Entre les profanations d’églises et l’extraordinaire tintamarre fait autour d’affaires de mœurs, l’ subit, en ce moment, une véritable persécution, insidieuse mais bien réelle.

La multiplication des sacrilèges ne suscite pas l’ire des autorités, ni républicaines ni même ecclésiastiques. À peine cinq lignes dans la presse locale, et passez muscade ! C’est plutôt tendance, de cogner sur les catholiques, on aurait tort de se gêner, puisque personne ne réagit.

Les esprits ont été préparés. Les médias s’en donnent à cœur joie pour relater la moindre affaire scabreuse entre un curé et un enfant de chœur ou entre un abbé et une bonne sœur. Avec délectation, les colporteurs de l’infâme répandent les supposées turpitudes d’hommes en soutane, même si cette dernière n’est plus portée par les incriminés. Dix, vingt ou trente ans après les faits supposés se réveillent les supposées victimes, qui se remémorent de mauvais souvenirs sous l’instigation d’un psy et d’un avocat. Tout est orchestré pour qu’un esprit logique puisse penser que si des hommes d’Église peuvent se livrer à de tels agissements, c’est que l’Église est pervertie et qu’il faut donc brûler les églises avec son curé.

Et si le curé n’est pas pédophile, il est au moins homosexuel, puisqu’un livre sorti opportunément avec force publicité fait état de la nouvelle Sodome que serait devenue la cité du Vatican. Il y a, d’ailleurs, un côté cocasse d’entendre tous les hâbleurs de la bien-pensance qui passent leur temps à hurler contre une homophobie fantasmée devenir tout à coup des puritains rougissants lorsqu’il s’agit de la même inclination sexuelle mais ultramontaine… Faudrait-il autoriser les prêtres à se marier ? Il fallait y penser, oubliant que la plupart des agissements pédophiles sont le fait de pères de famille. Ils me font rire, ces païens qui se mêlent du postérieur des curés au lieu de s’occuper d’abord de leurs fesses.

Après la nation, l’Église reste le seul obstacle. Il faut mettre à bas le catholicisme pour installer Mammon au sommet de la pyramide des instances planétaires. Discréditer ses clercs par accusation de perversion est la trouvaille. Marie-Antoinette a bien été accusée d’inceste pour mieux ruiner la monarchie.

Si le système – entendez, par là, les forces dominantes – se donne autant de mal, c’est qu’il a trouvé une autre force à sa mesure en l’Église catholique. Cette dernière est donc dans la vérité et la plus résistante au mensonge. C’est le culte catholique qui doit disparaître. Criminel ou purificateur, il y a le feu à l’Église.

Tous ces chasseurs en meute, ces amateurs d’hallali sans effort, ces charognards, révèlent un fait extraordinaire : il sort de l’ombre une quantité incalculable et insoupçonnée de pratiquants. Je n’avais pas conscience du nombre étourdissant d’anciens enfants de chœur, de culs bénis qui, soudainement, deviennent si soucieux de la réputation d’une Église qu’ils semblent fréquenter tous les jours depuis quelque temps… Cela prouve que même le dernier des bouffeurs de curé a encore une attention et une attente particulière envers l’Église, malgré tout, un peu comme s’il avait honte de sa grand-mère qui aurait couché avec les Allemands mais dont il accepte l’héritage quand même. Blasphémer, c’est encore croire, et la colère, c’est toujours de l’attachement.

Comme quoi, même pharisienne, la France est encore très chrétienne.

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