Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - Politique - 7 décembre 2018

Robert Ménard : « La France des gilets jaunes, comme la France des crèches de Noël, craint pour son identité, pas que pour son pouvoir d’achat »

Comme l’année dernière, une procédure judiciaire est lancée contre la mairie de Béziers à la suite de l’installation de la crèche de Noël.

Le maire Robert Ménard s’insurge contre cet « acharnement » du préfet de l’Hérault, alors que cette tradition semble avoir le soutien massif des Biterrois.

Comme l’année dernière, la ville de Béziers est sujette à une procédure judiciaire après avoir installé une crèche. Que pensez-vous de l’acharnement de l’État à l’encontre de la crèche de Béziers ?

C’est invraisemblable ! C’est ce que je n’ai cessé de dire depuis quelques jours. Comme sl il n’y a pas d’autres urgences pour le préfet de l’Hérault que la crèche de Béziers. On nous poursuit en référé, comme s’il y avait un trouble imminent à l’ordre public. On se moque du monde !
Ce même préfet distribue au moment de l’Aïd, un document sur cette fête réalisé avec le concours d’organisations musulmanes. La crèche de Béziers serait une horreur absolue qu’il faut poursuivre, mais distribuer un document sur l’Aïd dans les bureaux de la préfecture de l’Hérault ne poserait pas de problèmes. Je ne parle même pas de la rupture du jeûne, qui n’émeut personne et qui coûte les yeux de la tête à l’Hôtel de Ville de Paris.
Tout ceci est le fait de laïcards qui confondent une laïcité ouverte avec une attitude rétrograde et une défense acharnée et obtuse de la loi de 1905.
Les Biterrois, eux, ont tranché. Lors de l’inauguration, ils étaient des centaines. Tout au long de la journée, les gens sont nombreux à venir regarder la crèche et à apposer sur le livre d’or qu’ils sont heureux de son existence. L’an dernier, ils étaient plus de 20.000.

Benjamin Griveaux a rappelé, il y a quelques semaines, la différence entre pays réel et pays légal. Retrouve-t-on cette opposition dans cette crèche ?

Absolument. C’est l’oubli par certains de ce qu’ils sont eux-mêmes. Ces gens expriment une espèce de haine d’eux-mêmes, alors que le pays réel vient regarder cette crèche les yeux émerveillés . Ces gens sont contents de voir leurs enfants trépigner devant la crèche, devant notre propre histoire.
Au fond, la crèche c’est un autre visage des gilets jaunes. C’est le goût de ce pays, de ce qu’il est , de son Histoire et de cette civilisation. C’est tout cela à la fois.
Quand je discute avec les gilets jaunes à Béziers, c’est ce qu’ils défendent chacun à leur manière.

Retrouvez-vous cette angoisse identitaire chez les gilets jaunes ?

La France des gilets jaunes ou la France des crèches de Noël ne craint pas seulement pour son pouvoir d’achat, mais aussi pour son identité. C’est bien plus profond que cela. Elle a le sentiment que les élites, c’est-à-dire, les hommes politiques, les syndicats et la presse la trahissent systématiquement. Elle en a assez. Je reçois des gilets jaunes tous les jours à l’hôtel de ville. Quand je discute avec eux, ils me disent : «  On existe et on veut que l’on nous respecte dans ce que nous sommes. »

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