Les médias tiennent leur scoop : le serait favorable à une loi de cohabitation civile pour les personnes homosexuelles ! Enfin l’Église s’adapte aux évolutions du monde ! Pour Le Monde« le pape François dit oui aux contrats d’union civile pour les couples homosexuels », quand FranceInfo ne boude pas son plaisir : « Le pape pour l’union civile entre homosexuels : une façon pour le pape de mettre fin à une hypocrisie. » Face à cet emballement médiatique, la confusion est semée dans les esprits et ne tardera pas à diviser à nouveau conservateurs et progressistes sur cette question sociétale.

Toute cette presse française bien-pensante et si habituée à critiquer les catholiques quand ils manifestent contre la PMA et la GPA jubile. Elle est si empressée de relayer la bonne nouvelle qu’elle se trahit par amateurisme. Sans vérifier ses sources, elle insinue à longueur d’ondes et de colonnes que le pape aurait une position différente de celle de l’Église, visiblement en marche vers le progrès. Et ce faisant, en bons idiots utiles et sans aucun professionnalisme, les journalistes partagent, reprennent et répètent une fausse information.

Qu’en est-il réellement ? Dans un documentaire diffusé en Italie, le 21 octobre (Francesco, d’Evgeny Afineevsky) les propos du pape ont été repris fragmentés, décontextualisés et réassociés pour lui faire dire ce qu’on avait envie d’entendre. Ainsi, des extraits d’entretiens habilement montés aboutissent à des déclarations fallacieuses telles que, par exemple : « Les personnes homosexuelles ont le droit à une famille, estime le pape argentin. » Le réalisateur partial reprend, en réalité, des morceaux de réponses du pape aux questions posées en 2017 par le sociologue Dominique Wolton ou à une interview que le souverain pontife avait accordée à la journaliste Valentina Alazraki. La réponse exacte du pape est donc celle-ci : « Ignorer un fils ou une fille à tendance homosexuelle est un manque de paternité et de maternité. Tu es mon fils, tu es ma fille, tout comme tu es ; je suis ton père et ta mère, parlons-en. Et si vous, père et mère, ne vous en sortez pas, demandez de l’aide, mais toujours en dialogue. Parce que ce fils et cette fille ont le droit à une famille et ceci est la famille : ne le tenez pas à l’écart de la famille. »

Quant au mariage, n’en déplaise à ceux qui l’attendent au virage, le pape François affirmait : « “Mariage” est un mot historique. Toujours dans l’humanité, et pas seulement dans l’Église, c’est entre un homme et une femme… On ne peut pas le changer. C’est la nature des choses. Elles sont comme ça. Ne plaisantons pas avec la vérité. Il est vrai que l’idéologie du est derrière tout cela. Dans les livres aussi, les enfants apprennent que l’on peut choisir son propre sexe. Pourquoi le sexe, être femme ou homme, serait une décision et non un fait de la nature ? Cela favorise cette erreur. Mais, disons les choses comme elles sont : le mariage est un homme avec une femme. C’est le terme exact. Appelons l’union du même sexe “union civile”. »

L’Église ne change donc pas sa position, qu’il convient de rappeler à toutes fins utiles et pour servir la vérité. Elle nous enseigne que « le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l’approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles. Le bien commun exige que les lois reconnaissent, favorisent et protègent l’union matrimoniale comme base de la famille, cellule primordiale de la société. Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité. L’Église ne peut pas ne pas défendre de telles valeurs pour le bien des hommes et de toute la société. »

22 octobre 2020

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