« Je vais vous couper la tête ! » : un père de famille musulman menace un professeur

Le père d'un élève a menacé de décapiter une institutrice de Haute-Garonne. Il est condamné à six mois de prison ferme.
Capture d'écran X/ Twitter - @ladepeche31
Capture d'écran X/ Twitter - @ladepeche31

« Je vais vous couper la tête ! » Ce sont les menaces de mort qu'a entendues une institutrice du groupe scolaire Clément-Ader, au Fauga, une commune de 2.800 habitants au sud de Toulouse, vendredi 4 septembre, sur le parking de l'école. Abdelkader B., un musulman, père d'un élève de CM2, puni plus tôt dans la journée pour son comportement de « caïd », l'a prise à partie et menacée de mort, avant de poursuivre son intimidation jusque dans l'établissement, devant la directrice. D’après Le Parisien, une autre enseignante l’aurait entendu ajouter « On le traite de caïd. Mais ne soyez pas étonnées si, demain, il vient avec un couteau et s’il vous plante. » « Il l'aurait visiblement menacée de lui couper la tête si elle avait été un homme », a précisé le maire du village, Jean-Marie Puig, à BFM, ajoutant que la commune n'avait « jamais eu de problème » avec cette famille installée là depuis six ans, malgré les cinq condamnations du père de famille.

Jugé en comparution immédiate, l'homme a été condamné, le 10 septembre, à six mois de prison ferme et immédiatement incarcéré. Il a présenté ses excuses à l'audience, expliquant ne pas avoir « mesuré la gravité » de ses propos. Mais la sanction judiciaire n'efface pas l'onde de choc provoquée dans l'établissement : les enseignants avaient fait valoir leur droit de retrait dès le lundi suivant les faits, une cellule psychologique a dû être mise en place et l'institutrice visée, en poste depuis quatorze ans dans cette école, est aujourd'hui en arrêt de travail pour un mois. « On se sent en insécurité. Je ne voudrais pas que mes filles soient témoins de quoi que ce soit. Ce ne sont pas des choses auxquelles je veux qu’elles soient confrontées », confie une maman à RMC.

Les deux enfants du père mis en cause seront transférés dans une autre école, et même dans un autre village, Le Fauga ne comptant qu’une seule école. C’est la première application d'un décret publié le 28 juillet 2026 qui permet de déplacer les élèves dont les parents font peser une menace grave sur un établissement.

« Elle s’est vue finir comme Samuel Paty » : une profession qui craint pour sa sécurité

Comment oublier l'assassinat de Samuel Paty, décapité en 2020 par un terroriste islamiste aux abords de son collège ? Un rapprochement que la seule mention du mot « décapitation » suffit à raviver, bien au-delà de la Haute-Garonne. En toile de fond, une tendance documentée noir sur blanc par le ministère de l'Éducation nationale lui-même : 911 agressions physiques et verbales visant des personnels éducatifs ont été recensées en 2023, soit une hausse de 25 % en un an, occasionnant plus de 29.000 jours d'arrêt de travail. Selon un rapport de l’IFOP, un professeur sur deux a déjà été victime d’agression physique ou verbale au cours de sa carrière de la part d’élèves ou de leurs parents. Plus d’un enseignant du public sur deux déclare s’être déjà censuré par peur d’incidents.

Après l’assassinat de Dominique Bernard, d’Agnès Lassalle, « ce dossier est un des plus graves », selon Me Momasso Momasso, qui défend beaucoup de professeurs. « Quand il prononce ces mots, il sait à qui il s’adresse. Il sait les cicatrices du pays. Il sait qu’elle sera terrorisée. Elle s’est vue finir comme Samuel Paty. Et il ne s’arrête pas là. Il réitère ses propos, se tape le torse, dit qu’il va faire sauter l’école. »

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a réagi sans détour, sur X, dénonçant des faits « d'une extrême gravité » : « Aucun professeur ne doit avoir peur d'exercer son métier. S'en prendre à l'un d'entre eux, c'est s'en prendre à l'institution tout entière. » Des mots forts, mais qui peinent à rassurer une partie de la profession. Du côté syndical, le ton est plus amer : « Depuis deux ou trois ans, il y a eu plusieurs petites alertes à l'école du Fauga », rappelle Matthieu Soler, du SNUipp-FSU 31, pour qui « le travail de prévention n'a pas été fait ».

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Quitterie de Prémesnil
Etudiante en journalisme

Vos commentaires

129 commentaires

  1. Pour de tels propos racistes et suite à la condamnation par le Tribunal, cette famille doit être inscrite sur la liste des OQTF.

    • Cette FAMILLE « DEVRAIT » … ÊTRE Viré sans autre Procés !!! …
      MAIS nous sommes en FRANCE PAYS occupé et SANS AUCUNE réaction de Patriotisme de « ses » dirigeants asservis courbant l’échine …

  2. Avant, un élève qui se plaignait de s’être fait punir par son professeur recevait aussitôt de son père une gifle carabinée. O tempora ! ô mores ! Il est vrai que l’état ne s’était pas encore mêlé de l’éducation des enfants, il ne délivrait que l’instruction.

  3. si etranger , retour de toute la troupe dans le pays d’origine; si « français », déchéance de nationalité et même chemin. Déjà s’il fait réellement 6 mois de taule, ça lui fera le plus grand bien; et ensuite à la porte, on pas besoin de gens comme lui et son mouflet

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