Editoriaux - Politique - 10 décembre 2018

Gérald Darmanin, un ministre dans la tourmente : il est beau, coco !

À chacun, on le sait, sa façon de gérer le stress. Il y a ceux qui dévorent du chocolat, ceux qui s’empiffrent de chouquettes ; il y a aussi des teigneux qui se défoulent sur un punching-ball, d’autres qui picolent, d’autres encore qui refont le Tour de France sur leur vélo d’appartement ou courent le marathon sur le tapis roulant.

En ces jours de manifs apocalyptiques, le petit jeunot du gouvernement – j’ai nommé Gérald Darmanin – a trouvé un dérivatif très choupinet. Notre ministre de l’Action et des Comptes publics n’a pas enfilé de gilet jaune pour aller prendre la température sur les ronds-points ; il ne s’est pas enfermé avec ses collègues de Bercy pour réfléchir à la refonte du système social « que le monde entier nous envie », ni même au scénario d’une VIe République qui nous sortirait de la mouise ; il ne s’est pas installé au volant d’un command-car pour ramener l’ordre dans les provinces.

Non, ce week-end, pendant que le pays était à feu et à sang, Gérald Darmanin interpellait la nation avec son perroquet sur l’épaule : « Avec Cocotte, on vous invite ce dimanche au Noël des animaux… pour la SPA. Il faut venir adopter des animaux. Hein, Cocotte, c’est vrai ! Hein, Hein, c’est vrai… Allez Cocotte, on vient aider la SPA ! »

À donf avec Cocotte ! Ça doit être son côté « ministre de l’Action », à Gérald…

Convenez-en, il est mimi tout plein, notre ministre. Il est vrai que sa géométrie politique est très variable, qui va de la droite très à droite au macronisme contre mauvaise fortune bon cœur. C’est comme cela qu’il s’en est pris plein la tête, jeudi dernier, sur France Inter, où les pseudo-amuseurs publics Charline Vanhoenacker et Guillaume Meurice lui ont taillé un costard sur mesure. Je dis « pseudo » parce que ces deux-là appartiennent au nouveau clergé, celui de la bien-pensance qui, sous couvert d’humour, contribue à ouvrir grandes les vannes du fiel et de la haine sur les réseaux sociaux.

Darmanin est un jeunot qui, à 40 ans tout juste, a déjà beaucoup roulé sa bosse politique. Il est alors de bon ton de lui rappeler qu’en 2017, alors qu’il était directeur de campagne de Sarkozy pour la primaire de droite, il n’avait pas de mots assez durs pour un certain Emmanuel Macron dont il affirmait : « Son élection précipitera la France dans l’instabilité institutionnelle et conduira à l’éclatement de notre vie politique. » Six mois plus tard, il devenait son ministre…

Le ministre de l’Action est un fonceur. Il prend les devants. Tellement désireux d’être la voix de son maître qu’il est parfois plus macronien que Macron lui-même. C’est comme ça qu’il a vu « la peste brune » s’abattre sur l’Arc de Triomphe. S’occuper de la vie des bêtes est moins risqué. Ce n’est pas Cocotte qui ira l’accuser de viol ou d’abus de confiance.

Disons-le : Géral Darmanin est un gars épatant, ce que ne manquent pas de lui rappeler ses copains sur Twitter. Petit florilège :

« Je crois rêver. Le lendemain d’un chaos vous n’avez trouvé que ça pour faire pleurer dans les chaumières. Juste un mot : pathétique. »
« Le mec est ministre des comptes publics, le pays est à feu et à sang car les Français veulent payer moins d’impôts, et lui pépère il se photographie avec son oiseau. Quel gouvernement, je suis abasourdi. »
« Y’a 309 moutons de l’Assemblée qui devraient bientôt retrouver leur famille d’accueil, ça tombe bien. »
« Pauvre type. La France brûle et il vient faire le singe avec son oiseau. »
« La France en pleine fièvre contre les impôts. Le ministre des impôts caresse sa perruche… Ne changez rien. »

Voilà, voilà… Il est beau, coco !

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