Accueil Audio Yannick Moreau, maire des Sables-d’Olonne : « Le confinement, c’est pas les vacances ! »

Yannick Moreau, maire des Sables-d’Olonne : « Le confinement, c’est pas les vacances ! »

En raison de l’épidémie de Covid-19, Yannick Moreau, maire des Sables-d’Olonne (Vendée), a pris un arrêté municipal interdisant les locations touristiques et les nouvelles occupations de résidences secondaires afin de limiter la venue de nouveaux arrivants, en ce début des vacances de Pâques.

Explications au micro de Boulevard Voltaire.

Vous êtes maire des Sables-d’Olonne et vous avez publié un arrêté municipal interdisant aux vacanciers de se rendre dans leur résidence secondaire. Pourquoi avoir pris cette mesure ?

Le confinement n’est pas les vacances. Si on veut lutter efficacement contre la propagation de ce virus mortel qui tue 500 personnes par jour, en France, épuise nos médecins et met à genoux notre économie, il faut limiter la circulation du virus et respecter les règles du confinement.
Aller aux Sables-d’Olonne pour y passer quelques jours n’est pas compatible avec les règles du confinement. C’est une infraction.

Au moment où le confinement a été annoncé, énormément d’habitants des grandes villes comme Paris, Nantes ou Angers se sont dirigés vers le littoral. Par conséquent, cela a entraîné un ressentiment vis-à-vis des populations urbaines et un risque de propagation du virus. L’avez-vous observé ?

Oui, bien sûr. Une première vague est arrivée aux alentours du week-end du 15 mars. La population des Sables-d’Olonne, qui est habituellement de 45 000 habitants à l’année, a augmenté d’environ 15.000 habitants, ces derniers jours. Mécaniquement, les jours suivants, nous avons constaté un afflux de symptômes grippaux dans les cabinets médicaux, dans les hôpitaux vendéens et au centre hospitalier départemental. On essaye d’éviter une deuxième vague pour les vacances de Pâques. Les locations touristiques et les résidences secondaires sont interdites par arrêté municipal.
Aux Sables-d’Olonne, nous avons 16.000 résidences secondaires. Le risque d’afflux est donc plus important. Les personnes se rendant aux Sables-d’Olonne sont plus touchées que la Vendée et Les Sables-d’Olonne. Notre système de santé local, déficitaire en médecins, ne pourrait pas absorber. Nous appelons donc au civisme et au sens de la responsabilité individuelle, solidaire et collective pour respecter strictement le confinement. C’est le seul moyen à notre disposition pour sortir le plus vite possible du confinement et  retrouver notre liberté de circuler, de travailler et de vivre de bons moments aux Sables-d’Olonne.

Le CHU le plus proche est à La Roche-sur-Yon, à une trentaine de kilomètres des Sables-d’Olonne. La région connaît-elle un engorgement, comme on peut le constater dans certaines grandes villes ?

Il y a une quinzaine de jours, un pic d’activité a été constaté, mais globalement, la situation est plutôt sous contrôle et le confinement porte ses fruits. On espère rester dans cet état-là. Les hôpitaux de l’ouest de la France accueillent des malades de l’est et de la région parisienne parce que nous ne sommes pas encore saturés. Nous comptons bien le rester, puisque nous n’avons pas les capacités d’accueil des grandes villes. Le centre hospitalier de La Roche-sur-Yon est départemental. Il n’y a qu’une trentaine de lits de réanimation pour un département qui compte 700.000 habitants. Si jamais on était touché par une vague comparable, on ne serait pas du tout en mesure d’y faire face.
D’un point de vue sanitaire, sur les 45.000 habitants, 46 % de la population ont plus de 60 ans.

Certains maires ont fait la demande pour instaurer des couvre-feux. Dans la région, le confinement est-il bien respecté ?

On vit une période de tension et de crispation. Les voisins surveillent ceux qui prennent trop de bon temps ou trop de largesse avec le décret. Globalement, le confinement est respecté. La question du couvre-feu s’est posée, mais ne nous concernait pas, puisque après 20 heures, personne n’est dans les rues. Ce dispositif aurait été disproportionné par rapport à l’efficacité attendue. Un durcissement des conditions dérogatoires de circulation fixé par le décret national nous serait plus utile. Dans la souplesse actuelle du décret, un compatriote peut sortir tous les jours, voire même plusieurs fois par jour. Ce n’est pas du tout l’esprit du confinement. Plus le confinement sera strict, plus nous lutterons efficacement contre la circulation du virus et plus vite nous retrouverons notre liberté de circuler, de travailler et de passer de bons moments aux Sables-d’Olonne.

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