Madame sera jugée pour diffamation le 4 janvier 2017 à Paris. Cette policière, responsable du centre de vidéosurveillance de , avait dévoilé publiquement les pressions qu’elle aurait subies de la part de policiers très haut placés, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat du 14 juillet, afin qu’elle émette un éventuel faux témoignage, ou un témoignage modifiable à son insu dans une affaire qui ne compte pas moins de 86 morts et 434 blessés.

Après la demande de destruction des preuves en possession de la police municipale, cela faisait désordre ! Le ministre de l’Intérieur, s’étant ému de cette mise en cause de la probité de ses collaborateurs, a fait le nécessaire pour qu’une réponse judiciaire soit apportée à ces propos. Rien d’anormal ou d’amoral sur le principe de défendre son honneur, celui d’une institution et celui de ses collaborateurs, par tous les moyens légaux, et objectivement, les propos de Sandra Bertin portent atteinte à l’honneur de ces personnes.

Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour l’abus d’autorité éventuel que constitueraient ces pressions dont madame Sandra Bertin fait état. Au terme de l’instruction, il pourra être décidé qu’aucune poursuite n’est justifiée, ou considéré qu’il y a matière à jugement. Dans ce dernier cas, un juge dira si des policiers et/ou leur hiérarchie au sein de la Place Beauvau ont tenté d’user de leur autorité sur une policière municipale de Nice pour travestir ou occulter une vérité qui serait gênante. Puis un second juge, en cas d’appel, jugera de nouveau les même faits avec « l’autorité de la chose jugée en dernier ressort ». Sur cette affaire, le silence radio depuis fin juillet est de mise, et point n’est besoin de spéculer sur les raisons de ce silence.

Aux yeux du citoyen-justiciable lambda, non juriste et ignorant des faits précis (il n’était pas présent lors des contacts entre ces policiers et Sandra Bertin), se posent (au moins) deux questions : pourquoi les deux affaires ne sont-elles pas jointes en un et un seul procès, et pourquoi la diffamation est-elle jugée avant l’abus d’autorité ? Établir la vérité (au moins judiciaire) sur ces pressions semble indispensable pour pouvoir juger sereinement de la diffamation éventuelle. Parce que, si les allégations de madame Sandra Bertin sont vraies, alors ce ne sont pas ses propos qui ont jeté l’honneur de ces policiers au caniveau : il y était déjà du seul fait de leur comportement infâme.

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