La Sablière, témoin unique de l’histoire lyonnaise menacé par l’urbanisation
C’est l’histoire d’un petit-fils qui se bat et se débat avec l’administration depuis 2023 pour protéger la maison de sa famille, témoin privilégié de l’histoire lyonnaise et nationale. À Caluire-et-Cuire, Maxime Dehan, avec son collectif « Les Amis de la Sablière », mobilise les acteurs locaux, la presse et rassemble les signataires « dans une lettre collective de soutien réunissant des personnalités qualifiées — parlementaires, universitaires, chercheurs, historiens de l'art, spécialistes du patrimoine, associations et élus — dont les compétences ou les responsabilités sont susceptibles d'éclairer favorablement la décision de Madame la Ministre de la Culture », explique-t-il, à BV, afin d'inscrire la propriété de ses grands-parents aux monuments historiques et protéger ainsi la Sablière, cette maison entourée d’un jardin architecturé de 3.500 m2 sur les hauteurs du Rhône et face à Lyon, de l’avidité des promoteurs.

Photo @La Sablière / Maxime Dehan
La Sablière, témoin unique de l'histoire locale et nationale
La Sablière est un véritable trésor pour les férus d’histoire et de patrimoine : les ancêtres de Maxime Dehan, Louis et Marie, étaient des soyeux lyonnais : « C’était une maison des champs où ils vivaient en autarcie à moins d’une journée à cheval de Lyon », raconte, au Parisien, l’ingénieur informaticien. Dans la lettre écrite par le collectif « Les Amis de la Sablière » dont il est le président, on découvre l’histoire si riche du domaine, un témoignage historique et patrimonial d’autant plus précieux que « la Sablière constitue aujourd’hui le dernier ensemble conservé, à proximité immédiate de Lyon, d’une maison de soyeux lyonnais demeurée pleinement lisible dans toutes ses dimensions : la maison, avec ses pièces historiques, ses archives conservées depuis la Révolution documentant toute son évolution, ses collections d’art et ses jardins architecturés à l’italienne, formant un tout cohérent, documenté et remarquablement préservé ».

Photo @La Sablière /
Maxime Dehan
Un jardin botanique cerné par le béton
Aujourd’hui, la propriété est cernée par l’urbanisation galopante : elle « est située sur un secteur qui est extrêmement demandé, que ce soit par des acheteurs, par des promoteurs, par tout investisseur », explique Maxime Dehan, à BV. « La Sablière est entourée par le béton » et, si la propriété est vendue, « qui peut nous assurer que le repreneur, par la suite, conservera l'intégrité architecturale, paysagère du site sans règles de protection ? », s’interroge-t-il. D’autant que la Sablière est un véritable poumon vert dans cet ensemble ultra-urbanisé. Son jardin botanique, surnommé « le Petit Parc de la tête d’or* », est aussi le fruit d’un travail acharné du grand-père de Maxime Dehan, Louis Grognot, le « propriétaire actuel né à la Sablière [qui] a fait du jardin l’œuvre de toute une vie », explique la lettre du collectif.
« Un patrimoine vivant, transmis et habité »
Un travail opiniâtre qui a fait « de ce lieu un patrimoine vivant, transmis et habité » et le témoin d’un rayonnement économique et culturel, puisqu’il est « non seulement le dernier témoignage d’une maison de soyeux lyonnais à proximité immédiate de Lyon, mais également l’une des rares maisons d’artistes en Auvergne-Rhône-Alpes », lit-on encore. La Sablière est d’ailleurs d’ores et déjà ouverte au public lors des Journées européennes du patrimoine, notamment, et reconnue par « de nombreux articles, reportages et émissions [qui] ont été consacrés au site ces dernières années, témoignant d’un intérêt médiatique constant et d’un large soutien du monde culturel, scientifique et associatif ».
Une lettre collective pour interpeller le ministre...
Alors, comment expliquer que la Sablière essuie des refus depuis 2023 ? Maxime Dehan raconte à BV que la seule réponse reçue alors à leurs demandes tenait « en une ligne » jugeant « la qualité de l'ensemble insuffisante au regard d'une protection monument historique ». Une réponse bien insatisfaisante et qui semble vraiment incongrue, compte tenu du dossier et des soutiens de la Sablière. Pourtant, les recours et les nouvelles tentatives n'ont pas été fructueux. Ainsi, la lettre précise l’échec « de l’inscription au titre des Monuments historiques par la DRAC et la préfecture », mais aussi le « refus de toute protection au plan local d’urbanisme par la métropole de Lyon et la préfecture », et même qu’aucune « solution alternative [n'a été] proposée ». Aussi, le but de la lettre, signée par « un certain nombre de personnalités universitaires, historiens de l'art, élus, associations patrimoniales, personnalités culturelles », et en cours de signature jusqu'à fin juillet, est d’interpeller le ministre sur cette situation incompréhensible par bien des aspects, et de lui demander de réexaminer le dossier de la Sablière.
Sur l'urgence de cette situation incompréhensible
C’est qu’il y a urgence : les grands-parents de Maxime Dehan, actuels propriétaires, ne rajeunissent pas et lui-même sait qu’il ne pourra matériellement pas reprendre cet héritage à la fois familial mais aussi patrimonial et historique. Alors, cette lettre demande « solennellement [à Catherine Pégard] d’envisager la signature en urgence d’un arrêté d’inscription au titre des Monuments historiques portant sur les jardins de la Sablière, mesure aujourd’hui indispensable pour garantir leur préservation dans leur intégrité architecturale, botanique et paysagère » pour « mettre fin à une situation de vulnérabilité juridique totale » tout en « reconnai[ssant] officiellement un patrimoine déjà largement documenté et reconnu » et en « honor[ant] le travail de transmission mené depuis des décennies par le propriétaire du domaine, aujourd’hui très âgé, soucieux de léguer ce lieu aux générations futures ».
À BV, Maxime Dehan confie vouloir adresser un appel à Stéphane Bern, parce que, dit-il, non seulement ce dernier est né à Lyon mais qu'en plus, il en est certain, avec son soutien, « tout sera débloqué » !
* Le parc de la Tête d'or, l'un des plus grands de France (plus de cent hectares), est le grand parc urbain de Lyon, non loin des bords du Rhône.
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8 commentaires
Quand on donne 23 milliards à l’Afrique la même semaine où Chambord a besoin de 37 millions pour éviter l’effondrement, l’état fait quoi? Il demande des dons pour Chambord tout en refusant l’aide de 100 millions du puy du fou. Les centro-islamo-gauchistes sont de l’extrême gauche et le patrimoine du pays les gêne profondément puisqu’il bloque la déconstruction du pays donc sa destruction.
On a un président qui nous dit que la France n’a pas d’histoire et que certains tentent par tout les moyens d’effacer notre patrimoine j’ajoute que cette propriété représente tout ce que la gauche honnie, les riches soyeux de Lyon des patrons qui se sont enrichis sur le dos des travailleurs donc à part trouver des partenariats privés le sauvetage de ce lieu de souvenir ne sera pas.
« éclairer favorablement la décision de Madame la Ministre de la Culture »: il n’est pire aveugle que celui qui ne veut voir.
En plein accord avec Schmitt ! Le raisonnement qui voudrait que l’on se sépare du patrimoine historique du fait de son coût vise à brader notre histoire. C’est inadmissible ! Notre histoire, notre patrimoine, notre culture sont nos racines. Ces dernieres sont notre trèsor inaliénable.
Ben oui ; rachetons toutes les propriétés interessantes. Ca tombe bien l’état a plein d’argent à dépenser
Si le maire écologiste Grégory DOUCET lorgne sur le domaine ne m’étonnerait qu’à moitié
Et quoi encore ? C’est une propriété privée, si le propriétaires ne savent plus l’entretenir, qu’ils la vendent !
Ca suffit de faire payer les nicolas !
Avec un tel raisonnement, notre patrimoine historique n’a plus qu’à disparaître si vous trouvez que le béton c’est mieux !