Economie - Editoriaux - Médias - Politique - Société - 27 mars 2018

Le marché des produits bancaires dérivés : un hyper-casino dont la banque va sauter !

Jay Powell vient d’augmenter de 0,25 % les taux d’intérêt de la Fed aux États-Unis et envisage de les augmenter encore trois fois en 2018. Le krach est pendant, d’autant plus que le risque systémique caché des produits bancaires dérivés n’est pratiquement jamais mentionné dans les médias.

Malgré le laxisme de la création monétaire massive par les banques centrales et une dette mondiale qui a doublé pendant cette dernière décennie, la croissance économique a été très faible. La dette mondiale officielle s’élève aujourd’hui à 250.000 milliards de dollars ; les engagements non provisionnés dans les bilans représentent un montant équivalent ; quant aux produits dérivés des banques dans le monde, ils atteignent le montant faramineux de 1.500.000 milliards de dollars, soit un passif global de 2 millions de milliards de dollars. Le PIB mondial s’élevant à 80.000 milliards de dollars, il en résulte que le passif mondial représente 2.500 % du PIB mondial.

Le marché des produits dérivés n’est qu’un jeu bancaire pour des experts spécialisés qui consiste à parier de l’argent sur l’évolution d’une valeur ou sur un événement dont l’issue est incertaine (valeur à terme d’une action, d’une obligation, d’un indice financier, du bitcoin…). Ce n’est donc qu’un hyper-casino mondial virtuel tout à fait comparable aux casinos de jeux dans nos stations thermales, mais il se trouve que la « banque » de cet hyper-casino a de fortes chances de « sauter » !

Les revenus des produits bancaires représentent, pour de nombreuses banques, la plus grande partie de leurs revenus avec des manipulations très fréquentes. Et si la valeur d’un produit dérivé repose sur l’évaluation d’un actif financier sous-jacent, sa solvabilité ne repose que sur la solidité financière de la banque, contrepartie qui peut être mise en cause non seulement par le jeu lui-même (Jérôme Kerviel et la Société générale) mais aussi parce que la contrepartie serait victime du non-remboursement de ses créances douteuses ou d’un krach des actions, immobilier, obligataire, prêt hypothécaire (Lehman Brothers et la « crise des subprimes »).

Quant à l’importance du marché des produits dérivés, sa valeur représente 1.070 fois la valeur de l’or détenu par l’ensemble des banques centrales dans le monde, soit 1.400 milliards de dollars. Les fonds propres de la Deutsche Bank, JP Morgan Chase et Citibank représentent respectivement seulement 0,15 %, 0,6 % et 0,5 % de leurs engagements sur les marchés des produits dérivés.

Le monde bancaire et financier danse sur un trop grand nombre de volcans, 2008 nous ayant déjà donné un petit aperçu ; la situation ayant continué de se détériorer après l’extinction de l’incendie par des prêts et des garanties d’État, au-delà des propos médiatiques lénifiants. C’est ainsi que les six banques centrales ayant pratiqué après 2008 l’assouplissement quantitatif monétaire – Fed, BCE, Banques du Japon, d’Angleterre, de Suisse et de Suède – détiennent aujourd’hui 15.000 milliards de dollars d’obligations et d’actions à l’actif de leurs bilans, tandis que les dettes publiques souveraines de leurs gouvernements respectifs ont doublé pour atteindre le chiffre astronomique de 45.000 milliards de dollars.

Aux États-Unis, 2018 se présente exactement sous les mêmes auspices (en pire) que 2008 ! La dette des ménages est excessive par rapport à leurs revenus et le marché immobilier trop cher n’est qu’une bulle de plus. Le pouvoir d’achat des ménages américains est même inférieur de 6 à 7 % à celui de 2008, tandis que la Fed devrait encore relever plusieurs fois les taux en 2018 pour éviter une surchauffe.

Même le Japon, suite à l’impression phénoménale de monnaie, à sa dette démentielle, commence à prendre peur et souhaiterait mettre fin au laxisme. La Banque du Japon, premier détenteur d’actions, achète aujourd’hui pratiquement la totalité de la dette émise par le pays.

Le marché des produits bancaires dérivés pourrait donc provoquer la première étincelle de l’explosion financière à venir du Système, mais il constituera plus vraisemblablement l’explosion finale apocalyptique, suite à une réaction en chaîne initiée par un krach mondial obligataire ou des actions, par la faillite d’une grande banque italienne détentrice de créances douteuses irrécouvrables ou par le défaut de l’État italien en raison d’un changement de politique de la BCE !

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