LFI et les rappeurs, une alliance électorale assumée
À Dijon, c’est l’événement du week-end. Du 28 au 30 août, le Golden Coast Festival rassemble les amateurs de rap à la Combe à la Serpent. Parmi ses têtes d’affiche, un nom attire tous les regards : celui du sulfureux Médine. Une présence qui ne passe pas inaperçue, alors que le natif du Havre entretient depuis plusieurs années une proximité assumée avec La France insoumise.
INFOS PROGRAMMATION ‼️
Suite à l’annulation de leurs tournées d’été pour des raisons indépendantes de notre et de leur volonté, bouss et kery james ne pourront pas se produire à Golden coast.
Pour prendre le relais, nous sommes heureux d’accueillir Kalash Criminel, et Medine ❤️🔥 pic.twitter.com/nPOu3MyBKW— Golden Coast (@GoldenCoastfest) June 29, 2026
Sur place, la droite locale s’époumone. L’élu d’opposition LR Emmanuel Bichot a demandé le retrait de Médine, jugé trop controversé. De son côté, le député RN de l’Yonne Julien Odoul a exigé la suspension des financements publics accordés à l’événement. En vain. Les responsables du Golden Coast contestent toute lecture politique de leur programmation. Son directeur, Vivien Becle, assure même avoir choisi les artistes pour leur musique et non pour leurs convictions...
Des « artistes » ouvertement pro-LFI
Il n'empêche que la collaboration entre Medine et LFI ne date pourtant pas d’hier. En 2023, « l’artiste » avait participé aux universités d’été de La France insoumise à Valence. En 2026, le rappeur aurait été approché pour conduire la liste LFI aux municipales au Havre. Médine a finalement décliné, mais est apparu quelques mois plus tard, à Strasbourg à un « meeting-concert » pro-Gaza en compagnie, notamment, de l'incontournable Rima Hassan.
Au Golden Coast, d’autres noms proches des réseaux LFI sont attendus sur scène : le Marocain Ino Casablanca, qui a appelé à voter Insoumis aux municipales, et la dénommée 2L, qui a participé, le 21 juin dernier, à la fête de la Musique « antiraciste » de LFI, à Paris. Parmi les autres rappeurs plus ou moins fans de Mélenchon, on peut encore citer Theodora. Très populaire auprès d’une certaine jeunesse, elle a appelé en mars ses abonnés à voter pour « la vraie gauche » en citant explicitement La France insoumise. À croire que les accusations de racisme, d’antisémitisme et d’apologie du terrorisme qui visent des membres du parti n’aient d’autre effet que de les rendre plus sympathiques…
Theodora n’hésite pas et s’exprime à propos des élections municipales — 🇫🇷
“Je suis très malade et il y a qu'une seule chose qui pourrait me sauver avant la tournée..
C'est que vous votiez la VRAIE gauche (Lutte Ouvrière, Nouveau Parti Anticapitaliste, La France Insoumise)… pic.twitter.com/7u8bb6brXK
À ce sujet — Le rappeur Médine, antifasciste ou antichrétien ?
— Theodora World 💋 (@THEODORAWORLD) March 16, 2026
De son côté, LFI assume son calcul électoral. Le parti cherche à s’adresser à une jeunesse encore peu politisée mais grande consommatrice de rap. À Dijon, Olivier Minard, responsable LFI local, le revendique : « C’est une stratégie électorale et on ne s’en cache pas », explique-t-il. En toute logique, l’ensemble du parti s’est mis au diapason - si l'on peut dire ! - et se prétend grand fan de rap. Jean-Luc Mélenchon lui-même affirme que ce genre constitue une « poésie moderne ». Député LFI de Haute-Garonne, François Piquemal a jugé bon de citer les rappeurs Jul et SCH à l’Assemblée nationale, pendant les débats sur les retraites. Quant au maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, l’égérie de la « nouvelle France », il a carrément fait une apparition dans un clip de rap, en juillet dernier.
🇫🇷 Bally Bagayoko, the newly elected Malian mayor of Saint-Denis in France, appeared in a rap music video featuring lyrics about “filling my bag” by “snatching bags.”
Follow: @europa pic.twitter.com/UCANh8e069
— Europa.com (@europa) July 24, 2026
Une musique de gauche et anti-France
Il faut dire que, depuis son arrivée en France, le rap est clairement marqué à gauche. Dans les années 90, déjà, IAM et MC Solaar se produisaient à la Fête de L’Humanité. Le genre s’est construit dans la contestation de l’État, la dénonciation de la police et de prétendues discriminations. Il a, ensuite, suivi les évolutions de son public et s’est radicalisé, développant des thèmes de plus en plus haineux : misogynie crasse, homophobie désinhibée, antisémitisme virulent, appel au meurtre des « Blancs » et, évidemment, anti « extrême droite ». On se souvient de cette mise en scène du rappeur Soli où l'on voyait Jordan Bardella exécuté d'un coup de pied.
Après avoir voulu « pendre les Blancs », le rappeur Nick Conrad traite Charles Trenet de « con » ! https://t.co/t69mZs2xex pic.twitter.com/cHJyRpsuiP
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) June 14, 2019
Mais malgré cette réalité établie, le rap continue d’être activement promu par la gauche. Et les conséquences sont désastreuses. Dans une partie croissante de la jeunesse française, les références, codes et « valeurs » véhiculés par le rap tendent à s’imposer. LFI a bien compris la portée de ce processus d’assimilation à l’envers. En se mettant dans la poche des « artistes » prêts à promouvoir dans leurs textes l’idéologie insoumise, le parti d’extrême gauche tient là un nouvel outil d’embrigadement de la jeunesse. Une arme de propagande massive et redoutable.
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