Classement PISA : l’immigration, angle mort de la chute du niveau scolaire ?

Le niveau scolaire s’effondre, les explications abondent, mais un facteur demeure étrangement absent : l’immigration.

Les chiffres sont tombés. Dévoilé ce 8 septembre, le classement international PISA 2025 réalisé par l’OCDE confirme une chute spectaculaire du niveau scolaire. Si la France se situe toujours dans la moyenne des pays développés, « ses scores sont de plus en plus bas », souligne l’organisation. Par rapport à 2022, les résultats des élèves français de 15 ans ont reculé de 16 points en mathématiques et de 18 points en compréhension de l’écrit, tandis que les sciences enregistrent une baisse plus limitée de 4 points. En mathématiques, la France se classe désormais au 34e rang, avec son plus mauvais résultat depuis le début de l’évaluation en 2000. En lecture comme en mathématiques, le score atteint ainsi son niveau le plus faible en plus de vingt ans.

C’est la fin d’une longue fable répétée année après année par les professionnels du déni. « Le niveau monte », nous jurait-on, alors que la baisse était déjà manifeste. Ce mensonge ne tient plus. Même le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray reconnaît désormais des résultats « préoccupants ». Pour le ministre, le redressement passera par « le chantier de la pédagogie » et « l’autonomie des établissements ». À l’en croire, ces réformes pourraient permettre à la France de « revenir dans la tête du classement » à l’horizon 2033… Rendez-vous dans sept ans.

La valse des fausses excuses

Maintenant que le déni n’est plus tenable, la position de repli est celle de l’évitement. Il s’agit de débattre à l’infini de toutes les explications possibles au phénomène qu’on ne parvient pas à endiguer. Sur le banc des suspects, les mis en cause sont ainsi déjà nombreux : les inégalités sociales, le manque de moyens, les téléphones portables, les jeux vidéo, les réseaux sociaux, le Covid-19, les parents, les professeurs, les syndicats, le pédagogisme… Bien sûr, ces accusés ne sont pas tous innocents. La chute du niveau est multifactorielle et ne saurait s’expliquer par une cause unique. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de noter qu’un suspect manque à l’appel. Pourquoi le facteur migratoire n’est-il jamais mentionné ? Or, dans son rapport 2025, l’OCDE indique que les élèves issus de l’immigration obtiennent des résultats très inférieurs à ceux des autres élèves en France. L’écart atteint 53 points en mathématiques, 47 points en compréhension de l’écrit et 57 points en sciences.

En clair, les élèves « issus de l’immigration » accusent un retard considérable sur les élèves autochtones : l'équivalent d'environ trois années scolaires. De quoi tirer vers le bas des classes d’âge entières. « C'est d'ailleurs un point que je souligne souvent : les conséquences de l'immigration ne s'arrêtent pas aux seuls immigrés, ajoute le data analyst Marc Vanguard. Il est impératif que nos politiques publiques prennent en compte les effets de l'immigration sur plusieurs générations. »

L’éléphant dans la pièce

Le facteur immigration dans cette baisse du niveau peut s'expliquer aisément. La France a choisi de faire venir massivement, au fil des années, une main-d’œuvre peu qualifiée qui bénéficie, par ailleurs, du droit au regroupement familial. D’autres pays ont fait des choix différents. Au Canada, par exemple, la proportion d’immigrés diplômés du supérieur est presque deux fois plus élevée que chez nous. La part des immigrés ayant un niveau inférieur au secondaire est en revanche plus de cinq fois supérieure en France, si l'on en croit les chiffres de l'OCDE. Les enfants issues de ces familles ne sont pas condamnés à l’échec scolaire, bien sûr, mais ils devront sans doute redoubler d’efforts pour faire partie des bons élèves.

Par ailleurs, on notera que 21 % des élèves de CM1 n'ont pas le français pour langue habituelle à la maison, selon les chiffres de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie. Ils le parlent « parfois » ou « jamais ». Là encore, il ne s’agit ni de schématiser à l’extrême une situation ni d’incriminer unilatéralement une catégorie d’élèves, mais force est d’admettre que de tels écarts culturels ne peuvent être sans effets sur la maîtrise de la langue française en particulier et sur le niveau scolaire en général…

Alors, que faire pour sortir de l’impasse ? Comme d’habitude avec les sujets liés à l’immigration, il faudrait peut-être s’intéresser aux flux avant de prétendre gérer les stocks. Instruire tous les enfants qui grandissent dans notre pays, c’est bien ; stopper l’arrivée de familles qui représenteront mécaniquement une charge pour notre système éducatif, c’est sans doute encore mieux.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Et c’est même PIS que SA…pardon cela ! En plus de sortir de l’école avec un bonnet d’âne, nos élèves, ignares, rendus imbéciles par des pseudo-professeurs éduqués eux-mêmes à la moraline à quatre sous, promus sans formation solide, nommés avec la technique des marches de l’escalier et dans la soumission de leur administration au ras du tapis, ou même déjà au tapis, KO ou en courbette, vont ressortir totalement abrutis par un système éducatif totalitaire qui trouvera dans leur bêtise les fondements du totalitarisme que nos anti-élites nous préparent. Comme le rappelait George Orwell, l’histoire a déjà démontré qu’il ne faut pas grand-chose pour faire basculer l’humanité dans l’enfer. Des fausses élites dévoyées, en oligarchie, quelques voyous agissant dont les actes reposent sur des nervis ignares et sans scrupules, dans le silence et l’aveuglement des abrutis gavés par l’idéologie de la classe dominante (de séries Netflix, de football et de désinformation d’état).

  2. Le député britannique indépendant Iqbal Mohamed s’est opposé au Parlement au Royaume-Uni à une proposition de loi visant à interdire le mariage entre cousins germains parceque c’est une tradition musulmane et c’est bon pour les héritages… Tout est dit!

  3. En parlant sérieusement de l’immigration, de ceux à faible niveau de qualification académique pourtant chéris par le capitalisme, un petit rappel :
    L’évolution économique de la France combine deux phénomènes majeurs et interconnectés des dernières décennies : la désindustrialisation et la tertiarisation de l’économie, qui ont profondément modifié la structure du marché du travail.
    1. La désindustrialisation et le passage aux services :
    Depuis les années 1970, la part de l’industrie dans le PIB français et dans l’emploi total a fortement reculé, passant d’environ 35 % à moins de 10 % aujourd’hui. Les causes : ce déclin s’explique par la mondialisation (délocalisations vers des pays à bas coûts), les gains de productivité (automatisation) et une externalisation des activités industrielles vers le secteur des services (logistique, nettoyage, maintenance). La tertiarisation : L’économie française s’est concentrée sur les services (commerce, santé, transports, tourisme, numérique), qui représentent désormais plus de 75 % des emplois.
    2. Le rôle de l’immigration dans le secteur des services :
    L’économie des services a généré une forte demande pour des métiers dits « en tension », souvent caractérisés par des conditions de travail pénibles, des horaires décalés et des salaires proches du SMIC. Les secteurs clés : Les travailleurs immigrés, notamment ceux ayant un faible niveau de qualification académique, occupent une proportion importante des postes dans plusieurs secteurs spécifiques : la construction et le BTP, l’hôtellerie et la restauration, les services à la personne (aide à domicile, nettoyage), la sécurité privée et la logistique (livraison, entrepôts). La dynamique salariale : ces métiers ne pouvant pas être délocalisés (on ne peut pas délocaliser le nettoyage d’un bâtiment ou l’aide aux personnes âgées), l’économie s’appuie en partie sur la main-d’œuvre immigrée pour occuper ces postes de premier niveau de qualification, ce qui permet de maintenir des coûts de services relativement bas pour les consommateurs et les entreprises.

  4. Les chiffres que donnent l’article sont évidemment tendancieux : « Sur 10 ans, le niveau des élèves français s’est effondré de 12 points en sciences, 38 points en maths et 44 points en compréhension de l’écrit, ». Or, en dix ans les élèves ont gagné 20 points en rap, 35 points en réseaux sociaux e, 42 points en jeux vidéos et — tenez-vous bien ! — 61 points en agressions et maniement du couteau. Alors, en régression, la France ?

  5. L’éternel éléphant dans le couloir que l’on se refuse à considérer . Les faux pédagogues mais vrais idéologues de l’EN , n’ont eut de cesse de baisser le niveau général pour ne pas qu’une partie de la population des jeunes issus de l’immigration se trouvent largués et donc se sentent exclus . Et à l’inverse de remonter artificiellement les notes pour les mêmes raisons évoqués précédemment pour ce qui est du bac par exemple . Mais par quoi cela va-t-il se traduire dans le futur ? Une baisse des compétences dans tous les domaines qui auraient trait à un minimum de réflexion . Les gauchistes s’en moquent puisque l’intérêt de la France ne les concernent plus . Pour avoir de la réflexion et de l’intelligence il faut l’exercer et ne pas se contenter du moins disant, c’est frustrant pour celui des élèves qui se démène et c’est insultant pour celui auquel cette discrimination positive est destinée. Quant au prétexte de non assimilation du fait d’une trop grande différence de culture , elle tiendrait pour les maghrébins et pas pour les asiatiques ?
    Les africains du nord et du sud maitrisent le français bien mieux qu’un chinois ou un ukrainien , donc, la différence est bien mince .
    Il faudrait se poser la question des choses qui bloquent véritablement et non pas faire porter le chapeau à la société française qui paie assez pour un budget scolaire qui fait partie de ses principales dépenses !

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