De Gargantua à Dragon Ball : Macron brade l’imaginaire français à Riyad
Emmanuel Macron a décidément le sens du spectacle. À peine le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane arrivé à Paris, le Président a sorti de son chapeau une annonce « hors normes » : six milliards d’euros d’investissements pour trois parcs d’attractions à Cergy-Pontoise, dont l’un consacré à Dragon Ball. À terme, 22.000 emplois sont annoncés. « Du jamais-vu depuis Disneyland Paris », s’enthousiasme le chef de l’État, sur X.
Une annonce hors normes.
Vous connaissez mon intérêt pour les mangas. Vous savez aussi ma détermination à attirer en France les investissements qui créent des emplois et rendent possibles les projets les plus ambitieux.
Avec l’Arabie saoudite, nous faisons une annonce sans…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) August 24, 2026
Six milliards investis en France et des milliers d’emplois, ce n’est évidemment pas rien. Mais Emmanuel Macron a une curieuse façon de mesurer la puissance française. À chaque fois qu’un fonds étranger ouvre son portefeuille, l’Élysée y voit une médaille. À chaque fois qu’un investisseur arrive, c’est donc que la France est attractive. Voilà une conception pour le moins originale de la souveraineté économique.
De Gargantua à Son Goku
Le plus savoureux est que le projet doit s’installer sur l’ancien site de Mirapolis. Ouvert en 1987, le parc avait choisi Gargantua, géant de Rabelais, comme figure tutélaire et puisé dans l’imaginaire français. Fermé en 1991, il pourrait donc renaître avec Dragon Ball comme locomotive. De Gargantua à Son Goku : il fallait toute la subtilité du macronisme pour transformer ce changement de décor en démonstration du rayonnement français.
Pendant que Riyad investit dans la bataille mondiale des imaginaires, la France semble surtout ravie de lui fournir le terrain de jeu. Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, pose la question qui dérange : « Pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous avons sur notre sol français ? » Il rappelait, dans une interview accordée à BV, l’immense réservoir culturel français, de Victor Hugo à Saint-Exupéry, que l’on pourrait mettre en scène.
Le Puy du Fou n’a pas attendu Riyad
En Vendée, une initiative française a grandi autour d’un récit français avant de développer ses propres capacités d’investissement et d’exporter son savoir-faire. Nicolas de Villiers rappelle que le parc emploie, aujourd’hui, 5.000 personnes et affirme l’avoir construit « sans aucune aide de l’État ». Voilà une réussite française qui n’a pas attendu un fonds souverain étranger pour croire à son propre imaginaire.
Matthieu Pigasse veut un Puy du Fou de gauche. Emmanuel Macron veut un Puy du Fou saoudien.
Sans argent public, Philippe de Villiers a pris une ruine et en a fait le plus beau parc du monde. Nos dirigeants ont pris le plus beau pays du monde et en ont fait une ruine. pic.twitter.com/ETjOQdU1Rq
— Sarah Knafo (@knafo_sarah) August 24, 2026
Sarah Knafo a résumé le paradoxe avec une formule qui claque, sur X : « Emmanuel Macron veut un Puy du Fou saoudien. » Elle oppose deux trajectoires : Philippe de Villiers a pris une ruine pour en faire un parc à succès, tandis que « nos dirigeants ont pris le plus beau pays du monde et en ont fait une ruine ». Elle touche un point sensible : à force de célébrer les capitaux étrangers, le pouvoir finit par confondre attractivité et dépendance.
Quand Riyad investit dans l’imaginaire
Le problème n’est donc pas Dragon Ball ni l’investissement saoudien en lui-même. C’est la vision qui se dessine derrière l’opération. Riyad a compris que la culture et le divertissement sont des instruments de puissance. Nicolas de Villiers parle d’une « bataille des imaginaires ». Riyad construit son influence à coups de pétrodollars. La France semble surtout heureuse de constater que ses terrains intéressent les autres.
Emmanuel Macron viendra pourtant expliquer que cette opération démontre combien la France est attractive. Hier, Gargantua racontait la France. Demain, Dragon Ball racontera un univers japonais avec des capitaux saoudiens. Attractive pour développer quel imaginaire et au bénéfice de quelle puissance ?
Le Puy du Fou raconte une autre histoire : partir d’une idée française, investir, prendre des risques, construire un succès et exporter son savoir-faire. Il exporte la France. Macron, lui, semble surtout vouloir importer des capitaux et appeler cela du rayonnement. À force de transformer chaque chéquier étranger en trophée national, Emmanuel Macron finit par poser une question qu’il ne voulait peut-être pas entendre : faire rayonner la France, est-ce attirer le monde chez nous ou être encore capable de faire rayonner la France elle-même ?
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134 commentaires
On a beau s’indigner et dénoncer ce projet de parcs à thème, il est matériellement et juridiquement impossible de s’opposer aux investissements de l’Arabie saoudite à cause de la règlementation européenne.
Un des quatre principes de base de l’Union européenne est la libre circulation des capitaux sur tout le territoire européen (articles 63 à 66 du Traité sur le fonctionnement de l’UE –TFUE- Lisbonne).
Comme avec la Commission bruxelloise il est interdit d’interdire, toute manifestation en France serait réprimée par les préfets, et toute action en vue de faire obstacle à ces investissements saoudiens serait condamnée par les tribunaux français et la Cour de justice de l’UE.
Que Macron ose dire qu’il aime les mangas révèle son niveau intellectuel et son retard mental. En son temps, je pensais déjà que Disneyworld n’a pas sa place en France, mais alors un Dragonball financé par l’Arabie Saoudite, c’est un comble d’horreurs.
Encore une flèche contre la culture française ! Macron se dépêche, il n’a plus que 241 jours pour terminer le travail !
La prochaine fois que je vais entendre M. Macron dire : « Vive la France ! », je crois que je vais rire (de dépit) tellement fort que même lui dans son bureau à l’Élysée va m’entendre malgré les kilomètres qui nous séparent.
M. Macron devrait apprendre à jouer aux échecs ou au jeu de go. Il comprendrait peut-être ce qu’est le gain de territoire et la patience qu’il faut parfois pour arriver à ses fins en détournant l’attention de son adversaire. A mon avis, MBS peut lui apprendre qq trucs à ce sujet …
» Quand la bêtise gouverne , l’intelligence est un délit » ( Henry de Montherlant )
Les Saoudiens devraient garder leurs sous, quand les Iraniens feront ce qu’ils ont dit qu’ils feraient, il faudra des briques, du ciment et des tuyaux pour faire passer le pétrole, c’est comme les armes, ca coute cher…..
Décidément ce président n’a aucune idée de l’intérêt national et il n’a aucune attache charnelle avec la France. C’est un homme de nulle part du moment qu’il y a du pognon dingue à se faire. Sur ce coup là il arrive à trahir deux fois les français, le financement par un pays musulman rigoriste qui ne s’embarrasse pas des droits de l’homme d’un parc d’attraction de culture japonaise qui ne résonnera jamais avec notre imaginaire occidental. Bravo l’artiste! Tout ça sans légitimité réelle auprès du peuple qui s’impatiente de le voir partir.
Six milliards…..La France n’a même pas six milliards pour investir dans des parcs d’attraction ! C’est encore pire que ce qu’on pensait.
« Macron, lui, semble surtout vouloir importer des capitaux ». En bon socialite, il n’a qu’un seul pôle d’intérêt : le fric.
Normal, leur bilan est si mirifique. Jamais la France n’a cumulé autant de mauvais résultats et de chiffres calamiteux dans autant de domaines en même temps, sauf peut-être en période de guerre, mais là les occupants étaient nos ennemis, que l’on a fini au prix de grandes souffrances et du sang par renvoyer chez eux et les dissidents qui les avaient aidés furent systématiquement arrêtés et jetés en prison pour haute trahison. Le pire, alors qu’ils devaient s’enfoncer la tête sous le sable et expier leurs fautes, c’est qu’ils fanfaronnent et donnent même des leçons de à ceux qui n’y sont pour rien. Certains voudraient même poursuivre la démolition sous d’autres noms ou d’autres slogans cette fois-ci révolutionnaires. C’est un scandale sans nom de ceux qui resteront dans l’histoire la plus pitoyable de notre pays fait d’orgueil et d’effronterie.