Ainsi, le PPE a suspendu le Fidesz. On ne sait si la suspension est a divinis ou sera mieux amortie.

Son cas sera soumis à étude, un rapport est demandé à Herman Van Rompuy d’ici l’automne prochain. On peut rire un peu de ce que ces gens décident – maintenant seulement ! – de commander un rapport qui leur permettra, d’ici quelques mois, de statuer définitivement. En effet, la sommation de Juncker-Soros – exclure Orbán – date de plus de six mois ; du rapport Sargentini de début juillet 2018, pour être précis. Le conflit est, même, bien plus ancien : se souvenir du « Salut dictateur ! » qu’adressait le président de la Commission européenne au leader hongrois, en 2015, à Helsinki.

À quoi bon réunir les instances du PPE pour décider d’une sanction si ce délai ne leur permet pas d’apprécier dans quelle mesure l’on doit se soumettre ou envoyer promener les dirigeants de Bruxelles ?

Chacun aura compris que seuls comptent deux éléments influant sur la prochaine élection :

1) Exclure Orbán aurait fait très mauvais effet pour la partie droite des électeurs que le PPE tente de conquérir. C’eût été comme un signe disant de façon trop évidente quelle est la ligne de ces députés, et pousser les électeurs dans les bras des divers partis nationalistes : Salvini, ENL, etc.

2) Exclure Orbán eût été également se priver des votes que le Fidesz apportera, en juin prochain, pour élire le futur président du Parlement de Strasbourg.

Combinazione politicarde que tout cela !

Mais il faut se souvenir que François-Xavier Bellamy affirma bien haut et clair sa préférence pour l’Europe de Juncker à celle d’Orbán : « Je suis plutôt Juncker qu’Orbán », ajoutait-il, après avoir donné sa préférence à plutôt qu’au Rassemblement national : « Ce qui est certain, c’est qu’entre la vision d’Emmanuel et la vision de Marine Le Pen, je serais clairement plutôt du côté d’Emmanuel Macron. » Les dés sont jetés…

L’on doit, en conséquence, s’interroger sur la sincérité droitière du PPE, et notamment de LR : l’un de ses dirigeants pourrait-il expliquer à l’électeur perplexe l’honnête logique de pensée qui conduit à accepter Orbán au sein du PPE et rejeter le en France ? Qu’on me cite en quoi diffèrent les visées politiques nationales et européennes de ces deux formations.

Où l’on mesure combien ceci est jeu de dupes ! Gageons que, dès lors que le PPE n’aurait plus besoin des députés hongrois à Strasbourg, ceux-ci seront exclus du groupe des démocrates-chrétiens.

Quant à briser le mur de verre d’avec le successeur du FN… Faudrait-il que les dirigeants de passent outre ce que Jean Madiran dénonçait dans les années 80 (cf. « Qui a imposé ce diktat : ne s’allier en aucun cas au Front national », 1986, par Jean Madiran), diktat dont on aimerait qu’ils disent son inanité si tel est le cas.

23 mars 2019

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