Une Bruxelles islamisée célèbre les 800 ans de sa cathédrale

Ce moment exceptionnel revêt une portée particulière dans un pays aujourd’hui en proie à la montée de l’islamisme.
@ GEERT VANDEN WIJNGAERT / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
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Ce dimanche 11 janvier 2026, la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, véritable joyau gothique de Bruxelles, a célébré son 800e anniversaire, marqué par une messe solennelle. Cette cérémonie, présidée par le cardinal Pietro Parolin en tant que légat pontifical du pape Léon XIV, s’est déroulée en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde, ainsi que de l’archevêque Luc Terlinden et de l’ensemble des évêques belges. Ce moment exceptionnel, rappelant de manière magistrale les liens qui unissent depuis des siècles la Belgique à la chrétienté, revêt une portée toute particulière dans un pays aujourd’hui en proie à la montée de l’islamisme.

Huit siècles d’Histoire

Les origines de ce monument emblématique remontent à 1226, lorsque Henri II, duc de Brabant, décide l’édification d’une nouvelle collégiale gothique sur un site déjà sacré aux yeux des chrétiens depuis le XIe siècle. En effet, une première église consacrée à saint Michel et à sainte Gudule existait dès 1050. Une fois lancée, la construction de l’église s’est étalée sur plusieurs siècles : la nef et le transept ont été réalisés entre le XIVe et le XVe siècle, la façade actuelle à deux tours achevée à la fin du XVe siècle. Il faudra attendre 1962 pour que l’édifice soit élevé au rang de cathédrale, devenant alors le siège de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Elle accueille chaque année près de 1,2 million de visiteurs, venus admirer ce chef-d’œuvre architectural.

Cette cathédrale n’est pas qu’un simple monument d’une grande beauté ; elle est aussi le témoin vivant des grands chapitres de l’Histoire belge. Comme l’a rappelé le légat du pape, « huit siècles d’histoire ont vu cette cathédrale accompagner la vie spirituelle du pays. Une histoire aussi longue ne referme pas les yeux sur le passé, mais les ouvre sur l’avenir. »
En effet, sous ses nefs eurent lieu de nombreux mariages royaux, funérailles solennelles et Te Deum nationaux célébrés tous les 21 juillet. La présence du roi Philippe et de la reine Mathilde à cette célébration actualise ainsi des liens manifestes, historiques et profonds entre la Belgique, sa monarchie et l’Église catholique.

Saint Michel et sainte Gudule

La dédicace à saint Michel et à sainte Gudule souligne également la place centrale, spirituelle et culturelle qu’occupe la cathédrale dans la société belge. Saint Michel, prince de la milice céleste, archange guerrier symbolisant la lutte contre le mal, est le patron de la ville de Bruxelles depuis le Moyen Âge. Son image terrassant le démon orne de nombreux édifices de la capitale.

Gudule, également sainte patronne de Bruxelles, serait née vers l’an 650. Refusant de se marier, elle entre dans les ordres et devient un exemple de piété. On dit même qu’elle se rendait chaque nuit dans la chapelle de son couvent pour prier. Devant traverser un bois sombre en pleine nuit, Gudule s’armait d’une lanterne. Le diable, pour la décourager et lui faire rebrousser chemin, s’amusait à en éteindre la flamme. Gudule, loin de céder, s’agenouillait alors et priait. Face à ses suppliques, Dieu rallumait la lumière, lui permettant de poursuivre son chemin vers la chapelle. Après sa mort, elle devint le symbole d’une foi chrétienne inébranlable qui, malgré les tourments et les épreuves, ne cède jamais.

Ce double patronage illustre ainsi une part essentielle de l’identité bruxelloise et belge, profondément enracinée dans le christianisme, célébrée et perpétuée au fil des siècles.

Une célébration chrétienne dans une Bruxelles islamisée

Cependant, cet anniversaire de l’édifice chrétien s’inscrit dans un contexte de plus en plus délicat pour Bruxelles devenue, selon de nombreux observateurs, un foyer de la montée de l’islam politique et de l’islamisation progressive de la vie publique. Déjà en 2008, Le Figaro titrait « L’islam, première religion à Bruxelles dans vingt ans », prophétisant ainsi l’évolution démographique de la capitale. Une prévision qui ne semble pas démentie par l’actualité, tant la visibilité de l’islam s’est accrue, dans l’espace public bruxellois : multiplication des boutiques vendant des voiles, essor de librairies religieuses, présence croissante de signes confessionnels et de mosquées dans certains quartiers, mais aussi diffusion d’interprétations rigoristes de l’islam, notamment à l'encontre des homosexuels.

Nos confrères du JDD décrivent également Bruxelles comme une capitale en proie à l’islam politique, structurée autour d’associations et de réseaux liés aux Frères musulmans, capables d’influencer les décisions locales. Preuve en est la présence, cet hiver, d’une crèche, selon les mots de Florence Bergeaud-Blacker, « charia-compatible » sur la Grand-Place à Bruxelles. Ce pouvoir désormais manifeste est allé jusqu’à interdire, dans l’une des 19 communes de Bruxelles, par le maire musulman Emir Kir, député fédéral et bourgmestre de Saint-Josse, une conférence organisée en avril 2024 par les droites patriotes européennes, à laquelle devait notamment participer Éric Zemmour. Ce dernier déclarait alors : « La Belgique était jadis un pays libre où on accueillait Victor Hugo en exil. Je vois qu’aujourd’hui, c’est un pays qui est entre la charia et la dictature. C’est un triste destin pour ce beau pays. »

Dans ce climat de tensions et de bouleversements identitaires, le 800e anniversaire de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule apparaît comme un phare dans la nuit, rappelant l’enracinement chrétien historique de la Belgique. Plus qu’une célébration patrimoniale, il résonne comme un acte de mémoire et d’affirmation culturelle.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 17/01/2026 à 13:39.
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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

20 commentaires

  1. j’ai lu dernièrement un article sur une maire Belge Musulman (désolé je n’ai pas les références de l’article) qui disait en substance dans l’une de ses interventions que prochainement en Belgique ce sera la Charia qui remplacera la démocratie actuelle, il y a même Zemmour jamais en retard d’une prédiction qui déjà annonçait une Belgique entièrement islamisée et je rajouterai, démocratiquement.

  2. Je suis effarée par ce que je viens de lire. J’ai la nette impression que les Français tentent de se rasssurer en disant que c’est pire chez leur voisin que chez eux. Faux. Bruxelles n’est pas la Belgique, c’est un espèce de nomansland, ancien siège des ducs de Brabant, elle a été largement (+ de 80%) francisée en devenant la capitale du nouvel état appelé Belgique. Il ya au moins 50 ans, son centre était déjà inhabité. Ensuite, comme un peu partout, une partie de la population a émigré vers la périphérie, abandonnant les rues vides aux étrangers non européens. A Bruxelles comme ailleurs, le parti socialiste a favorisé cette population pour avoir ses voix. Permettez-moi de rappeler que le premier souverain était peut-être chrétien, mais pas catholique. c’est parla suite que la famille royale s’est affichée ultra catholique allant mêm jusqu’à adhérer à l’Opus Déi. Heureusement, les citoyens ont un grand espace de liberté et peuvent s’afficher comme moi laïc et républicain.

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