Editoriaux - Politique - Sport - Table - 12 janvier 2016

Demain, serons-nous tous corses ?

Dans la nuit du 24 au 25 décembre, plusieurs dizaines d’individus encagoulés ont tendu « une embuscade » à une équipe de pompiers appelés pour un feu sur les hauteurs d’Ajaccio. Le lendemain, plusieurs centaines de personnes se retrouvaient devant les grilles de la préfecture avant de se diriger vers le lieu du guet-apens pour « retrouver les agresseurs ». À l’occasion de cette expédition, une salle de prière musulmane, manifestement illégale car gérée par un simple club de sport, a été saccagée aux cris de « Arabi Fora » et « On est chez nous ».

La classe politique, unanime, a fermement condamné ces agissements. Le Premier ministre en a appelé au « respect de la loi républicaine ».

Malheureusement pour Manuel Valls, il n’y a plus grand monde à croire que la « loi républicaine » s’applique de la même manière à tous. Le 29 août dernier, quelques dizaines de gens du voyage bloquaient pendant 24 heures, au niveau de Roye, l’autoroute A1 afin d’exiger la présence d’un des leurs, emprisonné, aux obsèques d’un parent décédé. Aucune interpellation n’a eu lieu.

Le 21 octobre, c’est le centre de Moirans dans l’Isère qui était mis à sac par plusieurs dizaines de « gens du voyage » protestant contre le maintien en prison d’un membre de leur communauté empêché d’assister aux funérailles de son frère. Le 1er janvier au matin, le gouvernement et l’ensemble de la classe médiatique se réjouissaient que, grâce au déploiement de 100.000 policiers et gendarmes, il n’y ait pas eu d’attentat islamiste lors du réveillon du Nouvel An et du reflux des incendies de voiture lors de cette nuit festive : 804, en retrait de 15 % sur l’année précédente. Tout va donc bien.

Un de mes voisins, de son côté, me confiait, désabusé, qu’en cinq années ont été fracturés à deux reprises d’une part son véhicule familial afin d’y dérober les banquettes, et d’autre part son véhicule professionnel. Il s’est fait voler, dans sa voiture et dans le train, deux fois son ordinateur portable. Un de ses fils s’est fait voler son téléphone portable par une bande de jeunes à la peau pigmentée. Lui et ses camarades ayant réussi à rattraper un des voleurs, celui-ci a rapidement été remis en liberté, les policiers déclarant : « On le connaît. Il est mineur. Sa mère ne comprend pas un mot de français. On va nous le faire relâcher. »

Un autre fils a été gazé lors des manifestations contre la légalisation du « mariage » homosexuel et, enfin, une de ses filles se plaint d’être régulièrement importunée dans le train par des jeunes à la peau basanée qui veulent absolument récupérer son numéro de portable. Tous ces « incidents » sont, bien sûr, sans suite juridique connue.

Ces deux dernières années, ce brave homme qui se déplace en voiture dans toute la France a payé neuf amendes pour infraction routière, essentiellement des excès de vitesse d’un dépassement moyen, par rapport à la vitesse autorisée, de 4 km/h, pour un montant de 630 €. Homme plutôt légaliste de tempérament, cet ami ne porte plus sur les forces de police et de sécurité le même regard qu’il y a quelques années. Il envisage de s’inscrire dans un club de tir afin de pouvoir se défendre si nécessaire car il ne voit pas pourquoi la puissance publique manifesterait plus d’intérêt pour la défense de sa personne et de sa famille qu’elle ne semble en manifester pour la protection de ses biens.

Est-il utile de préciser que cet ami vote de temps en temps pour le Front national, même s’il est affligé par son programme économique et scandalisé par son conformisme sociétal ?

L’État, dont la vocation est d’être au service du bien commun, s’avère finalement être un outil au service d’une coterie mue par des convictions idéologiques qui divisent les Français.

À lire aussi

Jean-Pierre Maugendre : « Les auteurs présents à la fête du livre de Renaissance catholique ont pour dénominateur commun le refus de l’utopie »

Nous sommes là sur des ouvrages de fond qui manifestent de manière très concrète la résist…