Nicolas Sarkozy « trumpisé » de dernière minute


Auteur pour la télévision.

 

C’est la veste usée par les multiples retournements que Nicolas Sarkozy est venu saluer ce peuple américain qui, au travers de l’élection de Donald Trump, a manifesté son refus de « la pensée unique ».

Cette saleté de pensée unique qui « interdit tout débat sur les dangers qui menacent notre nation », qui ignore « l’exigence des peuples pour une maîtrise de l’immigration et le respect des frontières » et qui ne voit pas non plus « la nécessité des mesures à prendre pour protéger les citoyens du terrorisme islamique », bref, tout un tas de valeurs et de mesures justement proposées par un candidat à la primaire des Républicains, un homme d’une lucidité incomparable, un champion de la réalité populaire nommé – je vous le donne en mille – Nicolas Sarkozy. C’est lui. Il est là et il n’y a plus qu’à se munir du bout de papier sur lequel son nom figure, à le glisser dans la boîte pour que le nouveau rêve américain débarque en France.

En cette heure de plébiscite du milliardaire états-unien, Nicolas Sarkozy est Donald Trump. Son clone, sa réplique presque parfaite. Comme lui, il propose le contrôle aux frontières, comme lui, il en ras le bol de cette immigration incontrôlée, comme lui, il a une femme sortie tout droit du star system… Ne lui manque que la mèche de cheveux blonds rabattue sur le front, mais un postiche fera l’affaire. Qu’on coure lui acheter cet accessoire indispensable ; à défaut, un balai O’Cedar peint en jaune pourra convenir, des poils de pinceau, un morceau de perruque de Claude François… Chez Castorama, dans les fan-clubs, l’équipe de campagne s’active pour dénicher l’objet qui ferait illusion.

Quelques mois auparavant, notre Donald Trump en herbe se laissait aller à souhaiter la victoire de Hillary Clinton, pourtant fière représentante de cette pensée unique fustigée aujourd’hui.

Mais autres temps, autre météo.

En ce 23 mars 2016, date à laquelle ces déclarations hostiles au candidat du Parti républicain furent faites, le printemps pointait à peine son nez, l’anticyclone des Açores menaçait, la planète tardait à se réchauffer… Sous ce climat incertain, Nicolas Sarkozy ne pouvait qu’estimer Donald Trump « populiste et vulgaire » et « trouver terrifiant que 30 % d’Américains puissent se reconnaître là-dedans ». « Ça me fait frémir aussi sur l’état d’une partie de l’Amérique profonde », avait-il ajouté. Mais l’automne est arrivé à grande vitesse, le vent a tourné, la primaire s’est refroidie et, de « vulgaire et effrayant », le grand blond est devenu héros de ce peuple dont Nicolas Sarkozy a saisi le message.


Derrière Nicolas Sarkozy, deux « trumpisés » lèvent le doigt. Eux aussi, ils en sont ! Bruno Le Maire et Laurent Wauquiez se voient confortés dans leurs choix politiques. Ah oui. Chez Castorama, les balais O’Cedar sont en rupture de stock. Tous raflés par les candidats Républicains, à l’exception d’Alain Juppé, droit dans ses bottes, plus Hillary que jamais. Pensée unique rivée au corps, langue de bois dans la poche : la combine marche bien.

Concernant le preux Sarkozy, son positionnement politique pour les deux semaines à venir sera dévoilé au cours du journal de 20 heures par Évelyne Dhéliat.

Like
Like Love Haha Wow Sad Angry
982

Recevez gratuitement nos articles !


Auteur pour la télévision.

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

SOUVENIRS

Les commentaires sur cette page sont fermés.

Vues : Array