100 % pur porc : Breizh Kebab, l’anti–Master Poulet lorientais

À Lorient, le kebab au porc breton séduit les défenseurs de la culture locale.
Photo de Alexander Milssur Unsplash
Photo de Alexander Milssur Unsplash

Salade, tomate, oignon. Ces trois mots font indéniablement penser au kebab. Ils sont, avec le pain, la sauce et la viande, les ingrédients de base de ce sandwich venu de Turquie et dont raffolent les Français. Ce dernier composant, mariné et cuit sur une broche, est normalement constitué d’un mélange de veau, d’agneau et de poulet. À Lorient, au 33, avenue de La Perrière, il en est autrement. Là, le kebab est local, donc Breizh, et au porc.

Contrairement à ce que certains laissent entendre sur les réseaux sociaux, il ne s’agit en aucun cas, pour la famille Manso qui tient l’échoppe, d'« emmerder les Arabes ». C’est encore moins une modification de recette réalisée « par haine de l'étranger ». Le Breizh Kebab est né au Festival interceltique de Lorient (FIL). Paola, Pietro et Kylian Manso tiennent un stand à l’occasion de l’événement. Ils vendent des kebabs classiques et ne manquent pas de clients. Si bien qu’un jour, la marchandise vient à manquer. Leur fournisseur n’est pas en mesure de les approvisionner. Il propose une solution de remplacement. Ce plan B, c’est du porc.

100 % pur porc

Durant tout le FIL, le stand ne désemplit pas. Forts de ce succès, les Manso envisagent l’ouverture d’une boutique. C’est ainsi que, le 30 avril dernier, Breizh Kebab voit le jour. Le succès est de nouveau au rendez-vous.

En réalité, la famille Manso n’a rien inventé et ce n’est pas, non plus, une histoire digne des sœurs Tatin, car même s’il est peu répandu en France, le kebab à base de porc existe déjà. Il s’agit d’une recette traditionnelle grecque nommée gyros. Cela n'enlève évidemment rien à leur réussite et cela n'empêchera pas, non plus, deux clans de s’affronter.

D’un côté, les défenseurs de la recette turque ; de l’autre, ceux qui ne jurent que par ce qui est local et trouvent tout à fait légitime d’utiliser du porc, sachant que la Bretagne est la première région productrice de France. D’un côté, ceux qui ne mangent pas de porc ; de l'autre, ceux qui ne veulent pas le voir disparaître des assiettes françaises au nom d’une prétendue inclusivité vis-à-vis des musulmans et des Juifs.

100 % identitaire

Certes, les Bretons ont tendance à tout bretonniser (le cola, les chips…), mais difficile de se cacher derrière l’hermine pour ne pas voir que cette recette est bien plus qu’une histoire d’appropriation régionaliste. Elle est évidemment, pour certains, l’expression d’un combat identitaire et culturel.

D’une certaine manière, Breizh Kebab est l’anti-Master Poulet. Le porc contre le 100 % halal. L’ancrage régional contre la nouvelle France. Les Gaulois réfractaires contre les promoteurs de l’islamisation de la France. Une civilisation contre une autre ? Sans cet antagonisme, un petit kebab de porc lorientais dans la masse des douze mille kebabs implantés en France ne ferait pas tant de bruit.

Le problème, dans cette affaire, n’est rien d’autre que le porc. Le respect de la recette originale du döner n’est qu’un prétexte pour décrier ce commerce. Pour preuve, lorsqu’à Marseille, le restaurant Catherine a mis à sa carte un kebab au poulpe, aucune voix hostile ne s’est élevée.

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Le porc français, chassé des jambons ( notamment Fleury Michon) , va devoir se réfugier dans les sandwichs « grecs »( kebab et gyros)?

  2. Le porc qu’on pense breton vient souvent d’Allemagne. Le grand remplacement porcin n’est pas un sujet bien prévalent sur Boulevard Voltaire qui a d’autres porcs à fouetter. Le jambon Fleury Michon par exemple, qui évoque le sud Bretagne ( la Vendée) est de plus en plus à base de cochons élevés outre Rhin ( quand ce n’est pas à base de haricots…).

  3. Le mélange et la diversité doivent s’imposer partout. Il faudrait un peu de poupe aussi dans le kebab et les bretons n’auront plus besoin d’aller se faire chez les grecs.

  4. Comment les Toulousains vont ils accueillir le cassoulet pur mouton ? Sûrement très bien, le cassoulet de la mer ne pose pas de problème.

  5. Macron a bien raison de dire qu’il n’y a pas de culture culinaire française. A défaut vive le street food, et en particulier le kebab dont boulevard Voltaire fait la promo.

  6. Une élue musulmane peut venir voilée à un conseil municipal, mais un catho n’as pas le droit d’y venir avec une croix. On peut faire des kebabs au poulet ou au poulpe, mais interdit d’en faire au porc. Les banquets du Canon Français doivent être interdits parce que l’on y sert du porc.
    Et bientôt, interdiction de la choucroute, du cassoulet, de la potée, de L’andouillette, du saucisson, du boudin. Fini le sandwich jambon beurre ? Amis musulmans mangez ce que vous voulez, coucous, tajine, breiks etc…que, nous, nous apprécions aussi, mais lachez nous avec notre porc. Si vous n’aimez pas ça, n’en mangez pas. Il y a en France suffisamment de plats sans porc pour réjouir vos papilles sans que, en plus vous vouliez, chez nous, nous interdire de manger que nous voulons.

    • Pour un musulman, l’important n’est pas la gastronomie, mais la conquète et l’imposition de sa propre volonté par la force.

    • Je constate aussi l’envie de nous faire cesser de boire du vin. Des articles genre « genre est-ce que c’est si bon que çà », des slogans genre « c’est aussi de l’alcool »,  » les Français boivent de moins en moins de vin » donné par la télé lors d’une « enquête » sur le sujet. Il y a certainement quelque chose derrière toute cette orientation mais je ne sais pas, à part un courant de clientélisme…

  7. C’est très bien, on est libre d’aimer le cochon sans faire offense à quiconque, mais il est inutile de nous raconter une fable, comme par hasard les français deviennent tous d’un coup fans du porc, c’est vrai que c’est moins cher que l’agneau mais quand même il doit bien y avoir là-dessous une petite idée cachée, mais ne nous excusons pas nous sommes des gaulois et ne voulons pas changer ni nos habitudes millénaires, ni notre religion, ni notre civilisation.

  8. Paola, Pietro et Kylian, pour la promotion du ‘Street Food » typiquement breton, à défaut de ne pas manquer de clients ça ne manque pas de piments. A « Caen » le burkini de Cancale

  9. J’adore et on en mange tous. D’aiileurs au restos du coeur quand je donne…ce sont des boîtes de cassoulet pur porc. Les demandeurs en raffolent!

  10. Cette façon d’accepter le nom arabe, kebab, de copier la recette (empilage de morceaux peu nobles et de gras, qu’on déposerait sur le rebord de notre assiette si l’on avait le choix), de se nourrir à la bédouine et non à la française avec les acquis de notre civilisation, constitue une régression et une soumission.
    Votre publicité pour votre kebab au porc nous montre une fausse route, une impasse.
    Notre réarmement intellectuel contre l’islam(isme) en France exige d’autres choix et d’autres efforts que ces singeries.

    • Bien tout du kebab au canon français?
      Boulevard Voltaire tombe dans la soumission sans s’en rendre compte ?

  11. Idée géniale ! J’adorerais tester et pourtant je n’aime pas les kebabs… Vive la Gaule, les Gaulois et le cochon ! … et mes hommages à la Bretagne que je n’ai pas revu depuis quelques années.

  12. Ça n’est pas du local. Le kebab n’a rien de breton même avec du porc. je trouve ça plutôt hypocrite et clienteliste. D’autant qu’avant ils faisaient des kebabs « traditionnels », donc la viande était halal je suppose. Et bien moi je ne les félicite pas.

    • Au cas où le terme « kebab » serait déposé avec une recette établie à suivre, ils seraient en tort. mais ce n’est pas le cas. Tant qu’on n’interdit pas le vrai kebab sans porc, où est le problème ? on ne devrait même pas parler de ça, car c’est en en parlant qu’on en fait un problème.

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