Union européenne : au nom de l’efficacité, le français va-t-il passer à la trappe ?
Le Financial Times nous apprend que la France et l’Italie s’opposent fermement à « l’anglicisation » des négociations commerciales de l’Union européenne. Le commissaire au Commerce et à la Sécurité économique, le Slovaque Maroš Šefčovič, a soutenu, le mois dernier, devant les ministres membres, que la traduction en vingt-quatre langues ralentit la capacité de l’UE à conclure des accords.
Principe d'efficacité contre principe de souveraineté
Selon lui, le processus peut prendre jusqu’à deux ans, puisque chaque modification de projet de traité doit être traduite dans ces vingt-quatre langues de l’Union. En bon eurocrate, Šefčovič estime qu’on doit pouvoir diviser par deux ce temps. Or, comme chacun sait, le temps, c’est de l’argent. Exemple cité : les retards du traité avec les pays du Mercosur. L’ECIPE (European Centre for International Political Economy), un think tank - pardon, un groupe de réflexion - supposé indépendant, a même estimé que chaque année de retard dans la mise en œuvre coûterait plus de cinquante milliards d’euros de croissance à l'Union. Soulignons que le patron de ce groupe de réflexion, le Suédois Fredrik Erixon, déclarait à L’Express, en janvier dernier : « Sur le Mercosur, la France entretient ses agriculteurs dans le mensonge. » Vous aurez compris la philosophie. Mais on s’éloigne du sujet. Peut-être pas tant que ça...
De son côté, la France brandit l’argument constitutionnel. En effet, toujours selon le journal britannique, « la France ne peut être liée ni s’engager à un texte qui n’est pas rédigé en français ». L’Italie avance des arguments similaires. Intéressante et même plus que cela, symbolique, cette opposition entre, d’une part, le principe (supposé) d’efficacité, défendu par ce diplomate qui, au passage, n’a jamais été titulaire du moindre mandat électif dans son pays, et, d’autre part, le principe de souveraineté des États membres, souveraineté certes passablement grignotée, justement, par l’Union européenne, mais qui s’exprime, s’incarne dans leurs Constitutions nationales.
« La langue de la République est le français ». Point barre
Or, pour ce qui concerne la France, jusqu’à nouvel ordre (de qui, du reste ?), la Constitution de la République française stipule, en son article 2, que « la langue de la République est le français ». Vous aurez noté : « de la République française » ; pas « de la France ». Ce qui est encore plus fort, au plan juridique. En effet, lorsque est signé un traité international, par exemple, entre la France et le Danemark, le traité est en fait, mais surtout en droit, signé entre d’une part la République française, d’autre part le royaume de Danemark, pas entre la France et le Danemark. C’est pourquoi, du reste, au-delà du grotesque de situation, lorsque Emmanuel Macron, président de la République française – et non Président de la France, comme on lit parfois –, s’exprime officiellement en anglais – pas seulement pour prononcer quelques formules de courtoisie d’usage –, dans un colloque, une conférence internationale ou de presse, il déroge, en quelque sorte, à ce principe constitutionnel.
On voit bien où l'on veut nous mener...
Que le travail de traduction prenne du temps, on le comprend ; que ce temps soit démultiplié par le nombre de langues (24), on le comprend aussi. C'est la rançon du succès de l'UE... Mais l’on voit bien ce que sous-tend cette argument d’efficacité avancé par ce commissaire, originaire d'un pays, certes au brillant passé, mais qui n'a pas le poids de la France. On voit bien où l'on veut nous mener : au nom de l’efficacité, il faut raccourcir les circuits décisionnels, simplifier les procédures (ce qui ne manque pas de sel, lorsqu’on pense aux montagnes de règlements européens sur tout et rien). Demain, la France cède à cette demande ; après-demain, ça sera forcément autre chose. Une façon d’accélérer le processus de fédéralisation par le bas. Toujours, bien entendu, au nom de l’efficacité (supposée, nous nous répétons).
Il paraît que le pape Léon XIV, lors de son voyage en France en septembre prochain, passera par la Lorraine, l'occasion, dit-on, d'honorer la mémoire de Robert Schuman, l'un des pères fondateurs de ce qui deviendra l'Union européenne. Grand chrétien (l'Église catholique en a fait un vénérable), grand Européen, pour ne pas dire européiste, il rêvait d’une Europe chrétienne. Visiblement, il y a eu tromperie sur la marchandise. En fait, on a accouché d'un monstre désincarné qui a pour langue d’usage une espèce de sabir technocratique descendu de l’anglais à travers les couloirs et ascenseurs de la Commission et du Parlement européens. What a pity!
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60 commentaires
Malgré l’opposition de 75% des Français, l’Europe, soutenue par Macron, continue à travailler à la disparition des Nations et en particulier de la France, aidés par des députés élus pour représenter le peuple et qui laissent faire pour sauvegarder leur petit fauteuil. Les mêmes qui s’étonneront dans un an de ne pas être réélus…
Combien de temps encore allons-nous rester dans ce merdier européen ? Je suis certain que Manu va me répondre ! ! ! !
Je me souviens d’une de mes professeurs d’histoire qui nous avait déclaré: une mauvaise monnaie en chasse toujours une bonne et je met cela en rapport avec le récent article sur les langues mortes. Je persiste à dire que le grec était bien plus riche (peut-être que parfois) que le français (la langue) dont on nous a souvent dit qu’il permettait plus de nuances que l’anglais. La simplification permet de gagner du temps, sur le coup, mais elle ouvre la porte aux interprétations. C’est dans les détails que se cache le diable…Pour apporter de l’eau au moulin de Joel Bernard, il me semble certain que vouloir tout légiférer est nocif!
le mieux est de se tirer de ce panier de crabes!!!!
24 langues c’est vrai que ça fait beaucoup mais le Royaume uni n’est plus dans l’Europe, il n’y a que l’Irlande qui a l’anglais comme langue officielle. Le Français a été la langue diplomatique internationale. Le français doit rester parmi les langues utilisées!
contrairement a la France les anglais ont été courageux et non pas eu peur de quitter l’Europe et aujourd’hui ils s’en sortent plutôt bien mieux que le la France. L’Allemagne est un faux frère elle veut tout et même lorsqu’un projet est donné elle en veut la maîtrise comme le futur avion Européen ? mais depuis des années en Europe qui nous coûte chère en plus de nos industries perdues par une construction déloyale que la France subit encore donc le prochain gouvernement devrait faire un référendum afin de reprendre notre pleine souveraineté totale comme la Grande Bretagne a su dire qu’il était possible de travailler sans l’Europe.
Frexit tout simplement cette union européenne et nocive pour les état et est la copie du fonctionnement de l ex urss
À quoi sert le français au niveau de l’Europe, on le parle de moins en moins en France.
Utiliser une langue que personne ne parle au quotidien en Europe ! Aucun pays n’a l’Anglais comme langue nationale ! Quelque soit votre connaissance d’une langue « étrangère » vous n’êtes pas aussi à l’aise qu’avec votre « langue maternelle ». Sans parler des doutes d’interprétation ! Une aberration et un viol des peuples.
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Je vois, je lis et j’entend bien que le français n’est plus une langue internationale( tiens, international, mot qu’il ne fallait pas dire) Pas convaincu ? Regardez un plan de Tunis, de Beyrouth actuel sur google. Tout est en arabe. Le journaliste questionne des passants en Afrique ou en orient, ça se passe en globish, la police contrôles des camions au péage de Roussillon, on se parle en globish, vous débarquez dans la capitale de l’UE, les premiers panneaux sont en anglais et le bus urbain qui arrive affiche « not in serve »… A propos pour Brussels la 2ème langue n’est pas le néerlandais ni l’arabe, c’est l’anglais. L’aéroport s’appelle Brussels- Airport. !
Pourquoi pas en arabe ?
Les anglais n’étant plus dans l’Europe , Il serait plus eurpéen de le remplacer par un langue slave puisque six pays slaves sont arrivés en plus du letton et du lithuanin qui sont proches des langues slaves. Allemand, français , polonais serait plus juste et équilibré. Quand au temps de traduction chacun sait qu’il ne faut aujourd’hui que le temps d’appuyer sur un bouton.
Le français était déjà « passé à la trappe » depuis longtemps dans les opérations militaires de l’ONU (Liban, ex-Yougoslavie, Cambodge etc…) alors que le français faisait partie des langues officielles de l’ONU.
Deux ans pour traduire un texte à l’époque de l’AI! Deux possibilités, soit il y a trop de textes, soit les traducteurs sont lent. Je pencherais plutôt vers la première solution. Bref, encore une bonne raison de quitter ce cloaque sans délais, ainsi nous réaliserons de belles économies financière et intellectuelles.
Ça démontre une fois de plus si besoin était que L’UE est et restera un leurre.
Il est impossible d’avoir une Europe unis, trop d’intérêts partisans et trop de haut fonctionnaires qui s’acharnent à compliquer le fonctionnement de cette institution et à pourrir la vie de l’européen lambda.
Sans oublier que cette usine à gaz nous coûte un argent fou, argent qui dessert les européens car utilisé pour affaiblir nos souverainetés detruire nos agricultures, nos industries , car incapable de nous protéger et favoriser nos propres développements pour des intérêts douteux.
Il faut sérieusement penser à sortir de ce carcan mortifére, mais malheureusement il est probablement trop tard
« il n’est jamais trop tard pour bien faire » !