Fermer les écoles en juin pour faire classe en juillet ? L’étrange logique d’Édouard Geffray
Alerte canicule. En Franche-Comté, les parents sont invités à garder les enfants chez eux s’ils peuvent. À Reims, les écoles sont fermées ce lundi. À Bergerac, les élèves n’auront classe que le matin… Ces quelques exemples ne font pas figure d’exception. Ce lundi, « 845 écoles et collèges sont fermés en France » et 1.800 autres établissements adaptent leurs horaires, comme annoncé à France 3 par Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.
La mesure est évidemment indispensable puisque, dans certains établissements scolaires, le thermomètre monte jusqu’à 37 degrés. Elle tranche avec la déclaration faite par ce même ministre, quelques mois auparavant : « La durée idéale pour des vacances d'été serait entre 4 et 6 semaines. »
Une idée fondue
Vouloir garder les enfants l’été de 2 à 4 semaines de plus alors que, dès la mi-juin, les écoles ferment à cause de la chaleur, est-ce vraiment cohérent ? Évidemment non ! Et d’autant moins que le gouvernement rebat à longueur d’année les oreilles des Français avec le réchauffement climatique.
Depuis 2003 et la première vraie canicule, le sujet a pris une place centrale, dans le débat public. Pour quoi faire ? Pour sucrer un jour férié chrétien aux travailleurs. Les injonctions étatiques en faveur de l’isolation thermique ne sont apparemment valables que pour les particuliers. L’État ne s’applique pas ses propres règles en matière de performance énergétique.
Résultat : chaque année, les écoliers souffrent de la chaleur et les établissements scolaires, service public par excellence, tentent de trouver des solutions à la va vite quand le mercure explose. Ici, des couvertures de survie sont installées sur les vitres ; là, elles sont badigeonnées de blanc de Meudon ; ailleurs, les enseignants apportent leurs ventilateurs personnels… Partout, le système D se met en place.
Pourquoi n’y a-t-il aucune anticipation alors que le sujet de la canicule est un marronnier ? Pourquoi attendre le 15 juin pour se rendre compte que rien n’a été fait, ou presque, et devoir procéder à des aménagements de fortune ? « Gouverner, c’est prévoir », disait Émile de Girardin. Il faut croire qu’il se trompait. Depuis quelques années, gouverner, c’est écoper, gérer les crises, ne pas voir plus loin qu’aujourd’hui.
Édouard Geffray en a fait la démonstration, en février dernier, quand il a proposé d’augmenter le temps d’école en rognant sur les vacances d'été pour relever le niveau scolaire. Bien au chaud dans son petit pull en laine, il ne pensait plus à l’été et à ses fortes chaleurs. Force est de constater que la réalité du mois de juin rattrape ses grandes idées. Les a-t-elle anéanties ? BV a contacté le ministère de l’Éducation nationale pour le savoir. Nos questions sont pour l'instant restées sans réponse. Édouard Geffray doit être en plein dilemme.
Une idée sans fondement
L'idée des vacances d'été rikiki est inenvisageable, faute d’écoles suffisamment rénovées et équipées. Par ailleurs, aucune étude n’est parvenue à démontrer que cette réforme pourrait avoir un impact positif sur le niveau des élèves. Notons, également, que les enseignants ne veulent pas en entendre parler.
Ce n’est pas la première fois que le ministre de l’Éducation fait une proposition qui n’a ni queue ni tête ou, en tout cas, dont l’intérêt est modéré. La formation des élèves de seconde à l’IA à partir de la rentrée 2027 ou l’institution d’un âge plancher pour passer le baccalauréat sont des exemples parmi tant d’autres. Édouard Geffray brasse de l’air mais, même en cette période de forte chaleur, il est difficile de s’en satisfaire.
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52 commentaires
Ne pas voir plus loin qu’aujourd’hui ou au grand maximum le temps d’un mandat.
Celui là faut le garder sous cloche,donc départ des grandes vacanses le 15 juin ou c’est le début de la canicule et arrét le 1 aout fin de la canicule,et début du froid d’hivers,comme chacun le sait aout,septembre il commence à faire froid,oui oui demander au ministre de l’éducation lui il le sait?