Editoriaux - International - Médias - Politique - 25 octobre 2018

Comment Trump rend les médias fous

À croire que personne ne l’aime, hormis le peuple.

L’antitrumpisme ne rend pas fatalement intelligent et même certains esprits brillants s’y perdent, quoique la trumpophilie de certains, plus rares, serait encore un autre cas d’école à étudier. Heureusement que la vénérable Revue des deux mondes est là pour tenter de refroidir les cervelles en surchauffe. La livraison de ce mois est donc titrée « Donald Trump est-il si fou ? »

À cette question, le journaliste Renaud Girard paraît répondre par une autre question :« Donald Trump rend-il fou ? ». À le lire, c’est effectivement à se demander. Renaud Girard n’est pas exactement le premier venu. Meilleur analyste de politique étrangère du Figaro, c’était un fidèle ami de Gérard de Villiers, le père de SAS, qu’il a longtemps côtoyé lors de nombreux reportages effectués de par le vaste monde.

Ce qu’il décortique ici, c’est la furie qui s’est emparée des médias américains. Laquelle n’épargne même pas le pourtant très sérieux New York Times, journal ayant publié une tribune anonyme censée être le fait d’un des plus hauts responsables de la Maison-Blanche. « Pour se faire excuser de fouler aux pieds les règles élémentaires de la déontologie journalistique, le quotidien new-yorkais ne manque pas d’invoquer le devoir de protéger – contre quoi ? Contre qui ? – le rédacteur caché de la tribune et, bien sûr, l’intérêt supérieur du pays… » Bref, « il s’agit de prouver, de l’intérieur, que Donald Trump est dérangé mentalement, et donc inapte à exercer les fonctions de président des États-Unis. »

Après, les sempiternelles accusations de « sexisme » et de « misogynie ». Mais « Trump n’est-il pas un enfant de chœur par rapport à Bill Clinton qui, dans le bureau Ovale, recevait des faveurs sexuelles par une jeune stagiaire ? » Quant à l’étiquette de « candidat du Kremlin », c’est peut-être faire beaucoup d’honneur à Vladimir Poutine que de lui prêter le pouvoir de faire et de défaire les présidents américains…

Certes, Donald Trump n’a jamais ménagé les médias de son pays ; comme quoi Jean-Luc Mélenchon n’a rien inventé en la matière. « Mais cela ne justifie pas que ces grands médias perdent à ce point leur impartialité. Leur dénigrement de Trump est devenu caricatural. L’économie américaine ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui. Les éditorialistes du New York Times et de CNN nous expliquent que Trump n’y est pour rien. Mais les mêmes, à l’automne 2016, avant le scrutin présidentiel, prophétisaient une catastrophe économique si Trump était élu ! »

Pareillement, et ce, en politique étrangère, domaine de prédilection d’un René Girard qui, revenant sur l’indéniable succès avec les deux Corées, rappelle qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait jusqu’ici su ou pu résoudre cette crise. De même, il note qu’en bousculant les traditionnels usages diplomatiques, Donald Trump a poussé l’Europe à commencer à se doter d’une politique qui lui soit propre ; soit à se voir autrement qu’en simple colonie américaine. Tout comme une autre entorse aux règles de la bienséance lui a permis de bousculer un autre tabou. En effet : « Il est le premier à s’être insurgé haut et fort contre une réalité qu’on s’efforçait jusque-là de taire ; l’extorsion systématique de technologie par les Chinois par chantage aux sociétés occidentales ayant créé des joint-ventures en Chine. […] Si un jour la Chine se décide vraiment à respecter les règles de l’OMC, ce sera grâce à Trump. »

En attendant les fameuses élections de mi-mandat du 6 novembre prochain, les sondages donnent à Donald Trump une cote de popularité oscillant entre 33 % et 48 %, ce qui est plutôt flatteur pour un homme donné par les médias américains pour l’un des plus haïs du pays. À croire que personne ne l’aime, hormis le peuple.

Et Renaud Girard de conclure : « L’Amérique a connu un président sobre, élégant, issu de Yale, qui lisait la Bible tous les soirs. Il s’appelait George W. Bush. En 2003, il a décidé une invasion de l’Irak dont on paie toujours les conséquences. Pour le moment, Trump n’a provoqué aucune catastrophe comparable. » Il est un fait que…

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