Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - 7 octobre 2019

Alexandre Langlois : « Dans la police nationale, c’est “pas de vagues” parce que ça peut gêner la carrière de quelqu’un »

Révélations en série après l’attentat islamiste de la préfecture de police de Paris. Alexandre Langlois réagit au micro de Boulevard Voltaire.


L’homme de la Préfecture de Police de Paris était bien radicalisé depuis des années. Il en avait fait état sur son compte Facebook. Comment un tel profil a-t-il pu passer inaperçu ?

Il n’est pas passé inaperçu. Il y avait eu un signalement en 2015 parce qu’il avait cautionné l’attentat de Charlie Hebdo.
En revanche, le phénomène « pas faire de vague » a encore une fois fonctionné. On avait demandé à nos collègues s’ils voulaient mettre par écrit ce qu’ils avaient entendu. Ils n’ont pas voulu…
Or, la hiérarchie aurait dû immédiatement se saisir de la situation, lancer une enquête administrative et faire une dénonciation auprès du procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale pour apologie du terrorisme. Il y a un sacré dysfonctionnement hiérarchique !


Comment expliquez-vous que ces policiers n’aient pas voulu témoigner ?

Dans la Police nationale c’est : « pas de vague ». Cela peut gêner la carrière de quelqu’un et personne ne veut prendre ses responsabilités. Ce n’est pas pour rien que nous avons des suicides, des burn-out et maintenant des radicalisés qui commettent des attentats.
Où va s’arrêter l’omerta dans la Police ? Tout cela pour protéger la carrière de quelques personnes. Certains sont capables d’enclencher des procédures disciplinaires à l’encontre de lanceurs d’alerte ou de ceux qui veulent juste une Police nationale propre. Voilà pourquoi cela ne s’est pas fait.
Je rappelle que la hiérarchie rapport ou non, aurait dû se saisir de la situation et aviser le procureur.


Cet attentat est survenu 24 heures après la manifestation de 27 000 policiers pour dénoncer le manque de moyens et le malaise général qui règne dans la Police nationale.
Où en est-on du côté des forces de l’ordre ?

La manifestation était a priori une manipulation des syndicats majoritaires présents pour calmer l’effervescence des policiers de terrain.
Castaner a dit ce week-end sur TF1 qu’il ne démissionnerait pas, parce qu’il avait le soutien du syndicat majoritaire, Unité SGP. Ces derniers étaient en tête de cortège lors de la marche de la colère ainsi que les commissaires mis en cause pour les non-dénonciations.
Je ne pense pas que la marche va changer quoi que ce soit. Il va falloir prendre le mal à la racine et réviser toute cette institution. Cela ne pourra se faire uniquement avec des personnes ayant envie de changer cette institution. Les députés éventuellement et la population. Nous pourrions enfin avoir une Police qui travaille dans l’intérêt collectif et non dans l’intérêt de quelques-uns.

Suite à cet attentat, une autre affaire a eu lieu. Un jeune est mort percuté par une voiture de Police. Comment sentez-vous la suite ?

Un jeune en scooter est effectivement décédé après avoir percuté une voiture de la Police.
L’enquête déterminera le contexte de ce qui s’est passé. Pour que l’enquête se fasse le plus sereinement possible, il ne sert à rien d’agiter les démarches dans tous les sens. Laissons faire la justice.

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