Editoriaux - Sport - 19 février 2019

Yoann Gourcuff s’en va… quelle tristesse !

Quelle tristesse ! Yoann Gourcuff, six mois après avoir passé contrat avec le club de football de Bourgogne, quitte le terrain. À cause de blessures à répétition. Mais pour son entraîneur, il y a plus grave encore : “Le mal qui le ronge, c’est son esprit.” Esprit, en effet, tellement aux antipodes de nombre de tristement célèbres joueurs, en équipe de France en particulier, qu’ils l’« ont détesté » !

Jeune (32 ans), beau, talentueux, breton, il était « le futur Zidane », « la nouvelle star du football français », un homme « charismatique et sincère ». Cela faisait déjà beaucoup à encaisser, pour certains de ses équipiers, alors comme, en plus, Yohann Gourcuff a toujours refusé de rentrer dans leur monde…

En effet, lucre et stupre, grosses bagnoles, steaks à la feuille d’or et autres affaires de sextape ? Pas le genre de la maison. “C’est un mec bien avec du cœur, un type simple et droit”, Yoann, dit de lui un ami suisse. Entouré de sa femme (l’animatrice Karine Ferri) et de ses enfants, sentimentalement, il est comblé. “C’est un gars très intelligent et très conscient des efforts à faire pour ce métier” : Laurent Blanc aussi ne tarit pas d’éloge pour ce joueur “très facile à entraîner” qui, contrairement à d’autres chez qui “c’est très limité”, se montre très calé “en échanges footballistiques”.

En outre, porté par une ambition qualitative et non quantitative – “la célébrité ne [l’] intéresse pas” -, dans un long entretien accordé chez lui, son fils assis sur ses genoux, à Ouest France, en juin 2018, il se confie. Sur “les vraies valeurs du sport et du foot”“sincérité, spontanéité, sens du collectif”, sur ses motivations ancrées depuis toujours –, se “donner à fond pour tous les coachs” et avec “un supplément d’âme” quand le coach en question était son père, sur son “envie d’apprendre, de progresser, de toucher le plus haut”. Y a pas à dire : Gurcouff est aussi agréable à écouter qu’à regarder, ça change !

Surtout, on comprend que pour donner le meilleur de lui-même, pour “se sentir bien, à l’aise” dans un “groupe”, il a besoin de “qualité humaine” avec “de bons mecs”, de la qualité humaine aussi indispensable que les compétences « footballistiques ». Ou encore que les “egos surdimensionnés” le hérissent. Bref, Yohann Gourcuff plébiscite « un groupe facile à vivre » avec le sens du « collectif » chevillé au corps et à l’âme. Tout l’inverse des grévistes de l’entraînement, Malouda, Ribéry, Evra et autre Anelka !

Souvenez-vous, en 2010, en Afrique du Sud, ces grandes âmes patriotes décrétaient vouloir bien “défendre pour Zidane mais pas pour Gourcuff”! Ce qui avait provoqué les retentissants “C’est du racisme anti-Blanc” et “belle bande de connards” de Pierre Ménès, ulcéré de la voir boycotter un équipier en pleine Coupe du monde !

C’est sûr : Gourcuff, lui, est d’une autre trempe ! Et ça, certains ne le lui pardonnent pas. Étonnant, alors, que dans les ambiances délétères où il est arrivé, on ne lui passe quasiment plus la balle, que ce jeune Breton, victime de blessures à répétition, ait fini par avoir “peur de se blesser de nouveau” ? S’il était, à son corps défendant, entré dans un cercle vicieux ?

Les pessimistes prédisent que jamais il ne rejouera à un haut niveau (son entraîneur en Bourgogne). Les optimistes (son ancien agent) incrimine, à l’origine des malheurs de Gourcuff, la standardisation des entraînements. Peut-être que les personnaliser en fonction de son physique hors normes lui permettrait de remonter la pente, à Yoahnn ? Les réalistes, eux, aimeraient bien, dans toutes les équipes, que cessent de sévir les “bandes de connards” !

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