Devant le MEDEF, Marine Le Pen défend son épineuse réforme des retraites
L’exercice était attendu. Ce 27 août, les candidats à l’élection présidentielle étaient rassemblés pour la première fois afin de débattre à l’invitation du MEDEF. Il y avait des plumes à laisser, notamment pour celle qui caracole en tête des sondages et dont la compétence en matière économique est souvent remise en cause par ses détracteurs. La candidate du Rassemblement nationale est apparue déterminée et certaine de ses choix devant les 6.000 patrons rassemblés à Roland-Garros pour l’occasion.
En s’attaquant à la « folie normative » et en vantant les mérites de « l’identité économique de la France » et en plaidant pour la mise en place des « conditions pour que les entrepreneurs puissent créer de la richesse », la députée du Pas-de-Calais a cherché à trouver l’oreille du patronat. « Nous présenterons juste avant le débat budgétaire notre trajectoire de rétablissement des finances publiques avec 125 milliards d’euros d’économies », a annoncé celle qui concourt pour la quatrième fois à l’élection présidentielle et qui souhaite enrayer « l’effet boule de neige de la dette ».
Réforme des retraites : « un choix politique »
Attendue sur le sujet des retraites, Marine Le Pen a présenté la ligne qu’elle défend depuis plusieurs années : « Tous ceux qui ont commencé à avoir un emploi effectif au sens de l’INSEE avant 20 ans cotiseront 40 ans et partiront à 60 ans, puis progressivement, jusqu’à 24 ans et demi, on arrivera à 42 ans de cotisation et un âge légal de 62 ans. » Un plan « d’incitations pour que ceux qui ont dépassé l’âge de la retraite et ont leurs trimestres puissent continuer à travailler s’ils le souhaitent » est aussi annoncé. Celle qui s’opposait à la réforme des retraites portée par Emmanuel Macron fait le constat d’un « taux d’emploi trop bas » et, pour y remédier, veut soutenir notamment la formation, l’apprentissage et l’alternance. Une réforme des retraites qui coûtera « 9 milliards d'euros », selon la candidate, un « déficit assumé » comme un « choix politique ».
Marine Le Pen, malgré les attaques successives de ses adversaires, n’a pas dévié de sa trajectoire. « Dans une AG de copropriétaires, vous êtes celle qui vient aux AG, qui vote contre toutes les provisions, les économies, mais qui se plaint que l’ascenseur soit en panne », lui a adressé Gabriel Attal, visiblement bien préparé par ses communicants, soucieux de permettre à l’ancien Premier ministre de faire diversion quant à une quelconque responsabilité dans la situation catastrophique que connaissent nos comptes publics.
Démission de François Durvye
« Sous Macron : 1.000 milliards d’euros de dette supplémentaire, lui a rappelé Marine Le Pen. Le PLF 2026 : 43 milliards de prélèvements supplémentaires prévus. Le gouvernement Barnier : 30 milliards, dont 20 milliards d’augmentation des impôts sur les entreprises. » « Vous êtes ceux qui avez considérablement aggravé les impôts », a poursuivi la candidate patriote, qui a malignement souligné qu’à la place de ceux qui ont participé aux gouvernements successifs depuis dix ans, elle « n’arriverai[t] pas à se regarder dans une glace ».
Celle qui plaide pour que « l’État baisse drastiquement son train de vie » doit tout de même faire la grimace, ce soir. En fin de journée, au milieu du débat organisé par le MEDEF, Le Figaro révélait que François Durvye, qui conseillait Marine Le Pen depuis cinq ans sur les questions économiques et qui était devenu, il y a cinq mois à peine, conseiller spécial de Jordan Bardella, jetait l’éponge. Notamment « pour ne pas avoir à défendre auprès des milieux économiques des positions en lesquelles il ne croit pas ». Un coup dur, pour la candidate du parti à la flamme, tant ce conseiller qui était passé de l’ombre à la lumière était une pièce maîtresse dans l’opération visant à séduire les milieux économiques.
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187 commentaires
Ce serait instructif qu’elle nous explique dans le détail où elle trouve les 125 milliards.
Déjà il y en avait 90 dans le programme de sahra knafo ..Tanguy a dû copier et se tromper dans l’addition..comme d’habitude..en plus le livre de sahra sort mercredi..c’est l’effet « bennenuts » comme dans la pub…