[TRIBUNE] Clémence Guetté, amie… du Capital
L’amitié, une idée neuve en politique ? À écouter et lire les dernières propositions de la députée LFI Clémence Guetté, nous pourrions le croire. Il serait possible de répondre à Clémence Guetté en énumérant l’ensemble des auteurs, des plus anciens jusqu’aux contemporains, qui ont traité de la dimension politique de l’amitié. Rappelons avec une pointe de taquinerie à Mme Guetté, qui ose affirmer que le prétendu abandon du thème de l’amitié depuis la Révolution française s’est fait au bénéfice de celui de la famille, et en particulier sous Vichy, qu’un dénommé Abel Bonnard, ministre du Maréchal Pétain et fervent collabo, publiait dans l’entre-deux-guerres un essai intitulé sobrement… L’Amitié. Passons, et considérons plutôt le fond de cette proposition.
« Légiférer l’amitié »
Celle qui est en charge du programme de Jean-Luc Mélenchon publie, ce jour, Politique de l’amitié et propose rien de moins que de « légiférer l’amitié ». Autrement dit, donner à l’amitié un statut juridique, reconnu par l’État, au même titre que la famille. La « politique de l’amitié » sauce Guetté est d’abord une attaque frontale contre la « famille traditionnelle ». Nul procès d’intention, ici. Au journal Libération qui fait sa promotion, Clémence Guetté affirme que la famille est « survalorisée » et qu’elle fait sien le « combat contre l’enfermement des individus au cœur des institutions et des schémas correspondant à la norme dominante ». Accorder un statut légal à l’amitié est donc pour Clémence Guetté un cheval de Troie qu’il s’agit de faire pénétrer dans l’enceinte d’une société qu’elle s’efforce de toujours considérer comme patriarcale et bâtie sur le socle de la famille traditionnelle. Guetté combat ici des fantômes. Pire : elle déterre des cadavres pour rejouer des combats déjà gagnés il y a des années, sinon des décennies. Une mauvaise gagnante, en somme.
Mais l’« extrême droite » et ses valeurs n’est pas l’unique adversaire désigné. Il s’agit aussi d’ériger la nouvelle institution Amitié qui serait ainsi créée comme un contre-pouvoir au capitalisme et un sanctuaire au milieu de la marchandisation accélérée du monde. Or, la pensée d’Ivan Illich, penseur de la « convivialité », devrait nous mettre en garde : la corruption du meilleur engendre le pire. Institutionnaliser l’amitié serait signer son arrêt de mort et offrir au divin marché que l’on prétend combattre une occasion en or de rafler la mise. Outre que le « cocon » amical tel que la gauche le revendique repose sur des valeurs communes à celles de la société de consommation (déresponsabilisation, absence de codes, liberté totale de choix), le projet de LFI n’apporte aucun remède aux désastres anthropologiques provoqués par l’idéologie libérale. Au contraire, il les chérit et veut les amplifier car ils ne cessent d’infliger des balafres aux structures « traditionnelles » présentées comme des « carcans ». Ainsi, pour Guetté, l’explosion du nombre de divorces et de familles monoparentales est la preuve que « les gens reconfigurent leurs existences ». Un idéologue néolibéral n’emploierait pas d’autres termes !
L’amitié transformée en service
En proposant de transformer l’amitié en service, Guetté ne fait qu’étendre la logique contractuelle et l’emprise du droit, phénomènes qui toujours ont préparé le terrain au marché et au remplacement de ce qui est bon et gratuit par ce qui a de la valeur. En reprenant l’antienne de la « lutte contre toutes les discriminations », à savoir, ici, entre les membres de la famille et les amis, Guetté se fait le ventriloque de l’idéologie dominante jusqu’alors qui a servi de carburateur à l’atomisation des communautés protectrices des appétits marchands.
En voulant institutionnaliser l’ami, Guetté a désigné l’ennemi : la famille, bien sûr, mais aussi l’amitié comme phénomène encore épargné de l’intrusion simultanée de l’État et du marché.
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48 commentaires
Guetté est contre la famille traditionnelle, donc celle composée d’un père, d’une mère et d’enfants. Ok…mais qui va payer sa retraite ? Toute la splendeur intellectuelle de la gauche-caviar…!
Si certains l’ont guettée pour l’entendre, pour d’autres, ce n’est pas de gaîté de coeur qu’ils l’ont écoutée !
D’ailleurs, on n’a plus envie de l’écouter !
Cette idée de Guetté est tellement stupide qu’elle ne méritait pas un article. La gauche veut occuper l’espace et dit n’importe quoi pour faire parler d’elle et ça marche. Les journalistes tombent dans le panneau. Sur CNews on discute régulièrement une longue demi-heure sur une phrase de Mélenchon ou ses sbires au lieu de se concentrer sur ce qu’il faut faire pour redresser le pays après les élections. Avançons que diable, dépassons ces conversations de bacs à sable !
Il ne faut pas survaloriser la famille. On ne la choisit pas et on peut très mal tomber.
Il faut s par ailleurs reconnaître ses ennemis et ses amis au sein de la famille comme ailleurs. Et il semble plus sain de développer le le cercle de ses amis que de faire d’avantage d’enfants pour imposer s’a famille aux autres et éviter d’avoir à se faire des amis.
Ils sont trop forts chez LFI ! Pouvoir rester sérieux en étant aussi désopilants sur le fond, c’est très, très fort et ça demande du talent !
Ce n’est pas la France qu’elle déconstruit mais l’humanité telle qu’on la connaît depuis 30 mille ans. Le gauchisme rend donc fou. On s’en doutait, on en a désormais la preuve.
L’humanité n’a pas bougé depuis 30000 ans, et ne doit pas bouger ?