Culture - Editoriaux - Table - 4 mars 2018

Marlène Schiappa veut une loi simplement comme alibi de son féminisme

Marlène Schiappa le voulait, des parlementaires l’ont fait. En effet, face à des gestes déplacés, des sifflements, des remarques obscènes, ceux-ci préconisent la création d’une infraction d’« outrage sexiste » sanctionnant dans l’espace public « tout propos, comportement ou pression à caractère sexiste ou sexuel » par une amende immédiate de 90 euros, selon un rapport consulté par l’AFP.

Une telle contravention de 4e classe est-elle facile à mettre en place ? Non seulement elle ne l’est pas, mais elle peut même avoir un effet inverse.

On se souvient que le collectif de femmes créé à La Chapelle-Pajol pour dénoncer un harcèlement de rue systématique avait fait appel à la « mairesse » de Paris. Une manière de reconnaître que, dans certains lieux, il est difficile pour elles de se promener sans essuyer d’insultes. Or, le problème, plus que juridique, est culturel.

En effet, quelle efficacité peut avoir la répression pénale dans des quartiers – à Paris, en banlieue et, plus largement, dans nombre de cités en France – qui sont devenus des zones de non-droit, de non-République et, pour tout dire, de non-France ?

Quelle efficacité aura cette loi face à de jeunes migrants clandestins – l’immense majorité est composée de jeunes hommes – pour qui le respect de la femme n’est pas toujours la première des coutumes ? Débarquant de pays où les femmes qui se respectent sont recouvertes de la tête au pied, les voilà projetés dans un monde où jupes courtes et corsages s’affichent à tous les coins de rue.

Alors, ces femmes habillées de façon si légère ne sont-elles pas des femmes faciles ? Apparemment, Mme Schiappa devait vivre sur une autre planète lorsque furent commis les viols du Nouvel An 2016 à Cologne.

Comment les policiers vont-ils pouvoir appréhender un siffleur, un insulteur ou un frotteur, et comment lui demander de décliner son identité en lui remettant une contravention à payer immédiatement de 90 euros alors que l’intéressé n’a pas un centime, ne parle même pas le français et… n’a pas de papiers ? Cela est impossible et l’envisager est absurde et risible. Mme Schiappa doit toujours vivre sur une autre planète.

Pour ce qui est des bandes de banlieues louvoyant dans le métro, c’est encore pire. Car ces allochtones se feront un plaisir de narguer les filles, même en présence de forces répressives. En effet, comment des personnels assermentés pourront-ils affirmer qu’il y a eu propos ou comportement sexuel coupable quand les membres du clan témoigneront, a contrario, qu’il ne s’est rien passé. Comment croire, de plus, qu’une femme aura le courage de se mettre à dos ces « racailles » alors qu’elle sait très bien qu’elle a toutes les chances de les recroiser un jour dans le métro ?

Il ne restera plus, aux policiers, qu’à laisser tomber l’infraction et perdre, ainsi, la face. Et je ne parle même pas des actes (les plus nombreux) commis en l’absence des forces de l’ordre.

En conclusion, on le voit bien, Marlène Schiappa est dans un véritable déni de réalité. Elle veut élaborer une loi qui, inapplicable, ne lui servira que d’alibi pour attester de son féminisme. Moralité : ce n’est pas demain que les incivilités sexistes ou sexuelles cesseront dans les quartiers sensibles et les rames de métro.

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