Editoriaux - Politique - Table - 10 mars 2015

Le service civique : véritable miroir aux alouettes !

Selon le quotidien Ouest France du 8 mars, 7 Français sur 10 veulent rendre le service civique obligatoire. Devant un tel engouement, une question vient immédiatement à l’esprit : nos concitoyens savent-ils exactement ce dont il s’agit ? Visiblement non, alors il paraît utile de rappeler quelques réalités.

Le service civique est un engagement volontaire au service de l’intérêt général, ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans conditions de diplôme. Les missions sont indemnisées 573 euros par mois.

Le service civique a pour ambition première d’offrir aux jeunes l’occasion de s’engager, de donner de leur temps à la collectivité et aux autres. Il représente également la possibilité de vivre une expérience formatrice et valorisante en proposant un choix parmi de nombreuses missions. Il a, enfin, pour objectif de renforcer la cohésion nationale et la mixité sociale.

À partir du 1er juin prochain, il deviendra universel : ainsi, tous les jeunes de moins de 25 ans pourront demander à s’engager pour faire l’expérience du vivre ensemble, de la citoyenneté, de l’intérêt général.

Un rapport (très enthousiaste) du président de l’Agence de service civique, François Chérèque, daté de juillet 2014, nous apprend que ce dispositif a permis à 65.000 jeunes de faire acte de volontariat depuis son lancement en mars 2010. L’intéressé oublie de préciser que ce nombre, pour avoir une signification, doit être mis en rapport avec celui des « clients potentiels » sur la même période, à savoir un peu plus de trois millions d’individus.

Ainsi, depuis son lancement, seulement 2,1 % des jeunes concernés ont été attirés par cet excellent projet : cela en dit long sur l’intérêt qu’il suscite…

Autre aspect intéressant : son coût. La Cour des comptes nous apprend que le coût mensuel d’un « engagé service civique » est de 1.000 € mensuels pour l’État. Notre bon Président ayant décidé que 170.000 jeunes devaient faire leur service civique en 2017, cela représente – pour une durée du volontariat de 7,2 mois (moyenne 2012) – 1,2 milliard d’euros.

Et que font ces braves jeunes ? La liste des missions offertes figure sur le site de l’Agence du service civique. Cela va « de la sensibilisation à la pratique du vélo » dans le 9.3 à la promotion d’une « école de Parkour » à Reims en passant par « l’animation de la prévention dansée » en Seine-Maritime. Certes, il y aussi des missions plus sérieuses mais, en parcourant la liste, l’on se rend bien vite compte qu’elles sont peu nombreuses.

Pour ma part, je pense que ce n’est pas avec ça que nos brillants politiques vont rétablir les valeurs qu’ils démolissent depuis près de 40 ans. Quant à le rendre obligatoire, je vous en laisse calculer le coût ; moi, je me contente d’imaginer les moyens mis en œuvre par certains pour en épargner leur progéniture…

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