Editoriaux - Religion - Société - 22 août 2018

Aïd : vers la fin de l’abattage rituel sans étourdissement partout en Belgique ?

En Belgique, comme partout ailleurs dans le monde, les musulmans ont célébré l’aïd-el-kébir et sacrifié, pour l’occasion, un animal, le plus souvent un mouton, afin de reproduire le geste d’Abraham qui, au lieu de sacrifier son fils, avait choisi un ovidé.

Le rite ne manque pas d’indigner aux quatre coins du pays, notamment parmi les opposants à l’islamisation de l’Europe et parmi les défenseurs de la cause animale. Gaia, association du bien-être animal, a ainsi manifesté ce mardi et rappelé que, dans les abattoirs d’Anderlecht, un des principaux du pays, “des centaines de moutons et de bovins sont aujourd’hui douloureusement égorgés en pleine conscience pour la fête du sacrifice”.

Toutefois, les choses pourraient changer, dès l’année prochaine, dans le plat pays : l’interdiction de tout abattage sans étourdissement entrera en vigueur le 1er janvier 2019 en Flandre et le 1er septembre 2019 en Wallonie. Assistera-t-on à une réelle révolution ? Rien n’est moins sûr. Alors que l’abattage rituel sans étourdissement ne peut être effectué, en Wallonie, que dans des abattoirs agréés, aucune demande n’a été formulée pour un tel type d’établissement. Dans le sud du pays, toute personne qui souhaite procéder à l’abattage à domicile doit impérativement effectuer un étourdissement au préalable. Nul doute que c’est loin d’être le cas.

Surtout, à Bruxelles, où vit une large population musulmane et où les partis chassent les voix communautaires, aucune interdiction d’abattage rituel sans étourdissement n’a été votée. Le chemin est encore long.

L’abattage sans étourdissement engendre, chez l’animal, un stress dû à la douleur tellement intense qu’elle provoque des sécrétions de toxines. L’égorgement induit, de surcroît, le tranchage de l’œsophage pouvant causer le déversement du contenu gastrique, et de bactéries pathogènes, sur les parties qui seront ensuite consommées.

Les médias traditionnels nous rappellent que le nombre d’animaux sacrifiés est en baisse. Une bonne nouvelle ? En réalité, l’aïd-el-keéir tombe, cette année, pendant les vacances d’été, époque au cours de laquelle nombre de musulmans sont retournés dans leur pays d’origine.

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