Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 28 octobre 2019

Valérie Boyer : « On demande deux choses au Président : lutter contre le terrorisme et faire que la France ne devienne pas un pays communautariste »

Lundi matin, sur RTL, le président de la République s’est exprimé sur l’islamisme et le . Valérie Boyer réagit au micro de Boulevard Voltaire.

Sur RTL, le Président s’est exprimé sur le communautarisme pour le dénoncer. Il appelle à lui opposer plus de vivre-ensemble. Qu’avez-vous retenu de cette déclaration ?

Je n’ai pas tellement compris les paroles du chef de l’État. On lui demande en réalité deux choses, lutter contre le terrorisme et qu’il s’assure que la France ne devienne pas un pays communautariste. Jusqu’à présent, on avait eu l’impression qu’imprégné de la culture anglo-saxonne, Emmanuel Macron avait une pensée assez communautariste. D’ailleurs, il s’était exprimé comme cela à Marseille. C’était la fameuse formule « bonjour aux Espagnols, aux Comoriens… ».
En ce qui me concerne, je ne crois qu’en une seule communauté, la communauté française. Et, pour moi, je n’ai pas eu de réponse concrète.

Emmanuel Macron a reconnu qu’il y a avait un certain séparatisme en France. Une fois que ce constat est posé, qu’est-ce que l’État devrait mettre en place ?

Il faudrait commencer par mettre des mots sur nos maux. Bien nommer les choses est un préalable nécessaire pour pouvoir les combattre. Je ne sais toujours pas quel est le souhait du président de la République dans ce domaine.
Chaque fois que des personnes comme moi dénoncent ce phénomène, nous sommes accusés des pires choses. Nous ne sommes absolument pas soutenus par nos collègues de La République en Marche, de la même façon que nous ne l’étions pas par les socialistes.
On peut mettre en place des choses très concrètes. Comment se fait-il qu’on se pose encore la question de l’accompagnement scolaire ? Je ne crois pas qu’il faille mélanger la laïcité et l’égalité entre les hommes et les femmes. On ne peut pas s’y retrouver si on confond islamisme et laïcité. Il faut peut-être dire qu’il y a des vêtements politiques qui représentent des actes politiques contraires à nos valeurs et à ce que nous souhaitons faire.
Macron ne peut pas dire que son quinquennat est basé sur l’égalité entre les hommes et les femmes et ne pas considérer que le voile est un symbole d’inégalité entre les hommes et les femmes.
Tant qu’Emmanuel Macron ne posera pas les mots, il sera très compliqué d’avoir des solutions.
J’ai interrogé Emmanuel Macron de façon très concrète pour savoir pourquoi il autorisait une manifestation qu’il devait d’ailleurs présider, sous l’égide de la ligue islamique mondiale. Je n’ai toujours pas eu de réponse. Est-il vrai que certains organismes ont reçu de l’argent de l’Arabie saoudite par exemple ?
Il y a aujourd’hui des réponses à poser point par point à des questions très concrètes. Et nous ne les avons pas.

Selon vous, avons-nous en ce moment un débat sur l’islam ou sur la laïcité ?

Je pense qu’il y a une confusion entre les deux. Et le Président laisse peut-être pourrir la situation parce que ça l’arrange. Il a choisi son opposition. Il souhaite qu’il n’y ait pas d’autre duel qu’avec le Rassemblent national, car il sait bien que ce parti n’est pas en capacité d’accéder au pouvoir. Il veut donc rejouer le même match. Or, ce n’est pas se comporter en homme d’État que de fuir ses responsabilités dans ce domaine et de jouer avec le feu, et surtout avec la démocratie.

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