Editoriaux - Politique - 3 janvier 2019

Vœux du Président : “vérité, dignité, espoir”, nouvelle devise de la République ?

L’an passé, le chef de l’État avait présenté ses vœux assis devant cette célébrissime fenêtre élyséenne qui a encore servi de décor pour 2019. Mais, invraisemblable distraction des conseillers en communication qui ont supprimé le fauteuil imposant une attitude par trop compassée et coupable inattention des cadreurs, un fâcheux petit bois horizontal interférait méchamment avec le cou de l’orateur, semblant – pour les fouineurs de l’image – le traverser de part en part…

Configuration particulièrement malvenue en ces temps revendicatifs, voire quasi révolutionnaires!

Un autre changement était la disparition du slogan illustrant, il y a un an, la scène présidentielle. Le mot FRATERNITÉ apparaissait alors à gauche sous une image colorée et moderniste de Marianne. La prestation, nouvelle, d’un interprète pour malentendants à droite du cadre général était, apparemment, la cause de cette rupture.

Le symbole était, en l’occurrence, particulièrement fort, et peut-être volontaire quand on a entendu les trois maîtres mots du discours macronien.

Vérité, dignité, espoir ont supplanté le triptyque républicain “Liberté, Égalité, Fraternité”.

Vérité, d’abord. Serait-ce une forme de repentance et de contrition de la part du Président ? L’affaire Benalla, qui se prolonge avec un second épisode encore plus embrouillé, n’est pas de bon augure. Les citoyens auront-ils enfin la vérité sur la vérité ? Moins de « diplomatie » occulte et davantage de clarification seraient les bienvenus.

Dignité, ensuite. Instigatrice de la précédente, elle s’applique d’abord à la fonction suprême de la République. La réalisation de ce vœu pourrait, avec le temps – plus d’un an, sans doute ? -, faire oublier les frasques élyséennes de la fête très colorée, à plusieurs égards, de la musique. Le retour à un mode majeur, mieux entendu par les Français, ne pourrait que répondre à leur goût pour une symphonie élyséenne harmonieuse.

Espoir, enfin. Une prière, quasiment un exorcisme, qui appelle à des temps et comportements nouveaux. Et là, il y a du pain sur la planche ! Et beaucoup d’aléas politiques en embuscade…

Mais finalement, je me demande si, durant son adresse au peuple, le Président avait un prompteur ou un miroir en face de lui…

À lire aussi

Chic, une élection où l’on peut oublier le vote blanc !

Les longs panneaux d'affichage montés devant les mairies et bureaux de vote, tels une mura…