En Anjou, un pèlerinage pour demander la pluie
En cette chaude journée d’été, l’herbe desséchée craque sous les pas des pèlerins qui égrènent leur chapelet. Ce premier jour du mois d’août, une trentaine de paroissiens issus de deux diocèses voisins, celui de Poitiers et celui d’Angers, renoue avec une tradition ancestrale que nous résume l’abbé Jean Gaignard, enfant du village, devenu Père Blanc en Algérie : « Lorsque l’on a besoin d’un temps favorable, on vient prier saint Francaire ! »
Telle est l’expression simple et sincère de la piété populaire, qui s’est peut-être refroidie mais ne s’est pas éteinte, voire tend à renaître, çà et là, dans tous les coins les plus reculés de notre pays. Sècheresse, incendies, fortes chaleurs, Dieu sait si nos agriculteurs aussi bien que les sapeurs-pompiers ont besoin de cette ferveur. Pour preuve s’il en fallait, ce cri désespéré de Cédric Viallemonteil, sur X, éleveur de vaches dans le Cantal : « Priez pour l’élevage français qu’il pleuve rapidement, sinon, beaucoup d’entre nous vont disparaître. Les prairies sont grillées depuis longtemps, il faut acheter du foin, c’est déprimant. »
Priez pour l élevage français qu'il pleuve rapidement sinon beaucoup d entre nous vont disparaitre
Les prairoes sont griées depuis longtemps il faut acheter du foin c'est déprimant pic.twitter.com/cb3RMHsP9K— Cédric (@agric15) July 28, 2026
« Dans le pays accidenté qui donne naissance à la rivière du Layon s’élève, perché sur une colline, le bourg de Cléré », écrivait un abbé Branchereau, dans un opuscule de 1863 dédié à saint Francaire. C’est dans ce petit village viticole de l’Anjou qu’a habité le père de saint Hilaire de Poitiers, docteur de l’Église. Si l’on sait peu de choses sur la vie de Francaire, la tradition nous apprend qu’il « était grand moins encore en noblesse qu’en sainteté de vie ». À quelques pas, seulement, du lieu de l’ancien château du seigneur Francaire coule une fontaine « miraculeuse, dont la source est intarissable même dans les plus grandes sècheresses. On l’appelle la fontaine de saint Francaire, poursuit l’abbé Branchereau, dans son ouvrage. C’est là, dit encore la tradition, le lieu que le saint affectionnait particulièrement et où il venait chaque jour faire à Dieu sa prière. » Et c’est ainsi que depuis des siècles, « c’est un usage dans les paroisses voisines de Cléré, lorsqu’une sècheresse prolongée menace de perdre les biens de la terre et de rendre stérile le travail du laboureur, de venir processionnellement, en chantant des psaumes et des litanies, à la fontaine de notre saint lui demander la pluie qui féconde les campagnes ».
« On redécouvre nos racines »
Voilà pourquoi depuis l’église de Cléré-sur Layon, où se trouve le reliquaire de saint Francaire, la petite colonne de fidèles s’est élancée jusqu’à la petite chapelle érigée trois kilomètres plus loin, sur le lieu de la fontaine. Les pèlerins, la foi chevillée au corps, implorent le Ciel sous la conduite du père camerounais Joseph Beboula, missionnaire du Sacré-Cœur d’Issoudun. Sous un soleil de plomb, marchant derrière la bannière de saint Francaire, Édith sourit, elle nous confie avoir pris son ciré pour la pluie ! Non loin d’elle, Sheila est venue de La Gaubretière, en Vendée. Malgré des épines calcanéennes qui la font souffrir des pieds, elle croit que « rien n’est impossible à Dieu. Cela va marcher, j’offre mes douleurs pour la pluie, pour nos paysans. »
En Anjou, pèlerinage exceptionnel à saint Francaire pour lui demander la pluie pour les agriculteurs et les pompiers. pic.twitter.com/j648sj6TeB
— Iris BRIDIER (@IrisBridier) August 1, 2026
À l’issue de la messe, où une cinquantaine de fidèles avaient rejoint les pèlerins du matin, l’abbé Christian Métais, prêtre du diocèse de Poitiers, se réjouit : « Ici, il y avait des pèlerinages très régulièrement. Aujourd’hui, c’est un peu plus rare, mais l’on commence à redécouvrir cette dimension d’imploration, avec beaucoup plus de bienveillance. » À ses côtés, l’abbé Jean Gaignard renchérit : « On redécouvre nos racines, nous avons besoin d’ancrage. »
Puisse cette tradition populaire de nos campagnes porter des fruits et, surtout, maintenir notre pays dans l’espérance d’une renaissance.
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48 commentaires
Ils peuvent aussi marcher en chantant la « chanson de la pluie » de L’Affaire Louis’ Trio.
Mais, de grâce, qu’ils ne mettent pas trop ..d’eau..dans leur vin !
Pour les contestataires de la Laïcité, (Plus tôt, autour de 8 heures)
Chers adeptes de l’irrationnel:
On ne peut pas prouver , et pour cause, l’existence de ce qui n’est que fantasmes.
Et cependant, les sciences en particulier neuronales, n’ont pas cherché à « prouver » l’inexistences des dieux imaginés, mais elles ont démontré par des dizaines de « preuves » vérifiées, que l’âme », cette invention de croyants et de poètes, ne peut exister.
Il s’agit de la conscience, ou plus précisément de la pensée consciente, généré par les millions de connexions synaptiques qui se font et de défont chaque seconde dans notre cortex.
Ce qui n’est pas encore compris, c’est comment cette mécanique chimio-électrique, très matérielle, produit une pensée qui est, elle, subjective ». Dans son récent ouvrage, Stéphane CHARPIER approche de l’explication, qui serait « intrinsèque », produite simultanément par les potentiels d’action..
Plus d’âme et plus de dieux! et plus de fin du monde et de grande résurrection des CENT MILLIARDS d’humanoïdes, la somme de ceux qui ont déjà vécu sur terre. Une terre dévastée qui bientôt ne pourra plus faire vivre les homos si mauvais Sapiens pour la majorité d’entre eux.
Laïques et antithéistes, nous vous laissons croire… mais vous introduisez un retard criminel dans l’éveil au rationnel scientifique.
Il est intéressant de relier cette manifestation chrétienne aux expériences de Masaru Emoto sur la cristallisation de l’eau par congélation et les effets des prières collectives laïques qui s’y rapportent. Voir : les messages cachés de l’eau, Aime toi, ou encore jeux et joies de l’eau.
A quel saint se vouer contre les incendies de forêts ?
Faire intervenir Dieu plutôt que d’apprendre à connaître les processus de formation des nuages porteurs de pluie, c’est participer à la création de Dieu, des dieux, des divinités, donc dévoiler la façon dont nos cerveaux fabriquent les croyances.
Après tout, pourquoi pas ?
Sait on jamais ??Des fois que ??
Tradition ancestrale ? tiens tiens n’y a t-il rien de neuf dans ces changements climatiques ordinaires pour la planète terre qui n’a jamais été un astre tranquille sauf pour les nouveaux écolos et autres incultes qui ne supportent plus rien, bien que s’étaler sur une plage en plein soleil caniculaire ne pose aucun problème.
Va pour Francaire, s’il se montre incompétent, on élira un autre saint pour administrer le climat.
Mais est il encore compétent avec le dérèglement climatique ? Il n’y a pas une sainte , voire une déesse de la pluie pour supprimer les intermédiaires à notre époque moderne ?
A Paris quand on veut quelque chose, par exemple prier pour la paix, on fait un pèlerinage de la place de la bastille à la place de la république. L’important c’est de ne pas rester assis les bras croisés.