constitution.. et pour l’histoire encore . La population d’Algérie n’a pas eu le droit de vote des accords d’evian . Vive le Gal – Vive la france démocratique ..
Pour être précis, l’Algérie Française était divisée en 3 département de 1848 à 1955, avant d’évoluer vers 15 départements. Vous oubliez le référendum du 1er juillet 1962 où la population d’Algérie a voté à 99,72 % pour l’indépendance. Mais il est vrai que ce référendum a été précédé par un climat de violence qui a abouti à une fuite des pieds noirs débutée dès le mois d’avril 1962. De Gaulle avait compris que l’indépendance était inéluctable. Mais le fanatisme de l’OAS et du FLN et les nombreuses atrocités commises ont abouti à une indépendance dans un bain de sang. Il est clair aussi que s’il y avait eu des élections démocratiques dans le calme, jamais le FLN n’aurait pu monopoliser le pouvoir à son profit et imposer sa dictature.
Je suis précis.. La France vu sa constitution n’aurait jamais du faire voter même le 1ier juillet l’indépendance de l’Algérie vu l’article 1ier de cette constitution . Rappeller aussi que le vote des accords déviants étaient « anti constitutionnels » vu qu’une partie de la population frse d’Algérie n’a pas eu le droit de vote alors qu’elle etait la 1iere concernée et aurait du être annulé.Je sais que çà pique les Gaullistes Invétérés mais j’ecris ces messages pour l’Histoire réecrite cette fois .dans le bon sens ….Enfin l’Oas a existé qu’un an suite à la trahison du Gal envers les civils et les Militaires d’Algérie .. Ce n’etait pas par fanatisme mais pour l’Honneur de la Parole Donnée.. Ca pique encore mais c’est encore LA VERITE. L’article 16 donnant les pleins pouvoirs au Pdt de la République c’est encore la 5ième République .. Oui c’etait un grand Homme pour vous mais pas pour les Français d’Algérie .Il n’etait grand que par la taille pour nous .. Ca pique toujours ???
Comme disait Zweig
« La vérité et la politique n’habitent pas souvent sous le même toit »…
On attend de la fermeté envers l’Algérie et non des courbettes. Mais si la France est aussi douce avec l’Algérie qu’avec la racaille, on n’ira pas loin.