Chemise blanche pour lui, veste blanche pour elle. Le couple présidentiel pose pour la couverture de Paris Match. Quelques dossiers posés négligemment sur la table. Le message est envoyé à la France besogneuse. Il bosse même en vacances.

Aux côtés du Président, son épouse a choisi une position périlleuse censée faire « décontracté ». À moitié assise à l’envers sur la table, le tronc néanmoins tourné vers l’objectif, cramponnée au rebord pour ne pas tomber. Roulement de tambour. Coup de cymbale. Et voilà, mesdames, messieurs, une première dame qui défie les lois de la pesanteur pour la bonne image de son mari. En pages intérieures, les coulisses de la cascade.

Après les photos volées du kéké sur son Jet Ski™, il était grand temps de revoir le communication estivale. Détail qui avait échappé de justesse aux complotistes : l’immatriculation de l’engin se terminait pas 666. Le symbole de la Bête de l’Apocalypse. Ça ne pouvait mieux tomber.

À la suite de Paris Match, BFM TV arrive et analyse le message envoyé par le Président au travers du reportage de son confrère. « Le Président s’affiche détendu mais toujours au travail », affirme le commentaire sur des images (d’archives ?) d’ regardant la télé dans une pièce sans fenêtre. La concentration est à son maximum. Face aux violences des Champs-Élysées, aux conducteurs de bus agressés et à l’ensauvagement général, il peut à tout moment s’indigner. Décontracté, mais investi de sa mission. Et dans un accès d’indignation, il pourrait même aller jusqu’à condamner ! Directement de Brégançon. Les poissons qui tournent autour du fort n’en reviennent pas. Jamais vu un Président aussi autoritaire.

La fin du commentaire précise la préoccupation majeure d’Emmanuel Macron : « Toujours au travail… Pas question de laisser à penser qu’il ne se préoccupe pas de l’épidémie de coronavirus. » Alors que le gouvernement souhaite imposer le port du masque en tous lieux et toutes circonstances, le décontracté de Brégançon déclare à Paris Match : « Les Français ont une anxiété légitime, liée au virus, que l’on doit accepter. » Belle inversion du problème. Joli retourné. en équilibre sur la table était un bon indicateur des acrobaties intellectuelles auxquelles allait se livrer son époux au cours de l’interview. C’est un travail d’équipe. Les créateurs de psychoses déplorent que leurs victimes soient anxieuses. Un looping de toute beauté.

À la fin de son reportage, BFM TV livre une information capitale : « Selon Paris Match, le Président pourrait assister, dimanche soir, à la finale de la Ligue des champions entre le PSG et le Bayern de Munich. Une information que l’Élysée n’a pas confirmée. » Retour aux dossiers importants. Une cellule de crise a été mise en place. Il pourrait y aller. Mais peut-être pas. Le porte-parole est sur les dents. D’après un sondage IFOP, 53 % des Français testés positifs au Covid-19 pensent qu’il va y aller. Paralysés par l’anxiété, les autres n’ont pas pu répondre.

À lire aussi

Fabrice Luchini allume le couvre-feu

Luchini a trouvé les mots. …