Editoriaux - 15 janvier 2019

Débat national : exprimons-nous, chiche !

Je persiste à penser que ce débat est un jeu de bonneteau, même si je dois passer pour un empêcheur de démocratiser en rond. Oiseau de mauvais augure malgré tout, je dis chiche ! Et voici ma contribution…

Fiscalité : je n’ai pas la compétence pour savoir quels sont les impôts qu’il faut supprimer, créer, augmenter ou réduire. Vu la complexité de notre fiscalité, il est aberrant de demander à de simples citoyens de dire quels sont les impôts qu’ils veulent modifier ; en revanche, il leur appartient de dire en quoi et pourquoi la fiscalité leur semble injuste. Pour ma part, j’estime que la fiscalité est beaucoup trop complexe et qu’il y a lieu de demander à des spécialistes de nous proposer une modification globale de notre système fiscal pour parvenir à plus de justice en faveur des classes moyennes sans pour autant dissuader les gros revenus et les grosses fortunes de rester sur notre territoire. Il convient aussi de s’attaquer à la réduction de la dépense publique, étant précisé qu’il est ahurissant, alors que cela figurait dans son programme, que notre président de la République en soit encore à nous demander quelles dépenses il faut réduire !

Citoyenneté : notre système social souffre de la fragilisation de la structure familiale. Ce n’est pas pour rien qu’il y a beaucoup de femmes seules parmi les gilets jaunes. Il faut redonner le goût de la famille aux Français, les inciter à une relation stable et durable, ne serait-ce que dans l’intérêt de leurs enfants. Cette politique familiale qui ne revêt aucun caractère moralisateur doit aussi être natalist, car notre pays souffre comme bien d’autres d’une natalité en berne par rapport à d’autres nations. Je me réfère aux travaux de Laurent Obertone sur l’immigration. Je propose de demander au président de la République de revenir sur sa signature des accords de Marrakech, ce qui permettra de clarifier sa position beaucoup trop ambiguë jusqu’à ce jour, malgré les soi-disant avancées contenues dans sa lettre. Je demande la remise en cause des avantages consentis aux immigrés présents sur notre territoire, notamment en matière sociale, ainsi que celle du regroupement familial. Il faut s’attaquer à la question de la binationalité trop passée sous silence.

Démocratie : à partir du moment où nous avons fait le choix du non-cumul, nos députés n’ayant plus aucun mandat local, nous pouvons réduire de manière significative leur nombre en le divisant par trois ou quatre de manière à ce que l’Assemblée nationale puisse travailler beaucoup plus efficacement moyennant un coût moins élevé. S’agissant du mode de scrutin, la discussion doit rester ouverte ; la question est délicate, il faut émettre un vœu quant au mode de fonctionnement que nous souhaitons, puis demander à des constitutionnalistes de faire des propositions concrètes, sachant qu’il faut permettre la représentation de Français qui ne l’ont pas.

En conclusion, émettons des vœux en fonction de nos sensibilités et de nos compétences sans discuter de mesures techniques dont on nous dira, ensuite, qu’elles sont irréalistes ou impossibles à mettre en œuvre. Ne nous laissons pas confisquer le débat ! Ne nous substituons pas au pouvoir qui doit assumer ses responsabilités s’il le peut encore… Mais je suis sans illusions sur la cacophonie à venir et sur la manœuvre des technocrates qui se camouflent bien mal derrière les trente-trois questions de la lettre aux Français ! Le diable continue de se cacher dans les détails !

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