Emmanuel Macron : la « non-compassion »

Décidément, il faut qu’Emmanuel Macron soit en dehors de son pays pour exprimer ce qu’il pense tout bas en son palais de l’Élysée. Depuis Le Caire, où il était en visite officielle, il a tenu, devant les journalistes égyptiens et français, à rendre hommage aux forces de l’ordre après, il est vrai, avoir déploré les onze morts que le mouvement des gilets jaunes a provoqué, tout en ajoutant qu’aucun n’avait été le fait des forces de l’ordre.

Aucune compassion, donc, pour les 2.000 blessés, dont plus d’une centaine gravement atteints, et notamment pour Jérôme Rodrigues, qui aurait été atteint par une balle de LBD (enquête en cours) sur la place de la Bastille d’où il faisait un direct sur sa page Facebook. Balle que son avocat aurait confiée à l’IGPN afin que l’ADN puisse mettre fin à la propagande gouvernementale qui évoque un accident et non un tir intentionnel.

C’est le fameux « en même temps » d’Emmanuel Macron. D’un côté, on fait le beau devant des assemblées de maires, on s’invite à l’un de ces grands débats avec, à ses côtés, un vrai gilet jaune, et aussitôt après, on félicite les CRS, gendarmes mobiles ou policiers en civil de défendre la République en utilisant allègrement les armes mises à leur disposition pour disperser les manifestants. Dispersion toujours brutale sur les ordres du pouvoir, selon Alexandre Langlois, de VIGI Police, qui n’a pas hésité à accuser le gouvernement d’attiser les violences.

Il est tout de même un constat que chacun peut faire : aucune manifestation, ces dernières années, n’a fait l’objet d’autant de hargne de la part des forces de l’ordre. Près de 7.000 interpellations, dont des centaines à titre préventif que certains avocats contestent parce que totalement illégales ; des fins de manifs qui se terminent inéluctablement en véritables batailles de rues. À qui profite le crime ?

Monsieur Nuñez, soulignons-le, affirme, que Jérôme Rodrigues a été atteint par l’éclat d’une grenade. Le blessé est formel. Il a déclaré sur CNews que le médecin n’avait trouvé aucun corps étranger et que sa blessure est bien due à un impact.

Systématiquement, les fins de manifs sont « nassées », c’est-à-dire que les gilets jaunes auxquels se sont joints des antifas sont piégés dans un lieu, encerclés par des centaines de policiers de toutes sortes avant de pouvoir s’exfiltrer, un par un, en étant invité à quitter leur gilet jaune. Ils font, alors, l’objet de jets continus de grenades lacrymogènes ou de désencerclement, parfois de tir de Flash-Ball®, souvent tirés au hasard. Les gueules cassés en témoigneront un jour devant les tribunaux.

Mais le pire – et nous l’avons vu en direct sur nos écrans, ce samedi, à la Bastille -, c’est la présence de ces jeunes en uniforme noir, du casque aux baskets, Black Blocs ou antifas, qui arrivent d’on ne sait où, à la fin des défilés qui ont déroulé tranquillement leurs longs cortèges de gilets jaunes. Ils dépavent la rue, érigent des barricades, y mettent le feu, prenant plaisir d’agir devant les caméras, dansent devant les flammes tels des Sioux, déroulent une banderole « coucou c’est nous » pour narguer les policiers, qui arrivent évidemment trop tard car, comme des moineaux, les antifas/Black Blocs se sont dispersés ou ont revêtu en hâte un gilet jaune. Et c’est là qu’interviennent les actions policières qui vont transformer en colère l’attitude des vrais gilets jaunes avec le canon à eau glacée, les grenades jetées à qui mieux mieux, etc.

Alors, comment Messieurs Castaner et Nuñez peuvent-ils affirmer que les casseurs ne sont pas leurs « idiots utiles » ? Sans eux, il n’y aurait pas d’émeutes, pas 2.000 blessés. Pourquoi les casseurs ne se sont-ils pas invités à la manif des foulards rouges » ? Bizarre, non ? En fait, non, il n’y avait pas de forces de police mobilisées en grand nombre pour les harceler. Alors, pour se donner bonne conscience, on envoie la police perquisitionner le local de Génération identitaire, dont les actions n’ont jamais été violentes !

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