Une vingtaine d’agents de sécurité tchétchènes ont été recrutés, en décembre dernier, pour assurer la tranquillité des halls et parties communes de quatre bailleurs sociaux de Melun, de 18 heures à 2 heures, avenue du Maréchal-Juin, un lieu connu comme étant un gros point de deal des quartiers nord de la ville, rapporte Le Parisien.

« Pour la vente de stupéfiants, on voit les files d’attente dans les escaliers »

Depuis décembre 2019, une vingtaine d’agents de sécurité tchétchènes de la société Protection + , à la carrure « dissuasive » ont été recrutés par les bailleurs sociaux de Melun « pour assurer la tranquillité résidentielle dans les halls et parties communes des immeubles ». Les vigiles se déplacent par trois, sept jours sur sept, dès que les gardiens ont fini leur service, de 18 heures à 2 heures du matin, pour éloigner les vendeurs de stupéfiants des halls, les auteurs de nuisances sonores ou de vandalisme… En tout, 5.183 logements sont concernés.

Le chef de groupe témoigne : « Globalement, cela se passe plutôt bien. Certains locataires nous remercient de notre présence. On a dix rues à faire chaque soir. On s’arrête une heure sur les points où il y a vraiment besoin : le 17, avenue du Maréchal-Juin, les deux tours des Mézereaux… Maintenant, on fait plus de la médiation que du rapport de force. »
Le présence fait fuir les dealers qui empoisonnent la vie des locataires. « Pour la vente de stupéfiants, on voit les files d’attente dans les escaliers. Mais tout le monde s’enfuit quand on arrive ! » Ils interviennent également en cas de tapage nocturne et nuisances sonores.

Cependant « les gros points de deal perdurent », comme au 17, avenue du Maréchal-Juin. « En venant tous les soirs, on les empêche de travailler pendant une heure… », précise le vigile.

« Permettre aux gens de rentrer chez eux », sans être « embêtés ou fouillés »

Denis Jullemier, président d’Habitat 77, qui coordonne l’opération, explique les raisons de cette présence devenue indispensable : « La première chose qu’on veut, c’est permettre aux gens de rentrer chez eux le soir sans être embêtés, qu’ils ne soient pas filtrés, fouillés… Je veux juste que nos locataires puissent rentrer sans entraves chez eux. »

De son côté, le dirigeant de la société de sécurité Protection + se félicite du travail de ceux qu’il appelle « mes garçons ». « Tous ceux que j’emploie à Melun sont tchétchènes. Ils sont très très courageux. 80 % d’entre eux ont fait la guerre contre les Russes. Comment peut-on avoir peur d’une tour, après ça, pointe-t-il. Ils inspirent le respect, ont des règles de conduite. Je n’ai pas eu une seule plainte sur eux pour un outrage ou des coups et blessures dans toute la France. »

Le présence de ces « anges gardiens tchétchènes » porte ses fruits et les résultats sont là : certains indicateurs sont à la baisse : -157 % en matière de troubles du voisinage et tapages nocturnes (soit 134 faits en moins) durant ce premier semestre 2020, comparé au premier semestre 2019. Et -152 % en matière de vandalisme durant le 2e trimestre 2020, comparé au 2e trimestre 2019 (soit 137 faits en mois).

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