Editoriaux - International - Politique - 27 mars 2018

Italie : vers un gouvernement d’union

Au soir de ce samedi 24 mars, un accord est intervenu entre les deux formations politiques victorieuses aux dernières élections : la Ligue et le Mouvement 5 étoiles. Il préfigure très probablement un accord plus vaste qui dotera sans doute l’Italie, bien plus vite qu’annoncé par les commentateurs, d’un gouvernement de résistance anti-Bruxelles.

Le Mouvement 5 étoiles a conclu un accord avec la coalition droite libérale/droite nationale pour faire élire l’un des siens à la présidence de la Chambre des députés, en votant en échange pour un membre du parti de Berlusconi mais non choisi par lui… Roberto Fico (tendance gauche) a ainsi été élu à la présidence de la Chambre des députés par 422 voix sur 620, pendant que Maria Elisabetta Alberti Casellati, 71 ans, devenait la première femme, malgré un autre choix de M. Berlusconi, à présider le Sénat italien (240 voix sur 319). Ceci confirme le crépuscule politique de M. Berlusconi.

Ces majorités imposantes qui représentent 70 % du pays rendent plus que probable la constitution rapide d’un gouvernement. Seule inconnue : qui de M. Salvini (Ligue) ou M. Di Maio (M5S) le présidera ? On saura alors quelle sera l’orientation de l’Italie vis-à-vis de Bruxelles. Vraisemblablement très critique.

Au demeurant, le souverainisme de la Ligue n’est nullement incompatible – bien au contraire – avec l’orientation sociale anti-système de M5S. D’ailleurs, dès ce lundi 26 mars, Luigi Di Maio, le très jeune député et leader de 31 ans, dont le parti est surtout fort dans la moitié sud du pays qui se sent délaissée, a insisté sur l’importance des revendications majeures de son programme. Il vient d’en rappeler les priorités : baisses d’impôts, maintien du système de retraites, mesures en faveur des familles, lutte contre le chômage des jeunes. Autant de mesures qui vont à l’encontre des préconisations budgétaires de Bruxelles, ce qui ne dérangera donc nullement la Ligue.

Dans un semaine à présent (à partir du 3 avril), le président italien, Sergio Mattarella, désignera le futur chef du gouvernement d’union.

Après le Royaume-Uni, la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, l’Autriche, les USA, l’Italie s’apprête elle aussi à mettre en œuvre les grands changements attendus par les peuples. Désormais, le social-souverainisme semble être en mesure de triompher partout sur la planète.

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