15 mars 2018

Les Français favorables à la GPA : c’est L’Obs qui le dit !

Le 18 septembre 1981, Robert Badinter présentait, non sans grandeur, à l’Assemblée nationale le projet de loi portant abolition de la peine de mort. Certes, c’était une promesse de campagne du candidat Mitterrand mais, à l’époque, les Français restaient majoritairement favorables à la peine capitale : à 62 %. Autrement dit, les deux tiers. L’irréversible fut accompli. On ne reviendrait pas sur la peine de mort en France.

Aujourd’hui, nous sommes à deux doigts d’accomplir un nouvel acte irréversible. Cet acte, c’est la légalisation de la gestation pour autrui. Je passe l’étape intermédiaire de la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et femmes seules. Les circonvolutions du Président Macron sur ce sujet ne peuvent cacher l’intention. Le jour venu, les députés de La République en marche voteront selon leur conscience, c’est-à-dire massivement pour. Certes, ce n’était pas une promesse formelle du candidat, comme l’a récemment souligné Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif pour tous, mais l’intention y était. En effet, que lisait-on dans le programme du candidat Macron ? « Nous sommes favorables à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes seules et les couples de femmes… Il n’y a pas de justification juridique pour que la PMA ne leur soit pas ouverte. Pour avancer de façon pédagogique, nous souhaitons attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), afin d’assurer dans la société un vrai débat, pacifié, argumenté. » Si Macron n’avait pas fait l’ENA mais médecine, il aurait pu devenir anesthésiste.

Et ça marche. Même l’Église de France semble s’être repliée sur des « positions défensives préalablement reconnues », comme on dit joliment en langage militaire pour décrire une retraite en plus ou moins bon ordre. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire l’entretien du cardinal Vingt-Trois donné au Figaro le 17 novembre 2017, quelques jours avant qu’il résigne sa charge d’archevêque de Paris. Je le cite : « La question, ce n’est pas de savoir si la loi les [la PMA et la GPA] autorisera ou non… mais de savoir s’il y a des chrétiens suffisamment motivés pour ne pas y avoir recours ! » La question, on l’aura compris, n’est donc pas de savoir s’il y a des chrétiens suffisamment motivés pour s’engager dans la vie de la cité sur les questions essentielles…

Et les sondages viennent, apparemment, au secours de la cause, si l’on en croit L’Obs du 14 mars qui publiait un papier intitulé « PMA, GPA : les Français sont pour ! » L’article commence très fort en nous décrivant le meilleur des mondes vers lequel nous allons : « Simon, le petit garçon de Philippe et Romain, est né par mère porteuse en France, en cette année 2023, et est en parfaite santé. » La journaliste ne nous dit pas si l’arrière-grand-mère du petit Simon a été euthanasiée car elle commençait à coûter cher à la Sécu. Et pour justifier ce titre, on exhibe un sondage tout frais. Les Français seraient favorables à 55 % à la GPA. Même pas besoin, donc, de rappeler le coup de l’abolition de la peine capitale lorsqu’on fit peu cas de la vox populi pour aller dans le « sens de l’Histoire ».

Le problème c’est que L’Obs amalgame, dans ces 55 %, les 32 % favorables à la GPA pour les couples hétérosexuels et homosexuels sans conditions, les 2 % uniquement pour les couples homosexuels, les 6 % uniquement pour les couples hétérosexuels sans conditions et les 15 % uniquement pour les couples hétérosexuels ayant un problème médical. La réalité, c’est que 43 % des Français sont contre toute forme de GPA et qu’un tiers seulement y est favorable pour les couples homosexuels. Et donc, en toute logique, les deux tiers sont opposés à la GPA pour les couples homosexuels. Un chiffre comparable à celui concernant la position des Français sur la peine de mort en 1981.

La différence ? L’acte irréversible de 1981 pouvait être considéré comme celui qui fermait définitivement la porte à l’antique barbarie. L’acte auquel L’Obs prépare les esprits ouvre la porte vers une nouvelle barbarie. Il est encore temps de faire de la pédagogie, comme on dit en Macronie. Sur la GPA et – il n’est pas interdit d’espérer- la PMA.

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