Grande déception, ce dimanche, pour les Parisiens qui ont été privés de manif. Bien sûr, ils avaient eu la joie, la veille, de retrouver les gilets jaunes, mais on a vu ce qu’on a vu : l’ambiance a changé. C’est moins festif et plus poussif. La manif de dimanche, en revanche, promettait du spectacle.

Devait donc se tenir la World Naked Bike Ride. Un truc sympa dont voici la définition : « La WNBR est une randonnée internationale dans laquelle les participants circulent ensemble sur des moyens de transport à propulsion humaine, pour “donner une vision d’un monde plus propre, plus sûr et plus positif”, et avec vêtements facultatifs afin d’exprimer “la fragilité de l’homme face au trafic routier, à l’urgence climatique et à la sixième extinction animale”. »

Je traduis, pour ceux qui n’auraient pas bien saisi : selon la fédération (oui, il y a une fédération WNBR), c’est « une randonnée festive, familiale et pacifique à vélo, rollers, skateboard ou trottinette ». À poil. Chose qui ne plaît pas à la préfecture de police de Paris, qui a donc interdit ce rassemblement folklorico-philosophique. La Fédération française de naturisme a relayé le message : « L’édition WNBR Paris est annulée suite à un arrêté préfectoral d’interdiction de la manifestation, relatif au Code pénal A222-32 assimilant nudité à exhibition sexuelle sur voie publique. ». Chagrine, la fédé a déposé un référé auprès du juge des libertés au tribunal administratif de Paris.

À Rennes, en revanche, ville où les manifs sont plus nombreuses que les jours de l’année, la World Naked Bike Ride était autorisée. Je n’ai pas vu d’images, mais j’en rêve : chapeaux ronds rubans au vent, masques, distanciation du village Bons Réflexes et culs à l’air…

S’ils n’ont pu offrir à la population leur « vision d’un monde plus propre, plus sûr et plus positif », les naturistes parisiens ont, toutefois, eu une compensation : la Cinémathèque française leur a ouvert ses portes pour la visite à poil de l’expo Louis de Funès. Les nudistes chez mon gendarme, en somme. Seule consigne : le port du obligatoire. « Ce n’est pas très pratique parce que cela me manque de ne pas avoir de mouchoirs et une bouteille d’eau, mais c’est tout », confie une jeune femme au micro de France 3 Régions. Son voisin trouve l’atmosphère un peu fraîche : « C’est un peu étrange, effectivement, on sent l’air un peu partout. »

Résumons donc : dans la crise d’hystérie sanitaire qui nous secoue, il semble se dessiner une forte tendance sociétale vers le « tous à poil », avec le masque bien sûr. Il faut, aujourd’hui, être végan, décroissant, contre les sapins de Noël et le ventre à l’air. La tendance se répand pour des raisons qui, me semble-t-il, ne sont pas toutes d’inspiration écologique. Ainsi, la semaine a débuté par un mot d’ordre très « genré » : #lundi14septembre, soit « un mouvement féministe qui incite les femmes à s’habiller de manière “provocante” pour lutter contre les discriminations sexistes ».

Des lycéennes s’étant vu reprocher d’arriver en cours le nombril à l’air sous un « crop top » et en « mini-short » – comprenez : les fesses en partie à l’air, le short ordinaire étant encore trop grand –, la riposte s’est organisée avec le soutien de personnalités de premier plan. La chanteuse Angèle a ainsi « partagé son engouement pour le mouvement dans sa story Instagram », ce qui, personnellement, m’impressionne beaucoup. Côté politiques, c’est Marlène Schiappa qui s’est enthousiasmée sur Twitter : « En tant que mère, je les soutiens avec sororité et admiration. »

Reste une question qui me taraude : en quoi y a-t-il une discrimination vestimentaire envers les jeunes filles ? Je ne sache pas, en effet, que les garçons viennent au lycée torse nu, non plus que le ventre et les fesses en partie à l’air. Il est vrai que je ne fréquente plus le lycée depuis longtemps.

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