[UNE PROF EN FRANCE] Le français est-il encore la langue nationale ?
Connaissez-vous les EILE ? Chaque année, l'Éducation nationale propose aux enfants du CE1 au CM2 de choisir une langue étrangère, en plus des heures d’enseignements obligatoires. Elle appelle cela « Enseignements internationaux en langue étrangère » (EILE). Vos impôts les financent à hauteur d’une heure et demie par semaine. Les EILE sont les héritiers des ELCO (Enseignements de langue et de culture d’origine), mis en place par la directive du 25 juillet 1977 relative à la scolarisation des enfants de travailleurs immigrés. La directive de l’époque était très claire : il s’agissait d’abord d’un dispositif entre États membres de l’Union européenne, puis il a été ouvert aux enfants de migrants extra-européens avec un objectif précis : « faciliter leur réintégration éventuelle dans l’État membre d’origine ».
Lorsque Macron fulminait contre les ELCO
En 2020, notre cher Président, dans un discours impressionnant de fermeté et d’autorité, avait fulminé contre ces ELCO (Mulhouse, 18 février 2020) : fustigeant la « volonté de quitter la République, de ne plus en respecter les règles », Emmanuel Macron avait déclaré vouloir lutter « contre les influences étrangères, en particulier à l'école et dans les lieux de culte ». Selon lui, les ELCO étaient « un vecteur important de séparatisme ». Et d'ajouter : « Je vais être très clair avec vous : le problème que nous avons aujourd'hui avec ce dispositif, c'est que nous avons de plus en plus d'enseignants qui ne parlent pas le français, qui ne le parlent pas du tout, de plus en plus d'enseignants sur lesquels l'Éducation nationale n'a aucun regard. » Effectivement, les enseignants des ELCO venaient directement des pays partenaires et la maîtrise du français n’était pas pour eux une condition préalable.
Alors, on a créé les EILE. C’est très différent. Ce n’est, même, pas du tout la même chose ! Dans les EILE, les enseignants viennent toujours du pays d’origine, qui les met à disposition, mais… ils sont intégrés aux équipes pédagogiques et peuvent être inspectés ! Ça change tout ! Comme la Turquie ou l’Algérie ont très très peur des inspecteurs de l’Éducation nationale, ils ont forcément arrêté d’utiliser cette porte béante pour faire de l’entrisme et de l’influence.
Une absence de chiffres qui interroge
En effet, quelles sont les langues proposées ? Arabe, turc, portugais, italien, espagnol et serbo-croate. Quelles langues sont choisies par les parents ? Et bien… je ne sais pas. J’ai fait quelques recherches, mais étonnamment, le ministère ne publie plus aucun chiffre depuis la transformation des ELCO en EILE. Et les dernières statistiques de l’ELCO étaient celles de 2005 : arabe : 42 % ; italien : 24 % ; portugais : 18 % ; turc : 15 % ; autres : moins de 2 %. Comme l’entrée des Italiens et des Croates n’a pas été massive depuis 2005, on imagine assez facilement quel pôle s’est renforcé.
Cette absence de chiffres interroge, quand on connaît l’obsession du ministère pour les statistiques inutiles.
Après, on peut avoir un indice grâce aux pays partenaires. Le BO (Bulletin officiel) de septembre 2025 mentionne six pays partenaires : Algérie, Maroc, Tunisie, Turquie, Portugal, Italie.
On peut coupler ces données un peu floues avec une autre donnée : un tiers des enfants, en France, parlent une autre langue que le français à la maison. Alors je veux bien croire qu'il y ait quelques expatriés maintenant l’anglais ou le chinois à la maison à leur retour de l'étranger (exemple donné par le ministère), mais je doute qu'ils soient majoritaires... Ce que l’on observe, c'est la persistance du risque de fractionnement communautariste de la société, encouragé finalement par l’Éducation nationale qui devrait plutôt ajouter une heure et demie de français par semaine à tous ces enfants au lieu d’entretenir la langue qu'ils parlent déjà à la maison.
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43 commentaires
J’ai toujours pensé qu’en matière d’immigration, la règle devait être : L’assimilation ou rien (je ne supporte plus d’entendre le mot « intégration »). Il y a bien longtemps que ce n’est plus la règle. Et la situation a tellement dérivé qu’en supposant (soyons fous) que demain, tout de suite, on se mette soudain à enseigner comme il conviendrait d’enseigner pour aboutir à l’assimilation des élèves, cela ne reviendrait de toute façon qu’à ramer à contre-courant : Dans la journée à l’école, un enseignement pour mener les enfants à un vrai bonheur d’être français ; mais dès qu’ils auront remis un orteil à la maison, leurs parents se feront un plaisir de déconstruire consciencieusement tout ce qu’on leur aura dit dans la journée, entre autre en parlant la langue de leurs origines. Ca s’appelle la technique du « +1 -1 = 0 ». La « non-assimilation » concerne les enfants, les parents, voire les grand-parents. Conclusion : Y’a un sacré boulot !
Immigration temporaire de travail, une fois le contrat de travail terminé ; ils repartent
Impossible , nos juges voir l’arrêt Gisti de 1978 du Conseil d’Etat ont décidé que le gentil travailleur étranger qui arrive avec l’immigration , a le droit à une vie de famille , et pour cela il fait venir sa famille en France .
Par l’arrêt GISTI, (1978) considéré comme un « Grand arrêt du droit administratif », le Conseil d’Etat a affirmé le principe général du droit à mener une vie familiale normale dans le cadre du regroupement familial des travailleurs immigrés.
Il a ainsi annulé un décret de 1977 par lequel le gouvernement subordonnait l’entrée des conjoints et enfants de travailleurs immigrés à la promesse que ceux-ci ne tenteraient pas d’y chercher un emploi. Cet arrêt du Conseil d’État, maintenant conforme à la Convention européenne des droits de l’homme, a marqué un revirement de jurisprudence important. Les juges peuvent prendre des décisions plus importantes, que le système politique, pour l’avenir d’un pays..
L’assimilation se fait et se fera , mais pas dans le sens voulu , les autochtones se soumettent et s’assimilent aux nouveaux venus , conquérants .
Il y a 40 ans je me suis trouvé en Espagne pour le travail avec un Français dont les parents étaient des réfugiés Espagnols . Au restaurant je lui ai demandé de faire la commande persuadé qu’il parlait Espagnol et là il m’a avoué que ses parents par respect pour le pays qui les avait accueilli n’avaient jamais parlé en Espagnol aux enfants !!Donc il ne savait pas parler Espagnol !!Etonnant ,mais c’était avant !!
Qui dirige l’Education Nationale pour accepter cette situation suicidaire pour la langue française ? Sommes-nous tous devenus fous ? Déjà l’UE remet en cause les langues nationales pour « simplifier » les décisions des commissions, sous prétexte que les traductions ralentissent ces décisions. Nous sommes dirigés par des fous !!! Il est très important et urgent de sortir de ce bourbier politique.
La solution ? l’espéranto pour tous, comme langue auxiliaire à la langue nationale. C’était la
solution idéale, mais les dirigeants n’en ont pas voulu, de façon à conserver les divisions entre
les peuples et ainsi, faciliter les guerres ! Faut bien penser à l’avenir des militaires, non ?
Je tiens à préciser que comme c’est en Primaire, mon fils avait souhaité en profiter pour commencer l’Espagnol (nos origines à 3 générations). Eh bien, l’école nous avait répondu que ce n’était pas possible… les enfants le souhaitant étaient assez nombreux mais, l’ambassade d’Espagne n’avait, soit-disant rien prévu dans ce sens, puisque ce sont les ambassades qui géraient l’octroi des enseignants de langue et culture d’origine… J’avais vérifié avec l’ambassade et bien sûr c’était inexact.
» puis il a été ouvert aux enfants de migrants extra-européens avec un objectif précis : « faciliter leur réintégration éventuelle dans l’État membre d’origine ». Pardon mais si çà concerne les enfants de migrants extra européens ilc ne font pas partie de l’Europe et donc ne sont pas des états membre ?!!!!!
un tiers des enfants, en France, parlent une autre langue que le français à la maison. .. et on les encourage.
DONC, c’est plié pour le français !
Un tiers … ? ça me semble beaucoup … et même un peu exagéré !
Après ils diront qu ils ne savaient rien du communautarisme et du séparatisme de notre société, qui nous entraîne vers l effondrement .
Excellente conclusion
Encore un bid.
Pourquoi enseigner à ces enfants une langue qu’ils parlent chez eux ? Ce n’est pas le rôle de notre Éducation Nationale
Malheureusement la langue de Molière dispare, puisque même les journalistes parlent 3 mots sur 5 en anglais, quel dommage, nous sommes Français parlons Français, c est au étrangers de s adaptés a notre langue ci belle. LE FRANCAIS
C’est effectivement aux étrangers de s’adapter à notre langue si belle, qui hélas disparaît. (Et l’apostrophe se trouve en-haut à droite du clavier.)
Merci pour ces révélations qui viennent cobfirmer ce que je pense depuis longtemps : les extra européens représentent bien le tiers de la population française actuelle .Et si on recoupe ces chiffres avec celui des prénoms enregistrés dans les maternités, ils seront plus de 50 % dans 18 ans ….
La langue nationale, sauf en quelques endroits bien peu nombreux, n’est plus le Français, c’est certain.
Mail, devons nous le dire ? Certes non !
Nous sommes supposés converser en une sorte de jargon, une sorte de mélange… hélas !
Qui donc s’en préoccupe ? Bien peu de gens !
pardon, mais moi qui suis linguiste, je parle Français en France et non pas un » jargon » et j’utilise mes autres langues en fonction des locuteurs que j’ai en face de moi, mais honnêtement en France le Français prime !
C’est à vous de ne pas laisser s’installer un » jargon » -Quand mes petits enfants qui sont ados, me parle » charabia » je le leur dit et je précise que je ne ferai pas l’effort de deviné parceque » ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » !
« je le leur dit (!) et je précise que je ne ferai pas l’effort de deviné (!) ». Linguiste, mais fâchée avec la grammaire ?
Si on veut aider les élèves étrangers, il faut renforcer les cours de français pour eux et non faire des usines à gaz fumeuses.
Renforcer les cours de français, pas uniquement pour les élèves étrangers, pour les élèves français aussi, ça ne leur ferait pas de mal, en commençant par relever et corriger toutes les erreurs de syntaxe et les libertés lexicales lues et entendues perpétuellement, tout ce barbarisme qui écorche nos oreilles à longueur de temps. Et sans parler des fautes d’orthographe !!! Malheureusement, ce redressement n’est pas fait, la plupart des enseignants, je l’ai remarqué moi-même, étant parmi les utilisateurs de ce français très approximatif…
C’est « TROP » bien,bon ou beau!….. ça aussi ce n’indique pas le sens que l’on veut donner. En voulant en faire un superlatif on en fait une desctruction…Aujourd’hui, 98% des gosses ou des adolescents français utilisent ce « TROP » qui dit le contraire de ce que l’on feut qualifier.
Votre profession est désormais un sacerdoce, Madame.
Lorsque vous avez des « qu’est-ce que » à la place des « ce que », des « problématiques », adjectifs, à la place des « problèmes », substantifs.
Entendus quotidiennement.
Des libertés lexicales, des glissements sémantiques à l’envi, sans omettre les anglicismes et néologismes divers, par trop employés, on constatera que notre langue est bien malmenée.
Le résultat de cette démission orchestrée, depuis des décennies.
La France que j’aime n’existe plus mais ma langue française maternelle est ce qu’il m’en reste.
Ah…, les « qu’est-ce que » à la place des « ce que », que je suis de tout cœur avec vous, Leo C ! Ceci n’est qu’un détail, une goutte d’eau dans l’océan du barbarisme!!!
En effet! Leo. Je ne peux que me joindre à votre article qui est: hélas….ce que je ressens aussi dans le fond de mon âme.
Cela me rappel un film avec ( V. Janot il me semble ) ou l’élève dit mais c’est quesque j’fait, elle rectifie mais c’est ce que je fait et l’élève de répondre mais c’est quesque j’dis.