« Un écrivain qui épouse les thèses les plus radicales » : la presse algérienne contre Sansal
« Boualem Sansal dévoile enfin son vrai visage politique. » Encouragés par une certaine presse française bien-pensante qui, depuis plusieurs semaines, attaque sans relâche Boualem Sansal, des médias algériens relancent l’offensive contre l’écrivain. Dernier prétexte en date trouvé, pour salir l’image du septuagénaire : sa décision de quitter la maison d’édition Gallimard pour rejoindre Grasset. « Dès son changement d’écurie de Gallimard, sa maison d’édition historique, à Grasset chez Bolloré, il s’est mis au travail. Sa tâche est claire : s’attaquer à l’Algérie, en droite ligne de la stratégie de tension permanente de l’extrême droite », affirme ainsi le quotidien numérique TSA Algérie. Ce média algérien, qui n’a jamais caché son antipathie envers Boualem Sansal, a ainsi publié, ce 14 avril, un long article à charge contre l’écrivain.
Un auteur d’extrême droite ?
Dès les premières lignes, le ton est donné. Alors que le sujet du papier est une reprise de l’article paru dans Le Monde, au début du mois, sur le changement de maison d’édition de Boualem Sansal, le journaliste ne peut s’empêcher d’établir un lien entre le nouvel académicien et l’ancien ministre de l’Intérieur. Bruno Retailleau, que TSA Algérie n’a eu de cesse de pourfendre, est ainsi cité deux fois dans les deux premiers paragraphes. Le quotidien algérien ne s’arrête pas là. Il tente ensuite de décrédibiliser la plainte déposée par Boualem Sansal contre le président algérien à la suite de son incarcération - « une démarche pour le moins curieuse » - et affirme que « rien ne [la] justifie ». De là à qualifier la démarche de « sénile », il n'y a qu'un pas...
Mais ce que TSA Algérie ne supporte vraiment pas, c’est que Boualem Sansal ait décidé de rejoindre la maison Grasset et, donc, « la galaxie Bolloré ». Selon TSA Algérie, à l’instar des médias du groupe Vivendi, régulièrement accusés par la presse algérienne d’alimenter la « haine » contre l’Algérie, l’écrivain se serait lui aussi donné pour mission d’« entretenir la tension avec l’Algérie ». Pire : « longtemps dissimulé par manque de courage politique », Boualem Sansal assumerait aujourd’hui « son vrai visage, qui est celui d’un écrivain qui épouse et promeut les thèses les plus radicales de l’extrême droite », s’inquiète le quotidien algérien.
TSA Algérie n’est pas l’unique média à sonner la charge contre l’écrivain. Echorouk, l’un des quotidiens les plus vendus de l’autre côté de la Méditerranée, dépeint de son côté « la chute de la "légende" ». Un autre site médiatique diffusé au Maghreb accuse « l’auteur de s’aligner sur les thèses les plus révisionnistes de la droite identitaire ».
Pourtant, si les médias algériens prenaient la peine d’écouter les récents entretiens donnés par Boualem Sansal, ils auraient noté que celui-ci se défend de « se rapprocher de l’extrême droite ». Mais aucun n'en fait mention...
Une presse algérienne encouragée par… la presse française
Cette offensive médiatique en Algérie contre Boualem Sansal ne vient pas de nulle part. Elle s’inspire largement des articles publiés dans la presse française, ces dernières semaines. Ainsi, tous les papiers algériens à charge contre l’écrivain commencent par citer, pour justifier leurs propos, des articles parus dans Le Monde ou Libération. Début avril, Libération s’inquiétait en effet du changement de maison d’édition, « une rupture affective et idéologique, qui éclaire la droitisation assumée d’un romancier, désormais dans une écurie Bolloré ». Le Monde, de son côté, s’inquiétait d’un « malaise grandissant » autour de la figure de l’écrivain. Et Le Nouvel Obs estimait, quant à lui, que le « clan Bolloré » aurait « retourné le cerveau » de Sansal.
Une certaine presse algérienne, proche de la ligne du régime, qui jusque-là se servait de la figure de Bruno Retailleau pour dénoncer la montée d’un discours anti-Algérie en France, n’est donc pas mécontente d’avoir trouvé un nouveau bouc émissaire.
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16 commentaires
Boualem Sansal, esprit pragmatique, indépendant de tout systématisme, religieux ou athée, insupporte tous les idéologues. En Algérie bien sûr. Mais aussi en France, pays d’Europe où la caste « éclairée » mondialiste prospère particulièrement. Boualem Sansal a été « de Gauche » tant qu’il a été emprisonné en Algérie. Depuis qu’il est libre de s’exprimer en France il est devenu « d’Extrême Droite ». La preuve : il s’est réfugié à l’Académie Française.
Extrémiste de droite Boualem Sansal ? Comme plus de 40% des électeurs français aux dernières présidentielles et plus de 30% aux dernières législatives.
Personne n’est obligé de lire « La voix de son maître ».
Il faut arrêter avec cette rente mémorielle vis à vis de l’Algérie. Quand allons-nous avoir un gouvernement ayant suffisamment de cran pour mettre un coup de pied dans la fourmilière. La France est trop complaisante.
Cette « extrême-droite »! Si ces histrions ne l’avaient pas inventée (fascisme et nazisme n’étant que des avatars du socialisme), elle n’existerait pas.
Je me demande comment ces journalistes réagiraient si ils avaient subit ce que État musulman Algérien a fait subir à Boualem Sansal sur seul fait qu’il était contre le soutien de l’Algérie au Front Polisario.
Et si on coupait les dubventions a tous ces plumitifs qui en cas de conflit avec l’Algerie se feraient un plaisir de porter les valises des barbouzes algeriennes ?… gagrons que pouvoir retrouver un lectorat en france il leur faudrait apprendre l’arabe .
La presse algérienne aux ordres de la dictature du FLN regardez la misère en Algérie après 64 ans d indépendance l échec cuisant de cette dictature qui essaie de faire croire que tout ça c est la faute de la France D ailleurs la misère ne concerne pas les aparatchiks du système
L’Algérie n’étant pas une démocratie, sa presse ne peut pas dire autre chose : on s’en moque
La presse algérienne ne parle pas de l’attentat kamikaze des 2 islamistes devant un poste de police a Blida .
Le 1er jour , de la visite du pape.
Heureusement que les réseaux sociaux, et qu’un policier fut légèrement blessé dans l’explosion
La presse algérienne en plein délire, on a l’habitude…mais pas que. Chez Grasset (Hachette livre) on fomente une fronde à l’encontre de Vincent Bolloré suite à l’éviction » justifiée » du PDG ( Nora) de cette maison d’édition, hostile à l’arrivée de Boualem Sansal. Un départ collectif d’une centaine d’auteurs est en marche en solidarité avec leur PDG, viré. Les BH.Lévy, caroline Fourest, Laura Adler, Virginie Despentes, Gael Faye et même le fameux Dominique de Villepin préparent leur départ. Bon débarras. Des ouvrages souvent indigestes qui se vendent à quelques centaines d’exemplaires. Il paraît qu’un mouvement identique est en cours chez FAYARD (Bolloré). Tant mieux. Il y aura plus de place pour les véritables auteurs.
On a pas entendu ces auteurs faire un appel a libérer sansal …
Entièrement d’accord. Illisibles,de toutes façons.
C’est assez amusant: Sansal critique le pouvoir algérien parce que, pour faire simple, il est dictatorial, non démocratique et totalitaire. Mais comme il a rejoint un éditeur honni, la gauche le range dans le camp du mal et de cette façon, soutient le pouvoir algérien, avec son totalitarisme. Comprenne qui pourra.
C’est bizarre cette volonté de ces journalistes de vouloir s’autodétruire, non?
Avec l’Algérie, la France a ce qu’elle mérite! C’est le résultat de décennies de repentance coloniale injustifiée et masochiste (c’est l’Algérie qui nous est redevable) C’est aussi le résultat de la glorification du terrorisme FLN de 54 à 62 (Rima Hassan ne fait que s’y engouffrer et elle sera probablement acquittée parce que nos élites ont transformé ce terrorisme en « résistance ») Le régime algérien, encouragé par ses collabos français, n’a pas fini de nous cracher dessus.
. Tout à fait d’accord !