Entretien - Attaque à Marseille

Emmanuelle Duverger-Ménard : « Les seuls martyrs sont ces deux jeunes filles assassinées ! »

Journaliste et essayiste

Députée de l'Hérault. Directrice de publication de Boulevard Voltaire

 

Sonia Nour, une salariée communiste de la mairie de La Courneuve, s’est attiré les foudres des internautes en appelant « martyr » un terroriste de Daech. Que vous inspire cette saillie ?

Je suis absolument sidérée par la réaction de cette personne. Je ne crois pas qu’on puisse confondre un terroriste islamiste avec un martyr. J’ai également vu qu’elle a été soutenue par la suppléante de François Ruffin qui « apporte tout son soutien à Sonia Nour, victime des attaques de la fachosphère et de la gauche cassoulet ». Il faudra que l’on m’explique, d’ailleurs, ce que signifie ce terme de gauche cassoulet. Je suis stupéfaite de la confusion totale dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Deux jeunes filles sont encore tombées sous les coups du terrorisme islamiste. Les seuls véritables martyrs, ce sont ces deux jeunes filles assassinées.

Une bévue sémantique qui n’est pas sans rappeler la sortie remarquée de la députée Insoumise Danièle Obono réfutant la radicalisation des chauffeurs de bus refusant de serrer la main aux femmes, préférant employer le terme « sexisme »…

Ils vivent surtout totalement à côté de la plaque. Je crois qu’ils n’ont pas compris que dans « islamiste », il y a « islam », même si, évidemment, tous les musulmans ne sont pas des terroristes, bien au contraire ; je l’ai encore rappelé dans l’Hémicycle cette semaine. Mais ces terroristes se réclament de l’islam, il faut donc arrêter de chercher des excuses à ces gens qui ont une lecture folle furieuse de leur religion. Il faut prendre des mesures fortes.

À propos de gauche, Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu’il était favorable au fait de retirer le drapeau européen de l’Assemblée nationale. Qu’en pensez-vous ?

Moi, je ne suis pas d’accord. On peut ne pas aimer l’Europe sous sa forme actuelle et dans le fonctionnement de ses institutions. Les institutions et leurs dysfonctionnements antidémocratiques sont réels. Il n’empêche que l’Europe est un fait. Nous sommes français, mais nous sommes aussi européens.

Ce discours accablant l’Europe de tous nos maux est une lecture exagérée qui ne va pas dans le bon sens. Si la France passe avant tout, la solution ne réside pas dans l’absence du drapeau européen de nos frontons et de nos mairies.

Députée de l'Hérault. Directrice de publication de Boulevard Voltaire

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