Au micro de Boulevard Voltaire, le docteur Bertrand Legrand fait un point sur la situation actuelle de la pandémie de Covid-19, en France.

Certes, le nombre de tests pratiqués augmente, mais la fréquence positive augmente également, il recommande donc le port du masque.

 

Le professeur Raoult annonce que la seconde vague sera sans doute moins virulente. Selon lui, le virus a des chances d’être moins virulent. Est-ce possible ?

Cela me pose un premier problème. Le professeur Raoult utilise de plus en plus un argument d’autorité. Il utilise son titre pour donner une vérité qu’il affirme sans l’essayer.
Maintenant, la mutation du virus est toujours possible. À partir du moment où on a identifié, cela veut dire qu’on a fait un séquençage du génome, qu’on a identifié le gène qui a muté et qu’on est capable d’expliquer que ce gène a muté en faveur du virus et non pas en sa défaveur. Ce n’est très clairement pas le cas à l’heure d’aujourd’hui. Aujourd’hui, nous n’avons pas de nouveaux séquençages qui nous donneraient un nouveau virus.

Le discours du professeur Raoult intervient alors qu’on se demande s’il y aura une seconde vague.
Observez-vous une hausse qui pourrait annoncer une seconde vague ?

Je n’observe rien depuis le début du mois d’août puisque je suis en vacances, à part lire les différents écrits. La dernière semaine avant mes vacances, j’ai eu autant de tests positifs que je n’en avais eu depuis deux à trois mois. A titre personnel, j’ai testé très rapidement et je fais des tests aléatoires. Par conséquent, ma fréquence de test n’a pas changé. Le pourcentage de cas positif a donc bien augmenté. Lorsqu’on regarde les écrits publiés par le gouvernement, même si on est passé de 300 000 à 600 000 tests, on est sur une incidence qui a augmenté y compris sur le nombre de tests. Le nombre de tests augmente, mais la fréquence du nombre de positifs augmente aussi, passant de 1,2 à 1,9 puis à 2,9 très récemment. Il y a une augmentation de la fréquence et on la mesure de manière de plus en plus importante. Cela vient asseoir cette probabilité de fréquence positive.
Par rapport au mois de mars où on ne mesurait rien, la fréquence du mois de mars était peu fiable, alors que la fréquence d’aujourd’hui est beaucoup plus fiable puisqu’on a davantage de tests.

Selon vous, le port du masque a-t-il un réel intérêt médical ?

A-t-on suffisamment de masques pour affronter l’épidémie qui va arriver très probablement sur les mois d’octobre, novembre et décembre ? La réponse est très probablement non, vu que la consommation normale de masques en phase épidémique nous demanderait plusieurs milliards de masques en stock que nous n’avons probablement pas.
Je vous rappelle qu’actuellement les médecins sont dotés de 9 masques par semaine et que la distribution s’arrêtera au mois d’octobre. Pour ce qui est de l’utilité du masque comme étant un frein à la liberté, je ne vois pas trop en quoi le masque serait un frein à la liberté. L’augmentation de la fréquence de la maladie va augmenter le nombre de personnes qui nous emmènera à des cas plus graves.
Aujourd’hui, on est dans une situation où les Français ont oublié la situation du mois de mars. On ne dépistait pas donc on pensait que personne n’était malade. Aujourd’hui, on dépiste et on a des gens positifs.

Selon vous, il y a peu de dangerosité du virus parce que les gens sont dispersés et donc moins de charges virales d’un seul coup.

D’un point de vue médical, un facteur nous manque pour la compréhension de la gravité de la maladie. On sait aujourd’hui que ce n’est pas un pourcentage des gens positifs qui se retrouvent en réanimation, mais ce pourcentage évolue en faveur de la maladie. Une des hypothèses possibles c’est que la concentration du nombre de malades entraîne une charge virale plus importante. Être juste dans une pièce fermée et avoir 8 malades et plus dangereux que d’avoir 8 personnes dans une pièce fermée avec un seul malade. La condition sine qua non c’est l’évolution de la maladie. Il y a un débordement de l’immunité des patients. Une fois que ce débordement est atteint, une forme grave apparaît. Ceux qui pensent qu’il n’y a pas de formes graves, ils ont tout à fait raison. Il n’y a pas de formes graves aujourd’hui puisqu’on est en train de former ce socle.

20 août 2020

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